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"Les jeunes talents restent essentiels à notre banque, déclare Isabel Carrion, Chief People Officer ING Belgium. Nous avons besoin de nouvelles générations capables d'apprendre vite, de questionner les habitudes. Nous devons cependant regarder la transition avec lucidité : certaines tâches d'entrée de carrière évolueront, et il faudra préserver des parcours qui permettent d'acquérir les fondamentaux du métier, du jugement et de la relation client. Nous essayons de mettre rapidement les jeunes diplômés dans des fonctions où les compétences humaines sont essentielles, comme une fonction commerciale par exemple qui nécessite des qualités relationnelles. Pour cela, il faut un meilleur équilibre entre les tâches répétitives qui peuvent être réalisées par l'IA – mais toujours avec un contrôle de l'humain – et les autres qui nécessitent des compétences humaines. L'humain doit contrôler la technique et pas l'inverse", remarque Isabel Carrion, Chief People Officer ING Belgium.
Développement des compétences humaines
Dans cet esprit, la banque continue à engager autant qu'auparavant des jeunes diplômés et des jeunes avec peu d'expérience. Ainsi 30 % des 250 engagés en 2026 avaient moins de 30 ans. Pour certains, ING va même les chercher alors qu'ils sont encore aux études. "Nous prenons chaque année une centaine de stagiaires en masters. Nous en sélectionnons ensuite 25 pour un programme international de 2 ans où ils font le tour des différents départements."
Les jeunes sont parfois tellement dans le digital qu'ils n'ont plus toujours d'esprit critique, de notions d'empathie, d'écoute."
Les jeunes diplômés n'étant pas les seuls concernés par l'IA, ING a initié en 2026 un programme de formation de cinq jours dont deux sont consacrés à l'IA, baptisé AI for All et donnant accès à un certificat IA. Plus de 35 000 collaborateurs (sur les 66 000) du groupe ont déjà commencé ce parcours et plus de 800 en Belgique sont certifiés.
La meilleure réponse à l'IA n'est pas la peur, mais l'apprentissage."
La banque mise aussi dans ce programme sur le développement des compétences humaines. "Les jeunes sont parfois tellement dans le digital qu'ils n'ont plus toujours d'esprit critique, de notions d'empathie, d'écoute. Nous investissons très fort aussi dans ces compétences humaines car c'est grâce à celles-ci qu'ils peuvent faire la différence par rapport à une machine", souligne Isabel Carrion, qui invite aussi les jeunes à apprendre à travailler avec l'IA de manière responsable. "Il ne faut pas qu'ils deviennent trop paresseux et se fient entièrement à la technologie. Nous veillons à ce qu'il y ait toujours un effort et de la réflexion. Les profils qui feront la différence seront ceux qui sauront combiner expertise métier, qualités humaines et maîtrise critique de l'IA. La meilleure réponse à l'IA n'est pas la peur, mais l'apprentissage."
"Être familiarisé avec l'IA devient un prérequis dans toutes les fonctions"498 jeunes recrutés en 2025 chez Deloitte
La formation est essentielle également chez Deloitte. "Dans tous nos métiers, nous utilisons des plateformes qui permettent de faire notre travail de manière plus efficace et qualitative. Il faut être capable de les utiliser. C'est pourquoi nous investissons dans la formation", indique Rolf Driesen, CEO de Deloitte Belgique, qui compte quelque 5 100 collaborateurs. Nous avons la chance d'avoir des collaborateurs très curieux. Notre population est jeune et agile, avec un âge moyen de 30 ans. Et les jeunes diplômés que nous engageons ont déjà bien expérimenté l'IA dans leur parcours."
Des jeunes que ce Big Four continue d'ailleurs à recruter. Quelque 468 d'entre eux viennent de débuter, pour 498 en 2025 et 471 en 2024. "Dire qu'on engage moins à cause de l'IA est un raccourci que je ne veux pas faire. Il faut aussi tenir compte de la situation macroéconomique qui induit une baisse de la croissance chez nos clients et un faible taux de rotation du personnel. Ces facteurs ont une influence sur le nombre de personnes dont nous avons besoin."
Les jeunes qui débutent chez nous ne vont pas travailler comme l'ont fait les jeunes il y a dix ans."
Rolf Driesen reconnaît néanmoins que la technologie permet d'augmenter la productivité, et donc de réduire le nombre de collaborateurs nécessaires. "L'IA a été au départ un outil, un support. Dans une deuxième phase, un copilote. Nous sommes maintenant dans une troisième phase où il y a une vraie collaboration entre l'homme et la machine. Cela implique qu'il faut commencer à réorganiser le travail. Les jeunes qui débutent chez nous ne vont pas travailler comme l'ont fait les jeunes il y a dix ans. Très vite, ils vont être aux côtés d'un senior pour apprendre à gérer ces nouveaux outils. L'IA leur permettra de faire plus vite des choses plus intéressantes."
"Les jeunes vivront une autre expérience"
Une vision partagée par le cabinet d'avocats Loyens & Loeff. "L'IA constitue une belle aide pour les tâches répétitives et permettra à des jeunes diplômés de se développer plus vite en leur donnant la possibilité de se concentrer sur les choses essentielles", note Hélène Deroubaix, avocate au sein de ce cabinet qui engage régulièrement des jeunes diplômés et dont près de 70 % des 110 avocats ont moins de 30 ans.
Nous donnons des avis stratégiques, ce que l'IA ne fait pas."
L'IA ne leur fait pas peur ni l'arrivée de plateformes AI Native qui, selon certains, pourraient remplacer à terme les avocats. "Il existe différents types de cabinets. S'il est question de faire des mises en demeure ou des contrats standards, je peux bien imaginer que cela soit réalisé par l'IA. Mais nous donnons des avis stratégiques, ce que l'IA ne fait pas", déclare Kris De Schutter, avocat associé chez Loyens & Loeff. "Nous recherchons des profils qui peuvent être critiques, qui sont capables de remettre les choses en question et de trouver des solutions qui ne figurent pas dans un livre ou des documents. Mais pour obtenir des résultats, c'est vrai qu'on va peut-être utiliser l'IA."
Avec l'IA, les CV et lettres de motivation finissent par se ressemblerLe cabinet implique les jeunes dès les premiers contacts avec un client. "Nous réfléchissons ensemble aux différents éléments d'un dossier. Les jeunes vivront une autre expérience. Ils devront s'adapter, comme nous l'avons fait nous-mêmes d'ailleurs, poursuit Kris De Schutter. Les avocats plus expérimentés ont un rôle de mentor. Mais nous apprenons aussi énormément des jeunes."
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