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À l'heure de la transition énergétique, alors que l'électricité est appelée à occuper une place grandissante dans notre quotidien et notre économie, l'Université de Calgary souhaite créer des ponts entre les différentes disciplines scientifiques qui étudient ses enjeux économiques, technologiques et environnementaux.
C'est dans cette optique que l'Université a lancé un Centre de l'électricité ce mois-ci, explique l'une de ses directrices, Sara Hastings-Simon, professeure agrégée au Département des sciences de la Terre, de l’énergie et de l’environnement.
Ce que le Centre va véritablement faire, c'est réunir des chercheurs de différentes disciplines. Des ingénieurs qui travailleront avec des juristes et des spécialistes des sciences sociales pour répondre aux questions qui préoccupent l'industrie, explique-t-elle.
L'objectif est de mieux comprendre comment développer notre système électrique tout en garantissant un approvisionnement fiable et abordable.
Lors d'un événement tenu vendredi à l'heure du dîner, l'odeur de pizza flottait dans la salle de conférence où Greg Welch, professeur au Département de chimie de l'Université, a présenté devant des scientifiques d'autres domaines ses recherches consacrées à l'électronique imprimée, notamment les cellules solaires organiques.
Cette technologie permet de fabriquer des cellules photovoltaïques en imprimant des matériaux capables de convertir la lumière en électricité.
Pour Omid Khajehdehi, physicien et chercheur postdoctoral au Département des sciences de l'énergie de l'Université, ces échanges sont essentiels pour éviter que les scientifiques travaillent en vase clos.
À l'ère de l'intelligence artificielle, si nous nous contentons de parler à nos agents conversationnels plutôt que d'échanger entre nous, nous risquons de nous concentrer sur un domaine très restreint de nos recherches. Nous oublions alors que nous vivons dans un monde extrêmement complexe et que nous avons besoin de perspectives différentes, notamment de celles de professionnels expérimentés dans leurs domaines, défend-il.
Ces échanges entre disciplines peuvent également nourrir des recherches qui, à première vue, semblent éloignées les unes des autres.
Ainsi, Joseph Akpan, doctorant en ingénierie des systèmes durables à l'Université de Calgary était aussi curieux d'en savoir davantage sur les recherches du professeur Welch, puisque ses propres recherches portent principalement sur l'équité dans l'accès aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques.

Les recherches de Joseph Akpan, doctorant en ingénierie des systèmes durables, porte notamment sur l'accès aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques.
Photo : Radio-Canada / Nassima Way
Pour moi, il s'agit de comprendre quelle quantité d'électricité une technologie solaire peut produire, quelles sont ses limites et à partir de quel moment elle cesse d'être utile au cours de son cycle de vie. Cela me permet de mieux déterminer quelle combinaison de technologies serait la plus appropriée, notamment pour le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques, soutient-il.
Les retombées de ces échanges ne se limitent pas aux aspects technologiques. Leonard Olien, étudiant aux cycles supérieurs en mathématiques à la même université et consultant spécialisé dans les marchés de l'électricité, raconte que la présentation sur les cellules solaires lui a inspiré des réflexions sur les enjeux réglementaires.
Je réfléchis aux politiques ou aux incitatifs économiques qu'il faudrait mettre en place pour que ce type de technologie puisse être utilisé, ainsi qu'aux discussions à avoir avec les décideurs et les organismes de réglementation pour y parvenir, confie-t-il.
Au-delà de la collaboration entre scientifiques, le Centre souhaite également sensibiliser le grand public aux enjeux de la transition énergétique et aux nouveaux usages de l'électricité, souligne son autre directeur, Blake Shaffer, professeur agrégé d'économie à l'Université de Calgary.
Pour la plupart d'entre nous, notre rapport à l'électricité se résume à la facture que nous recevons à la fin du mois. Je pense donc qu'il est important de mieux expliquer comment nous abordons les changements en cours, tant à l'échelle du pays que de la province, et ce que nous pouvons faire pour rendre nos factures d'électricité plus abordables, dit-il.
Un atelier prévu le samedi 17 octobre (nouvelle fenêtre) (en anglais) portera notamment sur les répercussions de l'intelligence artificielle et de la multiplication des centres de données sur le réseau électrique de l'Alberta, en particulier sur sa fiabilité et sur les coûts pour les consommateurs.
Avec des informations de Dave Gilson


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