L’administration Trump a juré sa mort. Elle appelle tous ses alliés à démanteler ce «bras armé d’une bureaucratie mondialiste». A l’interne, dans le même temps, l’institution est empoisonnée depuis deux ans par des accusations de harcèlement à l’encontre de son procureur, Karim Khan, qui est sous le coup d’une procédure disciplinaire pour faute grave. Jamais la Cour pénale internationale (CPI) n’avait été plongée dans une telle crise existentielle, en vingt-cinq ans d’histoire pourtant tourmentée.
Car chacun de ces deux séismes est capable, à lui seul, de toucher au cœur cet emblème de la justice internationale, le seul qui, en théorie, puisse juger les pires crimes commis par des individus, fussent-ils des chefs d’Etat puissants. Etre incapable de réagir de manière inflexible à ces menaces des Etats-Unis, de défendre avec force et détermination, et tout à fait concrètement, ses juges et ses magistrats placés sous sanctions américaines, ce serait démontrer que la CPI reste un pur vœu pieux.


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