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L’aciérie Stelco de Hamilton déclare qu’elle va mettre à pied des centaines de travailleurs, malgré les menaces de poursuites du gouvernement fédéral. La compagnie justifie ces licenciements par les tarifs douaniers imposés par Donald Trump.
Stelco est une filiale de Cleveland-Cliffs, une compagnie de l’Ohio. Le Canada avait autorisé l’entreprise américaine à acquérir Stelco en 2024. Selon le fédéral, l’accord prévoyait le maintien des emplois syndiqués et de la plupart des emplois non syndiqués qu’il y avait au moment de l’achat.
Dans une lettre adressée vendredi à la ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, que CBC a obtenue, la compagnie rejette les affirmations selon lesquelles elle violerait des engagements en matière d’emploi, pris en vertu de la Loi sur l’investissement au Canada (LIC).
Paul Simon, président et directeur juridique de Stelco, y soutient que ces engagements ne prévoient pas l’obligation d’éviter des licenciements, pas plus qu’ils n’imposent que les effectifs demeurent supérieurs à un certain seuil chaque jour pendant les cinq années couvertes par les engagements.
La compagnie répond ainsi à l’ultimatum lancé la semaine dernière par la ministre Joly, qui lui demande de présenter un plan pour sauver les 500 emplois potentiellement menacés à l’usine de Hamilton, sans quoi des poursuites judiciaires seront lancées.
Le bureau de la ministre Joly a affirmé samedi que les avocats examinaient la lettre de Stelco, mais que toutes les options demeurent sur la table. Le gouvernement du Canada s'attend à ce que Stelco respecte ses engagements juridiquement contraignants envers ses employés, a écrit la ministre sur X.
Ces engagements ont été conclus en vertu de la Loi sur Investissement Canada et ne cessent pas de s’appliquer en raison d’un changement de stratégie d'affaires ou de la conjoncture de marché.
Le président de la section locale 1005 des Métallos, Ron Wells, a déclaré qu’il n’était pas surpris par la réponse alambiquée de Stelco.
Le plus gros problème, c’est que le syndicat qui représente les salariés touchés n’a pas été mis au courant de l’accord au départ, a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.
Nous sommes le groupe le plus à risques, mais nous n’avons pas été consultés et n’avons pas eu non plus la possibilité de revoir les engagements pris.
Dans la lettre adressée à Mme Joly, l’entreprise souligne que la situation de Stelco est la conséquence de facteurs qu'elle ne contrôle pas, notamment les droits de douane de 50 % imposés par le président Trump et la guerre commerciale avec les États-Unis.
Ottawa a déclaré que Stelco avait refusé des offres d’aide financière avant d’annoncer l'arrêt de la production à son usine de Hamilton.
Les offres d’aide financière du gouvernement ne répondaient pas aux problèmes et ne s’attaquaient pas à la cause profonde de la décision de Stelco de cesser indéfiniment la production des lignes de finition à l’usine de Hamilton, rétorque M. Simon.
Avec les informations de Racy Rafique, de CBC


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