NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
ENTRETIEN EXCLUSIF - La présentatrice météo de M6, qui est aussi ostéopathe dans la vie, a perdu un bébé qu’elle attendait avec l’animateur Éric Antoine. Elle a décidé de s’exprimer pour dénoncer certains manquements.
Elle a eu le déclic de briser le silence à l’occasion de la journée mondiale sur le deuil périnatal. Dans deux stories Instagram, jeudi dernier, Gennifer Demey, présentatrice météo sur M6 et ostéopathe, lance un cri d’alarme sur cette souffrance après la perte d’un bébé survenue pendant la grossesse ou lors de l’accouchement. Jamais cette ancienne Miss Aquitaine (révélée dans la promotion d’Iris Mittenaere), qui a récemment épousé l’animateur Éric Antoine, ne s’était exprimée à ce sujet. Nous l’avons contactée et elle a accepté de se lever le voile sur le combat qu’elle mène à la suite de cette expérience qui a suscité sa colère, notamment concernant l’accompagnement. Rencontre.
LE FIGARO. - Il y a quelques jours, nous avons découvert sur votre compte Instagram un cri d’alerte sur le deuil périnatal. L’avez-vous vécu?
Gennifer DEMEY. - Oui, je l’ai vécu. C’est peut-être pour ça que je me sens légitime d’en parler aujourd’hui. Les chiffres sont terribles car ils montrent à quel point c’est un évènement fréquent. Une grossesse sur quatre s’arrête. Pourtant on n’en entend pas plus parler et je trouve ce silence alarmant.
Que s’est-il passé ? Comment avez-vous vécu ce moment ?
Nous ressentons un choc suivi d’une tristesse énorme, il y a de la sidération et de la colère également. Parce que nous sommes nombreuses à ne pas avoir été informées et préparées à cette issue. Et n’est pas normal quand on voit à quel point c’est fréquent. De plus, l’accompagnement n’est pas toujours à la hauteur de ce qui est vécu. Certaines femmes ont la chance de bénéficier de conseils, mais beaucoup déplorent le fait que lors d’un RDV médical avec leur médecin généraliste, leur sage-femme ou leur gynécologue, pour notamment évoquer leur envie de concevoir, cette information soit passée sous silence.
Vous préférez le terme d’arrêt de grossesse plutôt que fausse couche…Oui parce que derrière le terme de « fausse » couche, il y a cette idée que cette grossesse et ce bébé ne sont pas réels. Alors que dès l’instant où les deux barres s’affichent sur le test de grossesse, on bascule dans le concret. Avec même certains symptômes de grossesse qui peuvent arriver très vite : tension mammaire, ventre ballonné, l’odorat qui change, la fatigue écrasante, des vertiges. Heureusement, il y a maintenant beaucoup de professionnels qui commencent à dire «arrêt de grossesse». Ce qui a mon sens permet aux futurs parents de légitimer ce qu’ils ressentent.
On ressent presque un peu de honte de ne pas avoir « assuré »
Gennifer DemeyAvez-vous ressenti de la culpabilité ?
Oui, et presque un peu de honte de ne pas avoir « assuré ». On se dit : «Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Mangé quelque chose d’interdit ? Peut-être n’ai-je pas pris les bons compléments alimentaires ? Est-ce qu’il y a un problème d’incompatibilité avec mon compagnon ? Est-ce mon corps qui ne fonctionne pas ? Pourquoi ?»
Vous êtes ostéopathe de formation, vous n’aviez pas été informée pendant vos études ?
Non, parce que dans ma formation, on ne m’a enseigné que des termes comme fausse couche précoce avant 15 semaines ou fausse couche tardive sans s’attarder dessus. Aucune formation post-graduée concernant ces évènements douloureux ne nous a été présentée. Je suis également très en colère contre moi-même de ne pas avoir eu l’idée de me former. Quelle thérapeute ai-je été pour les femmes que j’ai reçues à mon cabinet et qui ont traversé cette épreuve ? Je n’ai certainement pas dû avoir l’attitude, ni les mots. D’autant que j’ai reçu des patientes en deuil périnatal dont une qui m’avait profondément bouleversée. Elle a dû mettre au monde son bébé décédé in utero. Avec le recul, je me sens mal vis-à-vis des maladresses que j’ai pu commettre…
