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Les logements dans les immeubles locatifs de trois villes du Nouveau-Brunswick — Moncton, Saint-Jean et Fredericton — seraient parmi les plus imposés au pays, selon le cabinet-conseil de services fiscaux Ryan.
Dans ces trois villes, un propriétaire d’immeuble locatif paie de 850 $ à 1500 $ de plus que pour un logement similaire à Toronto, selon Ryan.
Des propriétaires d’immeubles affirment que cette pression est lourde, et que les coûts sont refilés aux locataires.
La taxe foncière représente de 30 % à 40 % des coûts de MU Property Management Ltd., une société de gestion immobilière qui possède plus d’un millier de logements dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.
C'est une de nos plus grosses dépenses, déclare son président, Pierre Collette.
On est la province qui paie le plus en taxes foncières [...] ça fait un système un peu injuste pour les locataires, à cause [que] nous, indirectement, le coût de l'opération est mis, en fait, dedans le loyer, observe-t-il.
Les promesses de la province
Dans son programme électoral en 2024, le Parti libéral du Nouveau-Brunswick promettait, une fois élu, de réformer le régime d’impôt foncier.
Les libéraux s’attaquent maintenant à cette tâche. Un des premiers gestes concrets a été l’adoption de la Loi concernant les mesures favorisant l’abordabilité à l’impôt foncier, au printemps 2025. Le gouvernement Holt a gelé les évaluations foncières pour 2026.

Pierre Collette est président de MU Property Management, qui a beaucoup de logements à Moncton, Dieppe, Riverview et Shediac.
Photo : Radio-Canada
Pierre Collette, de MU Property Management Ltd., soutient qu'un système plus juste et prévisible permettrait aux gens du secteur immobilier de prendre de meilleures décisions.
Les taxes foncières, c'est quelque chose qu'on prend beaucoup en considération avant de faire avancer un projet, mentionne-t-il.
Le gouvernement recherche à avoir plus de logements abordables et nous, on cherche à fournir cette demande pour la province. Mais en fin de compte, si le système de taxes est un peu débalancé et inéquilibré, ça fait en sorte que nos projets viennent de moins en moins valides, dit Pierre Collette.
Le gouvernement provincial affirme que le Nouveau-Brunswick sera doté d’un système plus prévisible, transparent, stable, équitable à partir de l’année d’imposition 2027.
Puisqu’environ 85 % des revenus des gouvernements locaux proviennent de la taxe foncière, tout changement à ce système affecterait leur capacité d’offrir des services aux citoyens, affirme Yvon Godin, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).
Je suis sur le comité avec la province. Je pense qu’il y a de bonnes nouvelles qui s’en viennent pour les contribuables, mais comment ça va affecter les finances des municipalités? C’est là qu’est notre préoccupation, a-t-il expliqué en entrevue.

Yvon Godin au congrès annuel de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, le 19 octobre 2024, à Edmundston.
Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard
Pour réduire cette dépendance, l'association des municipalités a partagé quelques suggestions, comme la collecte des surplus non envisagés de la taxe de vente harmonisée (TVH).
Dans son analyse, Ryan plaide également en faveur d'un meilleur partage du fardeau de l'impôt foncier entre les propriétaires d'immeubles à logement et les propriétaires qui habitent leur logement.
L’industrie du logement locatif aimerait par exemple voir l'abolition de ce qu’ils appellent la double taxe, ou plutôt le taux d’imposition provincial sur les logements qui ne constituent pas une résidence principale.

Jacques Doucet, directeur général du service des finances de la Ville de Moncton, le 25 novembre 2024.
Photo : CBC / Shane Magee
Jacques Doucet, le directeur général du service des finances de la Ville de Moncton, craint toutefois que réduire le fardeau de taxation d'un groupe finisse par nuire à l'autre.
Faudrait que quelqu’un paye pour le manque à gagner des municipalités ou de la province [...]. Il faut s’assurer que ce ne sera pas la classe moyenne et les gens qui ont de la difficulté de jour à jour, qui payent le manque à gagner, analyse-t-il.
Pour la classe moyenne, dit-il, être propriétaire d’une maison ou d’un terrain, est l’une de leurs seules opportunités de gagner de la richesse et de pouvoir transmettre un petit peu de richesse aux générations futures.
Bien que Ryan considère que les municipalités devraient moins dépendre de l'impôt foncier pour assurer la prestation des services sociaux, Jacques Jacques Doucet considère, comme Yvon Godin, que les municipalités devront être en mesure de toucher d'autres sources de revenus pour que ce soit possible.
Plutôt que de simplement s'attarder à l'impôt foncier, M. Doucet plaide plutôt pour que l'ensemble du système de taxation au Nouveau-Brunswick soit analysé afin de trouver des solutions.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick n’a pas répondu à une demande d’entrevue.
D’après le reportage de Katherina Boucher et avec des informations de Justin Dupuis


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