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Les Manitobains se voient refuser l’aide médicale à mourir cinq fois plus que la moyenne

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

En 2024, le taux de refus de l’aide médicale à mourir au Manitoba était de 32 %. C'est cinq fois plus élevé que la moyenne nationale, qui est de 6 %.

Ces chiffres proviennent du rapport annuel du gouvernement fédéral sur l’aide médicale à mourir publié en novembre dernier. La moyenne ne comprend pas les territoires, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, car les petits nombres de demandes dans ces localités pourraient permettre l'identification de patients.

Les évaluateurs de l’aide médicale à mourir au Manitoba ont refusé 175 demandes sur 548 en 2024.

C’est pratiquement le même nombre de demandes qui ont été refusées en Ontario, dont la population est dix fois plus importante que celle du Manitoba. Dans cette province, 178 demandes sur 6000 ont été refusées.

Marion Penner fait partie des Manitobains dont la demande a été refusée.

Tu passes tes jours assis dans un lit à ne rien faire, à te demander : pourquoi est-ce que je suis encore ici?, dit la nonagénaire, entourée de photos de famille, dans son lit d’hôpital.

Elle a fêté son 94e anniversaire, clouée au lit dans le Centre de santé régional de Bethesda, à Steinbach, après une fracture du bassin consécutive à une chute en décembre dernier. Elle souffre aussi de maladies chroniques du cœur et des reins.

Quel est le but d’exister quand on vit seulement à l'aide d’antidouleurs?

Elle a donc fait une demande d’aide médicale à mourir.

Dans une lettre adressée à Soins communs, le Dr Monty Singh indique qu’il croit que les maladies de Marion Penner sont incurables et graves, deux facteurs nécessaires pour accéder à l’aide médicale à mourir.

Cependant, la nonagénaire a rapidement été informée par des médecins de l’hôpital et une infirmière de Soins communs qu’elle n’était pas admissible parce qu’elle était en trop bonne santé.

Sa fille, Valerie Penner, a quitté le Minnesota, où elle habite, pour se rendre aux côtés de sa mère en décembre dernier. Elle affirme que le processus a été frustrant.

Elle ne veut pas non plus que sa mère soit envoyée aux soins palliatifs dans une autre localité que celle où elle a habité jusqu'ici.

Maintenant qu’elle reçoit des soins palliatifs – elle va mourir prochainement –, on sent que le système veut seulement l'entreposer jusqu’à sa mort pour qu’il n’y ait pas d’effet sur les chiffres de l’aide médicale à mourir, affirme Valerie Penner.

L’inexplicable exception manitobaine

Dans un courriel, un porte-parole d'Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, affirme que les chiffres de 2024 pourraient être une anomalie statistique.

Dans de plus petites provinces, comme le Manitoba, même une petite variation ponctuelle du nombre de demandes refusées peut apparaître plus grande lorsqu’elle est exprimée avec un pourcentage, indique le porte-parole.

Cependant, 2024 n’était pas une exception. Selon des chiffres de Soins communs, le taux de refus est descendu à 26 % en 2025, ce qui reste quatre fois plus élevé que la moyenne nationale. Le Manitoba est aussi la seule province à avoir fourni l’aide médicale à mourir à moins de personnes en 2025 (soit 186 personnes) qu’en 2021 (soit 245 personnes ).

Le reste du pays a vu augmenter le nombre de demandes et de demandes approuvées depuis 2021, lorsque les personnes souffrant de maladies chroniques sont devenues admissibles à l’aide médicale à mourir.

Les demandes de personnes souffrant de maladies chroniques sont soumises à un régime d’approbation différent. Les deux praticiens qui évaluent ces demandes doivent, soit être experts dans la maladie chronique en question, soit consulter un expert.

La loi exige un minimum de 90 jours pour autoriser le type de travail qui doit être effectué, explique Stefanie Green, médecin à l’Association canadienne des évaluateurs et prestataires de l’aide médicale à mourir.

Avec les informations de Christopher Gareau

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