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L’administration Marchand a annoncé lundi dernier avoir gelé pendant 150 jours la délivrance des permis destinés à l’hébergement touristique de courte durée dans des secteurs commerciaux pour freiner la conversion d’immeubles en logements locatifs de type Airbnb.
La suspension prendra effet pour une durée de 150 jours. Elle vise une dizaine de secteurs au total, incluant le Vieux-Port, le Petit Champlain et la place d’Youville. La Ville explique ainsi se laisser le temps de « dresser un portrait plus précis de la situation » pour modifier au besoin le zonage du quartier.

Le gel de l'hébergement touristique commercial se concentre dans une quinzaine de secteurs du Vieux-Québec et des ses alentours.
Photo : Elliot Perron
Cet usage commercial de type C10 reste autorisé dans certaines zones des quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste. L’équipe du maire dit ainsi vouloir orienter le développement de l’offre touristique vers les secteurs les plus appropriés.
Favoriser le retour de 500 résidents
En limitant l'octroi de ces permis, la Ville se donne pour objectif de repeupler le quartier historique. Elle croit ainsi pouvoir favoriser le retour de 500 résidents de façon permanente.
Pour le président du Comité des citoyens du Vieux-Québec, Michel Masse, la nouvelle est encourageante. Selon lui, des résidents se sont d'ailleurs installés dans le quartier ces dernières années, depuis le resserrement municipal et provincial des règles encadrant l'hébergement touristique locatif, notamment au niveau résidentiel.
Les touristes veulent avoir le contact avec le résident dans le quartier. Il faut que le Vieux-Québec demeure habité, parce que ça fait partie de l’expérience touristique.
L'équipe municipale dit également vouloir renforcer les inspections de ces immeubles locatifs en s’appuyant sur une subvention fédérale de plus de 2,1 millions de dollars récemment accordée.
Les hôteliers aussi touchés
L'industrie hôtelière est aussi touchée par ce gel, alors qu'elle est soumise au même permis pour l'usage commercial. Parmi la quarantaine d’hôteliers au centre-ville, deux d’entre eux avaient des projets d’agrandissement, selon l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ).
Mon travail, ça va être de m’assurer que ça peut aller de l’avant. Pour l’instant, le son de cloche que je reçois, c'est que ça va être le cas, assure le directeur général de l'AHRQ. M. Clarke salue néanmoins la volonté de la Ville de rééquilibrer le marché touristique locatif. Il dénonçait jusqu'à récemment un manque d'équité fiscale, alors que des immeubles reconvertis échappaient aux taxes commerciales que paient les hôteliers traditionnels.
On n'a pas peur d'avoir de la compétition, ni d'avoir de nouveaux joueurs dans l'industrie. Qu’on ait peur ou pas, ils sont là. Mais nous, on voulait que ce soit équitable.
De son côté, le milieu immobilier comprend moins la décision administrative, alors que l'offre dans le secteur est déjà presque inexistante, selon certains.
Il y a toujours des investisseurs qui nous contacte et qui aimeraient investir pour faire de la location court terme. Mais c’est très régularisé, explique Bryan Péladeau-Lefebvre, qui est propriétaire d’une agence en ville.
Même son de cloche, du côté de Martin Dostie. Il y a juste un message que le maire Marchand veut passer je pense : c’est simplement que les investisseurs ne sont peut-être pas les bienvenus dans la ville de Québec actuellement, croit le courtier immobilier de Sotheby's.
À l'issue de cette période de gel de 150 jours, la Ville organisera une consultation publique pour présenter des modifications réglementaires.


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