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Life 22/06/2026 17:11 Actualisé le 22/06/2026 17:50
Trois parents soulignent au « HuffPost » que la présence des pères est loin d’être accessoire durant les accouchements.

Catherine Delahaye / Getty Images
« J’ai accouché de trois enfants. À chaque fois le père était avec moi à la maternité et heureusement ! » raconte Brune.
Un avis pour le moins polémique. En plein mondial de football, la présentatrice de l’émission L’équipe de choc France Pierron a commenté avec véhémence le choix du joueur belge Jérémy Doku. L’attaquant a en effet annoncé que malgré le tournoi en cours, il envisageait de faire un aller-retour outre Atlantique pour assister à la naissance de son premier enfant. « Aucun papa ne voudrait manquer ça », arguait-il en interview le 14 juin dernier.
Un choix qui « scandalise » la journaliste sportive sur la chaîne L’Équipe. « Quand tu as la chance, parce qu’il faut réaliser que c’est vraiment une chance de participer à une Coupe du monde, c’est un bonheur inouï. Et tu vas quitter tout ça pour aller assister à la naissance de ton enfant qui est un moment dégueulasse, excusez-moi, où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant », s’est-elle agacée en plateau vendredi 19 juin. Des propos qu’elle a depuis tenté de tempérer, plaidant l’avis personnel.
Sa sortie n’a pas tardé à susciter de très vives critiques, sur les réseaux sociaux comme au sein de son média puisque L’Équipe s’est désolidarisée de ce point de vue, le jugeant « très éloigné des valeurs du groupe ». Et alors que les pères passent toujours moins de temps avec les enfants que les mères, affirmer qu’ils ne sont que des « figurants » dispensables lors de la naissance a de quoi interloquer les parents. Trois d’entre eux ont réagi auprès du HuffPost.
Créer du lien avec son bébé dès la naissance
« Il y a une chose qui n’est pas complètement fausse dans cette phrase, c’est qu’en tant que père, sur le moment de l’accouchement, mon impuissance était assez évidente. Tu ne peux pas pousser à la place de ta compagne. Mais imaginer la laisser seule dans ce moment-là, c’est horrible, et ça me paraît complètement lunaire de ne pas être dans la même pièce que la personne qui accouche d’un enfant que tu as fabriqué avec elle.
Et puis il y a l’avant et l’après : avant que l’enfant arrive, on est ensemble, et, même si ce n’est pas toi qui pousses, en tant que père, tu dois être là à la seconde où l’enfant sort. Ma femme a accouché par césarienne et, après la sortie du bébé, elle a dû être recousue. Le pédiatre l’a pris pour quelques soins et pendant ce temps-là, elle était avec les chirurgiens. Moi, je suis resté seul avec notre fils pendant une bonne heure et demie, on a fait du peau à peau. Si je n’avais pas été là, qui serait resté avec lui ? Vu l’état de l’hôpital public, je ne pense pas qu’une sage-femme aurait eu une heure trente à passer à faire des papouilles à mon bébé, il aurait sûrement été tout seul. Et puis, pas tout, mais une partie du lien fort que j’ai avec mon fils est aussi liée à ça, à ces premiers moments ensemble dès sa naissance. »
— Simon, père d’un enfant de deux ans et demi
Un soutien logistique indispensable
« J’ai accouché de trois enfants. À chaque fois le père était avec moi à la maternité et heureusement ! Il a été présent de différentes manières, essentielles à chaque fois. Lors de la poussée et de l’accouchement en lui-même, je suis trop concentrée sur ce que je vis, ce que me dit la sage femme et ce que j’essaie d’accomplir pour me “rendre compte” de sa présence - même si mon conjoint a été là pour deux naissances sur les trois.
C’est pour tout ce qui se passe avant et après que sa présence est plus que nécessaire. Pour m’emmener jusqu’ à la maternité lors des contractions très douloureuses d’abord, c’est beaucoup plus rassurant que ce soit lui qui conduise plutôt que de faire ce trajet si stressant avec un chauffeur de taxi inconnu. Ensuite, il y a toute l’attente à la maternité, tout le temps qu’on passe dans la salle de travail, souvent à galérer avec les contractions, et qu’on préfère évidemment tuer avec notre partenaire de vie, qui sait me faire rire, me faire du bien ou juste ne rien dire et se taire quand il voit que je galère.
Pour mon premier enfant, il a joué un rôle encore plus essentiel lors de l’accouchement puisque j’ai eu mon fils par césarienne. À partir du moment où on sort ton bébé du ventre, on te le montre 1 minute et puis ensuite on l’emmène dans une autre salle bien plus chauffée que le bloc pour vérifier que tout va bien et le confier au père. Et finalement, il est resté en peau à peau sur mon mari pendant deux bonnes heures, car j’ai eu quelques complications. Si le père n’avait pas été là, mon fils serait resté seul dans sa petite couverture le temps que je sois capable de l’accueillir et le chérir.
Quand au reste du séjour à la maternité, on a fait en fonction du numéro du bébé mais à chaque fois, son rôle est logistique et tout aussi essentiel. S’occuper du reste de la fratrie, m’apporter ce dont j’ai envie ou besoin à la maternité (tout ce qui est bon à manger et qu’il n’y a pas à l’hôpital), des médicaments, des choses qui aident à mieux dormir...»
— Brune, mère de trois enfants de presque 7, 3 ans et 1 an et demi
« Si tu n’es pas là, tu es où ? »
« Je trouverais ça curieux de ne pas être là pour l’accouchement et de se dire “ce n’est pas mon problème”. Déjà parce que si tu n’es pas là pour la naissance de ton enfant, ce n’est pas un très bon signe pour la suite. Et puis c’est évident qu’il faut soutenir ta conjointe qui accouche : même avec une équipe médicale super, elle reste une patiente pour eux. Donc ne serait-ce que par la présence, quand ma femme qui souhaitait accoucher sans péridurale avait mal, je voulais être en soutien. Pour nous, l’accouchement a duré 27 heures, donc au bout d’un moment, tu t’ennuies à deux.
Pendant un accouchement, il peut se passer pas mal de choses qui tournent mal. Si il y a des complications, comment tu fais ? Ma mère a accouché trois fois et mon père n’était jamais là. Pendant le premier, elle et l’enfant ont failli mourir, c’était très complexe, et elle était seule. Quand ma femme a accouché et que notre fille est sortie, on a tout de suite vu qu’il y avait un problème. Le cordon a été coupé, puis elle a été emmenée en néo-natalogie. Pendant que les médecins s’occupaient d’elle, je lui tenais la main. Ils me disaient de lui parler, que c’était important qu’elle entende ma voix parce qu’elle la connaissait. Ensuite, on me l’a mise dans les bras. Si les choses avaient mal tourné, si j’avais été en train de faire autre chose et qu’on était venu m’annoncer une mauvaise nouvelle, qu’est-ce que j’aurais fait ? Si tu n’es pas là, tu es où ?
— Louis, 36 ans père d’une enfant de 6 ans et demi et bientôt d’un deuxième enfant


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