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La Ville de Matane doit choisir entre trois mesures pour protéger le secteur de Matane-sur-Mer menacé par les attaques répétées du Saint-Laurent.
Les trois scénarios sont l’ensablement, l’enrochement ou la relocalisation préventive.
C’est ce qui a été dévoilé à la quatrième rencontre publique sur les aléas côtiers et leurs impacts sur le secteur de Matane-sur-Mer qui a eu lieu mercredi soir.
La Ville a annoncé qu'elle veut rencontrer personnellement chacun des 181 propriétaires du secteur pour connaître leur avis sur ce projet qui aura un impact majeur sur leur milieu de vie.
La journée consacrée à cette rencontre sera le 10 mars au Riôtel, précise le directeur du service génie et environnement, Jérôme Caron. On veut rencontrer les citoyens très rapidement, de façon individuelle pour connaître leur avis sur les trois solutions qui sont possibles également.
On veut connaître leur appréhension, leurs questions par rapport au sujet. Puis, on veut aussi comprendre, connaître leur niveau de compréhension par rapport au projet.

Près de 125 personnes étaient présentes à la rencontre publique.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Sur les 181 propriétés de Matane-sur-Mer, 70 sont directement touchées par les aléas côtiers.
Le ministère de la Sécurité publique estime même que certaines résidences sont jugées à risque imminent, sans toutefois donner plus de détails.
Il y a des résidences dont la situation est jugée préoccupante. On considère que le niveau de risque est très élevé. On va dire même, on considère que c'est dangereux pour la sécurité des personnes et des biens et qui nécessitent aussi une action immédiate.
Des propriétaires seront ainsi interpellés après les rencontres individuelles du 10 mars. Il y a un certain nombre de personnes qui seront rejoints par notre ministère. Il y aura une allocation de départ ou de déplacement qui leur seront offerts , explique le chef d’équipe aléas côtiers du ministère de la Sécurité publique, Jean-Denis Bouchard.

Le chef d’équipe aléas côtiers et mouvements de sol du ministère de la Sécurité publique, Jean-Denis Bouchard (à gauche) et le directeur du Service génie et environnement pour la Ville de Matane, Jérôme Caron (à droite) font partie de ceux qui ont répondu aux nombreuses questions du public, mercredi soir.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Des questions
À la sortie de la rencontre, plusieurs participants estimaient avoir encore de nombreuses questions sans réponses notamment en ce qui concerne l'impact des travaux sur la valeur des maisons et les indemnisations financière en cas de relocalisation.

Le maître de cérémonie, Hugo Mimee, s'est assuré que la soirée se déroule sans débordement malgré le mécontentement de certains riverains.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le résident Yvon Sirois s'interroge sur les impacts de la démolition de sa maison. Quels coûts peuvent-ils nous donner pour ça ? Est-ce que c'est la reconstruction de la maison qui nous donne en fait de valeur, en fait de montant ou c'est [celle de] l'évaluation?
De son côté, Jeanne-D’arc Simard s'inquiète aussi des montants offerts par la Sécurité civile. Ils nous offrent 385 000 $. Puis ma maison a trois ans, elle me coûte plus que 600 000 $ à l'heure actuelle. [...] S'ils me déménagent, je n'aimerais pas ça.

Le programme d’indemnisation prévoit un maximum de 385 000 $ pour une résidence et un maximum de 485 000 $ pour un commerce. Les montants sont évalués au cas par cas. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Stéphane Guérette est tout aussi préoccupé et estime que les décisions sont lentes à venir. C'est la vue qui donne la valeur à maison et non la maison. Donc, c'est sûr que s'ils font ça, la maison perd de la valeur. Mais moi je suis prêt à la quitter sauf qu'on reste dans le néant puis on sait rien, ça tourne en rond depuis trois ans !
Des rapports seront remis aux élus de Matane pour le mois de mai prochain. C'est la volonté des élus présentement d'avoir un rapport sur la participation publique, mais également sur l'acceptabilité sociale du projet. , précise Jérôme Caron.

Les élus de la Ville de Matane auront bientôt en main des documents pour les aider à faire un choix final.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Si des travaux de protection sont choisis, ils pourraient commencer en 2028-2029, indique M. Caron.
Il souligne cependant que si le scénario de relocalisation préventive est choisi, les travaux pourraient commencer plus rapidement.
Les montants des projets varient entre 38 M$ et 89 M$. selon les mesures de protection.
Pour l'instant, la Ville a reçu 13,5 M$ du gouvernement du Québec.

Stéphanie Dufour a été engagés pour faire le lien entre les riverains de Matane-sur-Mer et la Ville, le temps du projet.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le secteur de Petit-Matane est aussi ciblé par les projets de protection des berges.
Jérôme Caron croit que les premières rencontres publiques pour les propriétaires de Petit-Matane auront lieu d’ici un an ou deux.


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