Que préconisez-vous pour l’accompagnement des femmes qui ont perdu un bébé ?
Qu’il y ait un thérapeute ou un psy qui soit présent au moment de l’annonce pour avoir les mots et l’attitude adéquats. Certains médecins ont tendance à minimiser avec des phrases très dures à entendre : « Ce n’est pas grave, Madame, c’est la nature, vous savez. C’est même mieux maintenant, là, ce n’était pas viable à ce stade-là. Et puis ça va, ce ne sont que des cellules». Mais nous sommes à ce moment-là dans l’incapacité d’entendre ces propos, sonnés et dévastés par la terrible annonce.
Il existe à l’hôpital Foch à Paris, le parcours «Care» qui représente un grand pas dans la prise en charge des arrêts de grossesse mais je le trouve encore insuffisant. Je préconiserais aussi la présence d’une sage-femme à la maison en cas de besoin. Malheureusement, il faut parfois expulser l’embryon à l’aide de médicaments. Les contractions sont d’une violence extrême et on peut se retrouver, aux toilettes, à se vomir dessus, et plus encore. Avoir quelqu’un à ses côtés dans ces moments-là serait précieux. Rien que pour rassurer et même expliquer ce qu’il se passe dans le corps.
Un ostéopathe comme vous peut-il aider dans ce suivi ?
Oui, à cause des douleurs potentielles, le corps est contracté, en tension pendant des heures voire des jours. Je pense que d’apporter par des soins ostéopathiques de la douceur et même du respect auprès d’un corps qui a souffert et qui a été malmené serait un plus.
Allez-vous vous engager dans des actions concrètes avec des associations ?
Il y a l’association Agapa entre autres qui est sur le terrain et je communique avec un groupe de mamans ayant fait un arrêt de grossesse sur WhatsApp. L’une d’entre elles a l’idée géniale de créer un livret à destination des gynécologues et de leurs patientes pour expliquer en quoi consiste concrètement l’arrêt de grossesse et comment elles peuvent être accompagnées. Elle parlera des différentes problématiques entraînant des arrêts de grossesse (interruption médicale de grossesse, grossesse extra-utérine etc.). C’est un travail formidable auquel j’ai vraiment envie de participer.
Éric est un mari exceptionnel qui me soutient dans tout ce que j’entreprends
Gennifer Demey sur son époux Éric AntoineComment ne pas effrayer les mamans et futures mamans ?
Oui, car c’est tout le contraire de notre projet. Nous voulons leur donner accès à des outils et des informations pour qu’elles puissent avoir un support, une aide, une main tendue si ce drame leur arrive. Nous sommes persuadées que de savoir, c’est reprendre le pouvoir sur son corps. J’ai bon espoir que les choses évoluent par ces prises de paroles. Récemment, une campagne de sensibilisation du post-partum a été diffusée sur nos antennes. J’ai très envie que la prochaine concerne ces arrêts de grossesse.
Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Je me sens apaisée de parler de tout ça, de mettre la lumière sur le deuil périnatal, sur ce que les femmes vivent. Par mon métier d’ostéo, j’ai toujours été préoccupée par la santé et celle des femmes pour qui les questions de fertilité et de maternité sont une charge importante à porter. J’ai envie de leur dire : « Vous n’êtes plus seules, on entend vos voix et on les porte ».
Quel rôle joue votre mari Éric Antoine dans ce combat ?
Éric est un mari exceptionnel. Il me soutient dans tout ce que j’entreprends, m’accompagne et croit en moi. Je sais qu’il donnera la lumière dont j’ai besoin sur mes combats. C’est quelqu’un qui a la parole libérée, qui est d’une écoute exemplaire, qui communique merveilleusement bien. C’est un peu l’homme 3.0. Je crois qu’il vient du futur. [rires]


11 hour_ago
51


























.jpg)






French (CA)