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Un western apocalyptique signé Ridley Scott, un film chilien haletant, une fable fantastique avec Léa Seydoux... La sélection cinéma du Figaro.
The Dog Stars - À voir
Drame de Ridley Scott - 1 h 59
The Dog Stars est l’adaptation de La Constellation du chien, un roman de Peter Heller (2012). Carcasses de voitures fumantes, gratte-ciel mangés par la végétation… Hig (Jacob Elordi) et son chien, Jasper, survolent à bord d’un coucou la ville fantôme, livrée au pillage, avant de s’y poser pour faire le plein d’essence, de provisions et de médicaments. Comme tout bon western, The Dog Stars parle d’un territoire à défendre ou à conquérir. Le voyage est à la fois spatial et temporel.
The Dog Stars a beau avoir été tourné en Italie, ce n’en est pas moins une parabole de l’Amérique, passée et présente. Celle de Trump, à travers un pays fracturé et armé jusqu’aux dents où règne la loi du plus fort. Ou, de façon plus surprenante, à travers une colonie Maga dirigée par une hôtesse de l’air (Allison Janney) nostalgique d’une Amérique des Sixties reproduite sous cloche dans une version dégénérée. Après Napoléon et Gladiator II, Ridley Scott met son bellicisme en sourdine. The Dog Stars est plus séduisant dans ses temps faibles, son Americana mélancolique, digne d’une chanson folk. Le monde d’après n’a pas tué la romance. E.S.
La note du Figaro : 3/4
À lire aussi Notre critique de The Dog Stars de Ridley Scott : un western apocalyptique et sentimental
Dégel – On peut voir
Drame de Manuela Martelli – 1 h 48
Inès (Maya O’Rourke), 9 ans, vit avec ses grands-parents dans un hôtel sans âge au cœur d’une station de ski chilienne. Son bon niveau d’anglais aide parfois à résoudre des problèmes avec les clients. Quand elle se lie d’amitié avec Hanna (Maia Rae Domagala), une jeune sportive allemande, elle trouve une oreille compatissante et un modèle. Un partage de courte durée, car Hanna disparaît mystérieusement. Inès croit dur comme fer qu’elle va la retrouver, d’autant qu’elle est détentrice de ses confidences.
Pour raconter les années 1990 du Chili, celles de l’après-Pinochet, Manuela Martelli développe son récit à travers le regard d’une enfant tout sauf naïve. Si le jeu de Maya O’Rourke est époustouflant, il ne suffit pas à faire décoller le film qui piétine dans la neige. Le film veut pencher du côté du thriller, mais l’enquête n’est qu’un prétexte pour faire émerger les fantômes de la dictature. Sauf qu’à force de ne montrer que l’insaisissable, Manuela Martelli nous laisse au bord de la route. Dommage. F.V.
La note du Figaro : 2/4
L’Inconnue - À éviter
Drame de Arthur Harari - 2 h 20
Il y aura sans doute plusieurs catégories de spectateurs pour aller voir L’Inconnue d’Arthur Harari. Ceux qui savent qu’il est le coscénariste d’Anatomie d’une chute, la palme d’or de Justine Triet en 2024. D’autres auront lu et apprécié Le Cas David Zimmerman, la bande dessinée écrite par Arthur Harari et mise en images par son frère Lucas, à l’origine de L’Inconnue.
La sexualité n’est pas une partie de plaisir dans L’Inconnue. Son héros, David (Niels Schneider), est photographe. Il ne respire pas la joie de vivre. On le traîne à une fête, il est attiré par une inconnue (Léa Seydoux), couche avec elle et se réveille dans son corps. La question du genre n’intéresse pas Harari. Passé l’examen rapide de son nouveau corps féminin (celui de Léa Seydoux), David cherche son ancienne enveloppe corporelle. Sauf qu’elle a couché avec une jeune fille, à son tour dépossédée de son identité… Les personnages sont plus neurasthéniques qu’inquiets. L’Inconnue parle de solitude existentielle. Que devient-on quand on est coupé de sa famille, des autres, enfermé dans un corps autre ? E.S.
La note du Figaro : 1/4
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