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L’industrie canadienne de la pomme de terre salive déjà à l’idée d’être admise dans un nouveau marché de plus de 130 millions de clients potentiels.
Le Canada et le Mexique viennent de s’entendre sur des dispositions qui permettront l’expédition au Mexique de pommes de terre canadiennes destinées à la consommation ou à la transformation.
Dans un communiqué jeudi, l’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) indique qu'elle s’est mise d’accord avec son pendant mexicain, le Servicio Nacional de Sanidad, Inocuidad y Calidad Agroalimentaria (SENASICA).
Le ministre canadien de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Heath MacDonald, a effectué une mission commerciale au Mexique en octobre dernier.
Dès l'automne
Cette mission s’est avérée fructueuse, selon le gouvernement fédéral, les deux partenaires nord-américains ayant convenu de renforcer leur coopération réglementaire et technique pour faciliter leurs rapports commerciaux.

Député fédéral de Malpèque, à l'Île-du-Prince-Édouard, Heath MacDonald est ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Tony Davis
Le ministre canadien a poursuivi les discussions lors d’une seconde visite, en février.
En entrevue, Heath MacDonald – qui est aussi député de Malpèque, à l’Île-du-Prince-Édouard – a expliqué que les producteurs canadiens demandaient le même accès au Mexique que les Américains, en plus de l’accès aux voies maritimes.
Il espère les premières exportations de patates vers le Mexique dès l'automne.
Le commerce sans les États-Unis
Les récentes visites commerciales s’inscrivent dans le cadre du Plan d’action Canada-Mexique 2025-2028 (nouvelle fenêtre).

Le premier ministre Mark Carney et la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, en conférence de presse le 18 septembre 2025 à Mexico.
Photo : Reuters / Raquel Cunha
Dans l’ombre de frictions commerciales avec les États-Unis et sur fond de révision de l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord, le premier ministre Mark Carney et la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, ont convenu en septembre dernier de renforcer les liens entre leurs deux pays.
Ils ont promis de redoubler d'efforts pour faciliter le commerce entre leurs deux pays, pour promouvoir les investissements et pour créer une chaîne d'approvisionnement résiliente qui servira leurs intérêts.

Le Programme des travailleurs agricoles saisonniers a été établi en 1974 entre le Canada et le Mexique. Sur cette photo, un travailleur mexicain temporaire récolte des canneberges à Saint-Rosaire, au Québec, le 16 octobre 2025.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
En matière d’agriculture, les deux pays sont déjà des partenaires de longue date avec le programme canadien de travailleurs agricoles saisonniers en provenance du Mexique.
Les deux pays comptent aussi travailler étroitement sur plusieurs autres fronts, comme la défense, la cybersécurité et la transition énergétique.
Enthousiasme dans les Maritimes
La valeur des exportations de pommes de terre et de produits à base de pommes de terre a augmenté de 2 % sur 12 mois pour atteindre une valeur de 3,7 milliards de dollars en 2024-2025, selon Ottawa.
La pomme de terre figure au cinquième rang parmi les produits les plus cultivés au Canada après le canola, le blé, le soya et le maïs. L’Île-du-Prince-Édouard et l’Alberta sont les principaux producteurs.

Des patates cultivées à Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Cody MacKay
Ray Keenan, le chef de la direction de Rollo Bay Holdings, une entreprise agricole de l'Île-du-Prince-Édouard spécialisée dans la production de pommes de terre, était de la mission commerciale de l’an dernier au Mexique.
Nous avons un produit à offrir et nous devons étendre nos marchés aux endroits où ces pommes de terre sont le plus en demande, a-t-il mentionné.
Il espère que son entreprise pourra acheminer au Mexique plusieurs conteneurs par mois.
Les patates de l’île sont déjà exportées dans une vingtaine de pays.
En tant que 10e nation la plus peuplée au monde, le Mexique est un marché très alléchant, a indiqué Krista Shaw, directrice des relations avec les actionnaires au Conseil de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard.
Exporter à des endroits sans droits de douane est de la plus haute importance pour nos exportateurs agricoles, a-t-elle déclaré.
L’industrie prévoit l’exportation de pommes de terre de type Russet en majorité.
Il pourrait y avoir des ouvertures pour d’autres types de patates, mais notre but est surtout d’exporter une variété qu’ils ne cultivent pas et qui ne fera pas concurrence aux agriculteurs mexicains, énonce Krista Shaw.

En présence de Mark Carney et de Claudia Sheinbaum, le président des États-Unis, Donald Trump, avait dansé au son de la chanson Y.M.C.A., du groupe disco Village People, lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026 de la FIFA, le 5 décembre 2025, au Kennedy Center, à Washington.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
C’est le meilleur moment pour nous tourner vers le Mexique, a déclaré en entrevue Matt Hemphill, directeur général de Pommes de terre Nouveau-Brunswick.
Les prochaines étapes, note-t-il, consisteront à s’entendre sur le prix et sur les détails logistiques.
L’ACIA travaillera en étroite collaboration avec le secteur de la pomme de terre au cours des prochains mois, à mesure que les prochaines étapes seront mises en œuvre, a précisé jeudi l’agence fédérale.
Ensuite, nous n'aurons plus qu'à espérer que ça dure, a poursuivi Matt Hemphill.
Si on peut continuer à alimenter le marché avec des pommes de terre de qualité en provenance du Nouveau-Brunswick, ça nous aidera à réduire la pression et le fardeau de nos échanges commerciaux avec les États-Unis. Je suis certain que d’autres producteurs de marchandises aimeraient pouvoir dire la même chose, dit-il.
Avec les informations de CBC


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