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Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a déclaré en entrevue avec l'Associated Press que l'ancien président américain Ronald Reagan serait en train de « vomir » face aux politiques commerciales de Donald Trump.
Il vomirait sur lui depuis son portrait s'il savait ce qui se passe, a affirmé M. Ford, rappelant que Trump conserve un portrait de Reagan près de son bureau. M. Ford a ajouté que Reagan, qui a présidé les États-Unis de 1981 à 1989, serait dégoûté par le président Trump.
Le premier ministre Ford a menacé de couper l'approvisionnement en électricité et en minéraux critiques à destination des États-Unis si le conflit commercial entre le Canada et son voisin américain continuait d’escalader.
M. Ford a souligné que toutes les options sont sur la table après que le premier ministre Mark Carney se soit retiré des négociations commerciales tard vendredi soir.
Je vais leur couper les vivres, a déclaré M. Ford au sujet des minéraux critiques. Vous n'obtiendrez pas un seul grain de sable provenant de l'Ontario.
De nouvelles menaces des États-Unis
Ses commentaires surviennent le jour même où Trump s'est engagé à imposer d'autres tarifs douaniers.
Trump a menacé lundi d'imposer des droits de douane de 50 % sur les automobiles, les pièces automobiles et l'acier canadiens à compter de l'année prochaine, alors que la rupture commerciale avec Ottawa continue de s'intensifier.
En réaction à la nouvelle menace tarifaire, Doug Ford s'est insurgé sur les ondes de la station de radio Newstalk 1010.
[Donald Trump] peut aller se faire voir
Il est arrogant, il est prétentieux. Et vous savez, comme le disait Ronald Reagan, si vous faites match nul avec un intimidateur, qu'est-ce qui l'empêche de revenir s'en prendre à vous le lendemain et le surlendemain? Et c'est tout ce qu'est Donald Trump : un intimidateur, s'est-il exclamé.
Pas la première mention de Reagan
Ce n'est pas la première fois que Doug Ford utilise une analogie avec l'ancien président américain, Ronald Reagan. En octobre, le gouvernement ontarien avait lancé une campagne publicitaire aux États-Unis, diffusée notamment lors d’un match de la Série mondiale opposant les Blue Jays de Toronto aux Dodgers de Los Angeles.

Capture d’écran de la publicité ontarienne diffusée aux États-Unis.
Photo : YouTube / Gouvernement de l'Ontario
La publicité utilisait des archives du président républicain Ronald Reagan pour dénoncer les pièges et les méfaits des tarifs douaniers. La publicité a fait dérailler les négociations de l'époque entre les deux pays.
Le premier ministre Mark Carney a suspendu les pourparlers commerciaux vendredi soir, accusant l'administration de Donald Trump d'avoir introduit des mesures inacceptables, notamment des restrictions sur la capacité du Canada à conclure des accords avec d'autres pays et des exigences de dernière minute visant à limiter la protection de la langue et de la culture au Canada.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a dit qu'il y avait « un fossé trop large » entre le Canada et les États-Unis pour arriver à un accord commercial. (Photo archives)
M. Ford a salué la décision de M. Carney de quitter la table des négociations et a appelé les premiers ministres des provinces à faire front commun.
Ottawa prévoit de riposter avec des tarifs équivalents dollars pour dollar après la fête du Travail, en ciblant des secteurs comme l'acier, les produits laitiers, les appareils électroménagers, le matériel agricole et l'électronique.
S'exprimant lors d'un point de presse, la mairesse de Toronto, Olivia Chow, a déploré l’imposition de ces nouveaux tarifs douaniers. Elle a assuré que si la métropole canadienne devait choisir un fournisseur pour un contrat, cette entreprise ne viendrait pas des États-Unis.
Nous ne choisirons pas une option américaine s'il y a un choix.
Les impacts réels demeurent toutefois difficiles à prévoir pour l'instant, prévient-elle, précisant que les fonctionnaires municipaux sont encore à compiler les données. Mme Chow s’attend néanmoins à ce que plusieurs secteurs subissent des contrecoups directs.
Les États-Unis auraient négocié de mauvaise foi
C'est mauvais pour les affaires, mauvais pour les travailleurs, mauvais pour les collectivités à travers toute l'Amérique du Nord, dans les trois pays, déplore Daniel Tisch, président-directeur général de la Chambre de commerce de l'Ontario, au sujet de l'imposition par les États-Unis de nouveaux tarifs douaniers de 50 % sur 28 milliards de dollars d'exportations canadiennes
Selon lui, le gouvernement canadien a négocié de bonne foi, ce qui n'a pas été réciproque, atteste-t-il.
Les négociateurs américains proposaient de réduire les tarifs sur les voitures, à l'exception des véhicules de taille moyenne et des camions lourds, une décision lourde de conséquences, estime Daniel Tisch.

L'usine d'assemblage de Brampton, en Ontario.
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Cela aurait signifié la mort lente non seulement de l'industrie automobile canadienne, mais probablement de toute l'industrie automobile nord-américaine.
M. Tish appelle à la prudence dans les représailles canadiennes face aux nouveaux tarifs imposés par les États-Unis, indiquant que toute riposte doit être chirurgicale et stratégique.
Nous devons nous concentrer sur des mesures de représailles très prudentes et stratégiques, en consultation avec le milieu des affaires, tout en soutenant les entreprises touchées par ces tarifs et en travaillant avec nos alliés au sein de la communauté d'affaires américaine, explique-t-il.
Il propose de cibler des produits pour lesquels il existe une alternative canadienne très claire.
Avec les informations de La Presse canadienne et Associated Press


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