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Matt Ushakov, un infirmier de Winnipeg, affirme que les politiques canadiennes d’immigration limitent le recrutement dans le secteur de la santé. Cet homme, qui est originaire de la Russie, craint de devoir retourner dans son pays natal, après le refus de sa demande de résidence permanente en raison d’un détail technique.
M. Ushakov explique qu'il a reçu une lettre le mois dernier indiquant que sa demande était refusée, car il n’avait pas énuméré ses fonctions professionnelles, et n'avait donc pas fourni de preuves suffisantes attestant qu'il exerçait le métier d'infirmier.
Une lettre de l'organisme Soins communs, l'autorité sanitaire provinciale, indique toutefois que Matt Ushakov travaille à l’hôpital Saint-Boniface depuis janvier 2024 et qu’il est un employé permanent. Sa fonction d’infirmier autorisé est également indiquée dans la lettre.
Matt Ushakov a fait ses études en soins infirmiers à l’Université du Manitoba. Il craint de devoir retourner en Russie s'il n'obtient pas sa résidence permanente. Il estime que la guerre qui dure entre la Russie et l'Ukraine depuis des années est injuste.
Cela ajoute une certaine angoisse existentielle pour moi, car j'ai déménagé au Canada en quelque sorte pour fuir la Russie, a affirmé M. Ushakiv. Il craint d’être mobilisé par l’armée russe.
Je refuserai de me battre, et j'irai en prison.
Le permis de travail de Matt Ushakov arrive à terme en octobre et il compte soumettre une demande pour un autre permis de travail. Il espère ainsi avoir assez de temps pour soumettre une autre demande de résidence permanente, un processus qui peut durer des mois.
L’automne dernier, environ 18 % des étudiants inscrits au Collège des soins infirmiers de l’Université du Manitoba étaient de l'extérieur.
Selon la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba, Darlene Jackson, la province dépend de cette main-d'œuvre. Elle ajoute que le syndicat a demandé à la province d’examiner la situation.
C'est donc très inquiétant que cela se soit produit, dit-elle. Nous avons désespérément besoin d'infirmiers.
Un refus absurde
Maureen Silcoff est une avocate qui travaille pour Silcoff Shacter, un cabinet d'avocats spécialisé en droit de l'immigration, basé à Toronto.
Elle affirme qu’il est absurde de refuser une demande de résidence permanente pour une raison qu'elle juge superficielle, en faisant référence au cas de Matt Ushakov.
Dans une déclaration, un porte-parole d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a écrit dans une déclaration que la demande a été refusée, car le responsable chargé de l'examen n'était pas convaincu que la personne remplissait les conditions requises en matière d'expérience professionnelle qualifiée pour le type de demande déposée.
Il indique que les agents de ce département examinent chaque demande au cas par cas à la lumière des exigences du programme et des critères énoncés dans la législation.
Avec les informations d’Arturo Chang


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