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Correspondant à Londres
Keir Starmer a passé la matinée du jeudi 16 juillet à Kiev, auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Outre l'annonce d'une nouvelle aide de 300 millions d'euros, il voulait surtout rassurer la direction ukrainienne sur le fait que son départ du pouvoir ne bouleverserait pas la stratégie britannique vis-à-vis de la guerre avec la Russie. "Le fait qu'un nouveau Premier ministre soit nommé dans les jours à venir ne change en rien cette dynamique, a-t-il indiqué. Votre combat est le nôtre, votre sécurité est la nôtre, et le Royaume-Uni ne faiblira pas."
Depuis l'impulsion donnée par Boris Johnson dès l'invasion russe, Liz Truss, Rishi Sunak et Keir Starmer ont accordé un soutien entier à Kiev, que ce soit financièrement ou militairement. Malgré son coût élevé, il est inenvisageable qu'Andy Burnham s'écarte d'un iota de cette ligne. "Quiconque pense que l'Ukraine représente en quelque sorte un fardeau se trompe complètement, a rappelé Keir Starmer. En réalité, c'est grâce à la position adoptée par l'Ukraine que la sécurité européenne a été préservée."
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L'axe de la diplomatie du nouveau Premier ministre ne devrait guère changer de celle menée par son prédécesseur, notamment sur la poursuite d'un rapprochement avec l'Union européenne (UE), timidement amorcé par Keir Starmer. "Mais il pourrait y avoir un changement de ton concernant l'orientation à long terme", estime Michael Saunders, analyste en chef du centre de réflexion Oxford Economics. "Par exemple, Burnham pourrait s'exprimer de manière plus positive que Starmer sur le fait qu'il est dans l'intérêt économique et sécuritaire du Royaume-Uni de rechercher des liens plus proches avec l'UE à terme. Il pourrait même adoucir les lignes rouges du Labour lors de la prochaine élection."
En septembre 2025, Andy Burnham avait clairement précisé : "A long terme, je vais le dire franchement, je souhaite que nous réintégrions l'UE. J'espère voir, de mon vivant, ce pays réintégrer l'UE."
J'espère voir, de mon vivant, ce pays réintégrer l'Union européenne."
De là à initier lui-même un référendum en faveur d'un retour dans l'UE ? Anand Menon, professeur de sciences politiques à l'université King's College London, n'y croit pas du tout. "Cela signifierait se lancer dans une lutte politique horrible et acharnée pendant les quatre, cinq ou six prochaines années. Andy Burnham n'en recevrait aucun mérite, seulement des reproches, mais il le ferait en sachant que ses successeurs bénéficieront d'une croissance bien meilleure à terme, une fois que lui-même sera tombé dans l'oubli. Cela ne me semble pas être un argument politique particulièrement convaincant…"
Le Brexit a fracturé le paysage politique britannique : "Les gens votent désormais à l'intérieur de leur bloc, alternant entre les partis"Vers des sanctions contre Israël
En revanche, l'ancien maire du Grand Manchester a déjà annoncé une différence avec Keir Starmer sur un sujet brûlant pour certains électeurs : Gaza et Israël. "Je sais que beaucoup de gens estiment qu'au début de l'intervention militaire israélienne à Gaza, mon parti n'a pas réagi comme il fallait, et j'en suis désolé", a-t-il reconnu le 9 juillet, en référence au soutien initial de Keir Starmer, alors chef de l'opposition, à la décision israélienne de couper l'eau et l'électricité à Gaza suite aux massacres d'Israéliens commis par le Hamas le 7 octobre 2023. Même s'il avait rapidement modéré sa position, ce blanc-seing avait engendré la désertion de nombreux électeurs vers les Verts, notamment. Des électeurs dont Andy Burnham espère regagner la confiance.
Peut-être n'ira-t-il cependant pas assez loin pour eux : même s'il a reconnu que "de plus en plus d'éléments semblent indiquer que des crimes de guerre auraient été commis", il a refusé de qualifier de "génocidaire" le comportement d'Israël à Gaza. "En fin de compte, c'est aux tribunaux internationaux qu'il revient de trancher, et non aux responsables politiques", s'est-il défendu. Mais il assure que "nous devons aller plus loin, notamment en envisageant de nouvelles sanctions, tant à l'encontre des personnes impliquées dans les violences à Gaza qu'en adoptant des mesures visant à interdire le commerce de marchandises avec les colonies illégales".
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