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La ministre des Affaires L'nu de la Nouvelle-Écosse ne voit rien d’anormal à l’absence de voix autochtones au comité qui débat de l’exploitation des ressources naturelles de la province.
Tirant profit de leur majorité, les députés progressistes-conservateurs du comité de l’Assemblée législative sur les ressources naturelles et le développement économique ont voté pour défaire une motion de l’opposition, demandant que l’on ajoute un représentant de l’Assemblée des chefs mi’kmaw de la Nouvelle-Écosse à la liste des intervenants d’une rencontre à venir.
Cette session doit traiter du soutien au développement responsable des ressources et de communautés durables prêtes pour l’avenir.
Des représentants du ministère provincial des Ressources naturelles, de celui de l’Environnement, de l’Association minière de la Nouvelle-Écosse, de la Fédération des municipalités de la Nouvelle-Écosse, et de l’organisme à but non lucratif Clean Foundation.
Mercredi, la députée néo-démocrate Susan Leblanc, membre du comité en question, a déposé la motion pour ajouter un représentant des chefs mi’kmaw. L’idée a reçu le soutien de sa collègue néo-démocrate Krista Gallagher et des libéraux Iain Rankin et Derek Mombourquette.
Les progressistes-conservateurs ont voté en bloc pour s'y opposer : Tom Taggart, qui préside le comité, et les députés Kyle MacQuarrie, Danny MacGillivray, David Bowlby et Julie Vanexan.
Le premier ministre Tim Houston — qui n’est pas membre de ce comité — a déclaré mercredi que l’opposition aurait dû faire cette proposition plus tôt, et a accusé les deux autres partis de délibérément faire mal paraître les élus du gouvernement.

Entouré du premier ministre manitobain Wab Kinew (à gauche) et du premier ministre ontarien Doug Ford (à droite), le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston (au centre), prend la parole lors du Conseil de la fédération, le 22 juillet 2026, à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard.
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese
Jeudi, la ministre des Affaires L’nu de la Nouvelle-Écosse, Leah Martin, a rejeté les critiques des chefs mi’kmaw, qui disent trouver affligeant que des députés du gouvernement votent pour les exclure.
Nous sommes les cogestionnaires des terres, des eaux et des ressources de Mi’kma’ki [le territoire ancestral non cédé des Mi’kmaq, NDLR] et nous devons participer aux discussions sur l’utilisation et le développement de nos ressources naturelles, a affirmé Wilbert Marshall, le chef de Potlotek, dans une déclaration au nom de l’Assemblée des chefs mi’kmaw.
Or, selon la ministre Leah Martin, de laisser quelqu’un parler signifierait en fait le contraire.
Essayer d’inclure les perspectives des Mi’kmaq lorsqu’il y a une liste de 20 personnes à entendre en deux heures, à mon avis, c’est en réalité leur donner moins de place, a-t-elle dit aux médias après une rencontre du Conseil des ministres, jeudi.
Il existe d'autres canaux, selon la ministre
Les Mi’kmaq ont déjà de multiples façons de se faire entendre, affirme-t-elle. Les chefs savent qu’ils peuvent me joindre à toute heure de la journée, dit la ministre, qui soutient exercer une politique de porte ouverte.
Les chefs des Premières Nations de la province ont dans le passé déploré ce qu’ils perçoivent justement comme des consultations et des communications insuffisantes entre eux et le gouvernement sur les questions de développement économique et de l’utilisation des ressources naturelles.
Ils sont d’ailleurs impliqués dans un bras de fer avec la province sur la question de la vente de cannabis. Ils ont aussi dénoncé la Loi pour protéger les Néo-Écossais, par laquelle le gouvernement progressiste-conservateur restreint le droit de manifester sur les terres de la Couronne.

Claudia Chender est cheffe du Nouveau Parti démocratique de la Nouvelle-Écosse et cheffe de l'opposition officielle. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mark Crosby
Les comités de l’Assemblée législative sont une occasion pour le public et les élus d’entendre directement ce que les parties concernées ont à dire sur les plans du gouvernement, a souligné la cheffe de l’opposition officielle à Halifax, Claudia Chender.
Il n’y a aucune excuse pour ne pas inviter quelqu’un de l’Assemblée [des chefs mi’kmaw], a-t-elle déclaré, jeudi. C’est ce à quoi servent ces comités.

Iain Rankin est chef intérimaire du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Du côté des libéraux, Iain Rankin avance que le gouvernement n’a peut-être pas aimé ce que les Mi’kmaq avaient à dire lorsqu’ils ont été invités à prendre la parole devant d’autres comités.
Ça démontre qu’ils [les membres du gouvernement] ne veulent pas que le public soit témoin d’un dialogue qui inclut tous les détenteurs de droits, et toutes les personnes qui ont un intérêt dans le progrès de la province, affirme le chef libéral intérimaire.
D’après le reportage de Michael Gorman, de CBC


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