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C'est un travail inédit : menée par Exequiel Hernandez, professeur à l'Université de Pennsylvanie, une vaste analyse donne pour la première fois un aperçu des conséquences économiques liées aux raids de l'ICE, la police anti-immigration américaine, à l'échelle des quartiers touchés.
Publiée en mai, cette étude, qui couvre la période de janvier 2024 à février 2026, part d'un constat : le durcissement de la politique migratoire de l'Administration Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison-Blanche a des répercussions économiques sonnantes et trébuchantes dans les zones concernées. "Le nouveau régime a produit des retombées économiques négatives significatives et persistantes pour pratiquement tous les habitants et tous les types d'entreprises des zones ciblées", observe Exequiel Hernandez.
Durant le mois d'août, l'ICE a ainsi procédé à 51 000 arrestations sur le territoire américain. Cela représente une hausse de 2 % par rapport à juillet, de 70 % par rapport à février dernier, et un record sous l'ère Trump 2.0.
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Pour évaluer l'impact économique des opérations de l'ICE sur les zones métropolitaines, Exequiel Hernandez a géolocalisé près de 5 400 raids menés dans une série de villes comme Los Angeles, Chicago, ou Minneapolis, recoupés par l'analyse de 900 000 articles de presse avec l'aide de l'intelligence artificielle. Or "les zones métropolitaines ciblées absorbent des milliards de dollars de pertes d'activité économique qui frappent travailleurs, consommateurs et propriétaires d'entreprises, indépendamment de leur statut migratoire ou de leurs opinions politiques", estime-t-il.
Le chercheur a pu comparer les données de 5,4 millions de points d'intérêt, dont la fréquentation a baissé de 2,7 % par semaine et les dépenses de 6,2 %. Par point de vente, cela signifie 53 visiteurs et 181 dollars de moins sur une semaine. Sur une année, cela représente 8,1 milliards de visites en moins et entre 3 et 14 milliards de dollars de dépenses perdues selon la ville concernée.
"Ces effets s'intensifient à proximité des lieux des rafles, ne s'estompent pas avec le temps et sont remarquablement généralisés : les baisses se produisent indépendamment de la composition démographique des quartiers, touchent les lieux de travail et les commerces de proximité dans une multitude de secteurs, et n'entraînent aucun report vers les achats en ligne. L'ampleur des dommages économiques locaux reflète l'ampleur de l'approche répressive", résume-t-il.
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Les opérations de l'ICE pénalisent particulièrement les petits commerces indépendants. Ces derniers affichent une baisse de 4 % de leur fréquentation, qui entraîne une baisse de 11 % de leur chiffre d'affaires. "Les petites entreprises indépendantes disposent d'une capacité limitée pour absorber des chocs durables sur la demande ou l'offre", avance le professeur à l'Université de Pennsylvanie.
Pour les grandes chaînes, l'impact économique des raids s'avère plus limité : – 0,68 % de fréquentation et – 5 % de chiffre d'affaires. Certains secteurs ont plus de mal à encaisser le choc que d'autres. Pour les hôtels, la baisse de fréquentation atteint 9 %, là où les salles de sport affichent une diminution de moins de 4 %.
Enfin, les résultats de l'étude indiquent un plus fort impact sur les zones se trouvant à proximité immédiate d'une opération de l'ICE, avec une baisse de la fréquentation atteignant 2,2 % dans un rayon de 800 mètres.
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