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La libérale Julie White a pris sa revanche dans Jean-Talon, lundi, montrant la porte au député péquiste sortant, Pascal Paradis. Seule élue de son camp dans la Capitale-Nationale, elle incarne néanmoins le retour de son parti dans le 418 après avoir été rayé de la carte électorale de la région en 2022.
Malgré les défaites d'une majorité de candidates et de candidats dans la grande région de Québec, l'ambiance était à la fête au rassemblement libéral de la Capitale-Nationale.
À elle seule, Julie White a soulevé les militants en mettant la main sur Jean-Talon, devançant Pascal Paradis par 907 voix et récoltant 31,8 % des suffrages exercés.
Accueillie sous un tonnerre de cris et d'applaudissements, signant même une pancarte électorale au passage, Julie White s'est engagée à défendre les valeurs libérales et à défendre les intérêts de la région de Québec à l'Assemblée nationale.
Un château fort reconquis
Mme White en était à sa deuxième tentative de reprendre cette circonscription traditionnellement libérale, après avoir été défaite par Pascal Paradis à l'élection partielle tenue en 2023. Elle avait alors terminé quatrième (13 %) derrière le Parti québécois, Québec solidaire et la Coalition avenir Québec.
Selon la principale intéressée, une campagne menée d'arrache-pied sur le terrain a permis à sa formation de regagner la confiance de l'électorat dans Jean-Talon; une confiance qui n'était pas au rendez-vous il y a trois ans, alors que tout était à rebâtir, y compris l'association libérale de la circonscription.
Le terreau y a toujours été fertile, cependant. La circonscription a été détenue par les libéraux de 1965 à 2019, au départ de l'ex-député libéral Sébastien Proulx.
La caquiste Joëlle Boutin avait réussi à s'y faire élire par la suite, avant d'elle-même démissionner et de paver la voie à Pascal Paradis et au Parti québécois. L'élection de Julie White marque ainsi le retour des libéraux dans sa forteresse.

La libérale Julie White a défait le député sortant Pascal Paradis dans Jean-Talon.
Photo : Radio-Canada
Référendum et crise tarifaire
La tenue éventuelle d'un référendum sous un gouvernement du PQ a d'ailleurs eu son effet au cours de la présente élection, selon Julie White.
J'ai vu une très grande différence [sur le terrain], a-t-elle affirmé en entrevue lundi. Les gens étaient nerveux à l'idée qu'un gouvernement nous amène dans un mur référendaire.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse à Québec en vue des élections générales, entouré des candidats Farnell Morisset, Michelle Setlakwe, Richard Bélanger, Alain Chandonnet et Julie White.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Son chef, Charles Milliard, a d'ailleurs déclaré dans son discours que le Parti québécois allait trouver une opposition déterminée du Parti libéral si le gouvernement Plamondon va de l'avant avec une démarche référendaire; une déclaration qui a eu tôt fait de déclencher de vives réactions au rassemblement libéral de Québec.
Le chef a aussi soulevé les militants de la capitale en saluant notre nouvelle amie dans Jean-Talon, qui se joindra aux 40 députés libéraux de la province à l'Assemblée nationale.
Priorité à l'immigration et la main-d’œuvre
Julie White croit que son rôle comme PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, entre ses deux campagnes électorales, a contribué à son élection et à la faire connaître.
J'ai aidé des entreprises manufacturières en pleine guerre tarifaire, j'ai dû me mettre en mode solution. Cette expérience-là m'a apporté beaucoup pour la campagne en cours, a-t-elle expliqué, en référence aux tensions commerciales avec les États-Unis.
Elle fait d'ailleurs de la main-d’œuvre des entreprises une priorité dans ce contexte de crise.
Elle invite notamment le nouveau premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, à collaborer avec le maire de Québec, Bruno Marchand, sur la question de l'immigration. Les deux hommes ont eu à en découdre au courant de la campagne électorale.
Le Parti québécois souhaite réduire les cibles, alors que le maire Marchand entend les maintenir pour la ville de Québec. On a besoin de changer le ton complètement le discours sur la main-d'oeuvre en ce moment à Québec.


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