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Les grandes marques investissent dans la revente

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Le détaillant Lululemon a étendu son programme de revente de ses vêtements de seconde main appelé Like new (Comme neuf) au Canada. Après IKEA ou Patagonia, une autre grande marque tente de s’immiscer dans la sphère populaire du seconde main.

Le site de Lululemon « Comme neuf » est d’abord une vitrine pour les clients de la marque qui veulent vendre leurs vêtements usagés.

On y retrouve aussi les vêtements retournés qui ne peuvent pas être remis sur les étagères en magasin. Ces articles-là sont nettoyés dans un nouvel entrepôt de l’entreprise américaine Tersus Solutions, qui s’est installée à Calgary.

Notre objectif est de remettre en circulation toutes ces affaires qui dorment aujourd'hui dans les placards des consommateurs, explique le PDG de Tersus Solutions, Peter Whitcomb.

Peter Whitcomb se tient devant une machine floquée de la marque Tersus Solutions.

Peter Whitcomb est le PDG de Tersus Solutions, une entreprise qui nettoie les vêtements à partir de CO2 liquéfié.

Photo : Radio-Canada / Ina Sidhu

L’entreprise qui utilise un système de nettoyage sans eau affirme avoir décuplé ses activités aux États-Unis ces cinq dernières années et elle s’attend à une croissance similaire au Canada.

Son installation à Calgary a déjà reçu 1000 à 1500 articles de vêtements par jour.

Selon M. Whitcomb, les fabricants de vêtements tentent de séduire une clientèle plus jeune pour qui la durabilité est importante. En moyenne, on économise environ 50 % de l’empreinte carbone d’un vêtement neuf, affirme-t-il.

Le PDG ne se fait toutefois pas d’illusion sur la raison de la popularité de la revente chez les grands détaillants.

Au fond, il s'agit avant tout d'une question de rentabilité économique. Créer un canal à plus forte marge pour ce produit est souvent l'angle privilégié par les marques, conclut-il.

Des personnes travaillent dans un entrepôt. On voit des enveloppes de vêtement dans des cartons.

Les vêtements nettoyés par Tersus Solutions sont remis en vente sur la plateforme « Comme neuf » de Lululemon.

Photo : Radio-Canada / Ina Sidhu

Sur les sites de revente, comme Facebook Marketplace, ou dans les friperies, les articles Lululemon sont présents à foison, ce que la marque n’a pas manqué de remarquer, explique David Ian Gray, chargé de cours en commerce de détail à l’Université Capilano, en Colombie-Britannique.

C’est une fuite de valeur liée au fait de voir des tiers vendre leurs produits en dehors de leur propre réseau, dit-il.

En offrant des vêtements seconde main à prix réduit, les fabricants introduisent leurs produits à une nouvelle clientèle.

Jeff Papa sourit devant un présentoir de vêtements de sa marque.

Selon Jeff Papa, d'ANIÁN, la revente de vêtements sur la plateforme du fabricants a généré 200 000 $ de transactions.

Photo : Radio-Canada / Ina Sidhu

C’est ce que constate le fabricant britanno-colombien ANIÁN, qui a aussi une plateforme de revente pour ses clients. Selon le chef d’exploitation, Jeff Papa, le site a reçu 250 000 visites au cours des deux dernières années.

C'est un niveau de prix vraiment attractif pour attirer les clients vers la marque. C'est une porte d'entrée facile, avec des prix qui représentent seulement 40 % de notre prix de vente au détail, souligne-t-il.

La revente permet aussi au détaillant de faire valoir sa réputation de fabricant de produits durables et de bonne qualité.

Stimulant aux ventes de neuf

David Ian Gray explique ainsi que la revente n’entame pas forcément les revenus du neuf. Il cite l’exemple de la marque de chaussures Fluevog, une des premières à créer un programme de revente. Ses ventes de chaussures neuves ont augmenté après le lancement de sa plateforme.

L’idée, c'est que les gens ont compris la valeur de la chaussure. Ce n’est pas seulement le prix que je paye aujourd’hui, mais au besoin, je peux les revendre. Fluevog s’est aussi aperçu que plus de gens étaient exposés à ses produits, explique David Ian Gray.

Le chargé de cours rappelle toutefois que l’établissement d’une chaîne de revente représente des coûts supplémentaires pour les marques.

À cause de ces coûts, cela ne peut pas être fait pour de bons sentiments. Il faut que cela rapporte de l’argent.

Il estime que les grandes marques ont encore du travail à faire dans la conception de leurs produits pour vraiment embrasser les principes de l’économie circulaire.

Si on conçoit ses produits avec des matériaux faciles à reconditionner, on aura une longueur d'avance par la suite. Il reste donc encore beaucoup à faire pour des marques comme Lululemon ou d'autres, mais elles avancent dans la bonne direction, dit David Ian Gray.

D'après les entrevues d'Ina Sidhu

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