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Les PME québécoises se disent pessimistes à l’aube de 2026

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Le climat d’affaires des PME québécoises s’est assombri en 2025. Alors qu’ils étaient plutôt optimistes à la fin de l’année dernière, les entrepreneurs sont aujourd’hui plus nombreux à craindre une détérioration de leur situation, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Les données annualisées du Baromètre des affaires, publié chaque mois par la FCEI depuis 2009, démontrent ce recul de la confiance. Alors que l’indice annuel s’élevait à 52,6 en 2024, il s’est établi à 47,7 en 2025. Sa moyenne historique est de près de 58. « La montagne russe continue », lance d’ailleurs le vice-président de la FCEI pour le Québec, François Vincent.

Quand l’indice est supérieur à 50, cela signifie les propriétaires de PME qui anticipent une amélioration de la performance de leur entreprise au cours des 12 prochains mois sont plus nombreux que ceux qui s’attendent à une détérioration. À l’inverse, lorsque l’indice passe sous ce seuil, les entrepreneurs pessimistes sont majoritaires.

Outre la pandémie, « si on regarde les 15 dernières années, c’est la deuxième pire année, à égalité » avec 2023, souligne François Vincent.

Les droits de douane, les restrictions touchant les travailleurs étrangers temporaires et l’incertitude économique figurent parmi les facteurs qui ont « poussé la confiance vers le bas », explique-t-il. Il tient toutefois à nuancer : « La confiance baisse au Québec, mais moins que dans plusieurs autres provinces. » À l’échelle canadienne, l’indice de confiance s’élevait à 46 en 2025, légèrement sous celui du Québec.

Demande, main-d’œuvre et fonds

Parmi les préoccupations des PME, la demande insuffisante de la part des consommateurs (qu’elle soit intérieure ou extérieure), la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et le manque de fonds de roulement ont été signalés comme trois aspects inquiétants en termes de ventes. Les entrepreneurs ont aussi indiqué que les charges salariales, les coûts des assurances et les coûts fiscaux et réglementaires sont trois des principales pressions qu’ils subissent.

À l’inverse, les coûts d’emprunt se situent assez bas dans leur liste des préoccupations. « La baisse du taux directeur a vraiment donné un répit aux PME québécoises », note M. Vincent. Le taux directeur est passé de 3 % à 2,25 % au fil de l’année 2025.

Il est par contre important de noter que les niveaux de confiance des PME varient fortement d’un secteur à l’autre.

Ceux de l’information, des arts et du divertissement affichent l’indice le plus élevé en 2025 (56,6), bien au-dessus de la moyenne québécoise. Ils sont suivis par le secteur des finances, des assurances et de l’immobilier (53,6).

À l’inverse, les secteurs des transports et de l’entreposage (40,3) et du commerce de gros (44,9) se retrouvent en queue de peloton. Dans ces milieux, les entreprises font état d’une combinaison de pressions, notamment une demande jugée insuffisante, des coûts d’assurance élevés et des difficultés persistantes de recrutement de main-d’œuvre qualifiée.

Pessimisme sur la Côte-Nord

Si la moyenne québécoise traduit un climat plutôt pessimiste, la situation varie d’une région à l’autre. Dans le Bas-Saint-Laurent, la Capitale-Nationale, Montréal et Lanaudière, les propriétaires de PME affichent un niveau de confiance plus élevé qu’ailleurs au Québec. Dans ces régions, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée demeure par contre une préoccupation importante, tout comme les coûts d’assurance, les charges salariales et les coûts fiscaux et réglementaires.

À l’inverse, la Côte-Nord se démarque par un climat nettement plus difficile ; l’indice de confiance y chute à 40. Toutes les entreprises sondées dans la région ont indiqué la pénurie de main-d’œuvre qualifiée comme une limite à leurs ventes, tout comme les charges salariales, mentionnées unanimement comme l’une des principales pressions sur leurs coûts. La Côte-Nord se distingue également par l’importance accordée aux contraintes liées à la distribution des produits, un enjeu plus marginal ailleurs au Québec.

Et l’année 2026 ?

« L’élément positif, c’est que quand on descend, on monte [ensuite] », lance François Vincent. Sa prévision ? « 2026, ça va être une belle année au Québec ! »

Selon lui, les élections provinciales seront « une occasion pour les partis politiques de mettre les PME au centre de leurs propositions économiques ». « Parce que ce sont les petites entreprises qui assurent la vitalité de l’économie de l’ensemble de régions du Québec », argue-t-il.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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