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En Mauricie, la crise du logement a un visage supplémentaire : celui des femmes vivant seules. Selon l’organisme InfoLogis Mauricie, elles représentent plus de 60 % des demandes d'aide depuis janvier.
La nouvelle coordonnatrice de l’organisme, Geneviève Paré, dresse un portrait inquiétant de la situation. Selon elle, plusieurs femmes ont reçu des avis d’augmentation de loyer dépassant la hausse de 3,1 % proposée par le Tribunal administratif du logement (TAL) du Québec.
On a une quinzaine d’appels par jour, ça fait au-dessus de 120 appels depuis janvier de demandes de soutien, indique-t-elle. Ce n'est pas facile, c'est beaucoup, beaucoup de stress, d'anxiété, et c'est beaucoup les femmes.
L’organisme veut démontrer que plusieurs locataires aînées subissent de l'insécurité et des manœuvres d'intimidation pour les pousser à la porte.
Diane Vermette vit au même endroit depuis 25 ans. Des acheteurs potentiels veulent acquérir l’immeuble de six logements où elle réside. Elle affirme qu’ils ont rencontré les locataires pour leur offrir des primes de résiliation de bail, allant de 2500 $ à 5000 $, disant avoir des travaux à faire dans les logements.

InfoLogis Mauricie dénonce que plusieurs locataires aînées subissent de l'insécurité. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Fanchon Aubry
Si on garde notre bail, si on reste là, ils sont obligés de tenir compte du loyer que je paye actuellement, ils ne peuvent pas m'augmenter de 2000 $, mais ils essayent fortement pour qu'on parte, confie-t-elle en entrevue à Fin PM.
Elle n’a pas l’intention de céder aux pressions, mais elle avoue souffrir de la situation.
Ça fait deux mois que j’ai appris qu’il allait y avoir une vente éventuelle, ça fait deux mois que j’ai mal au ventre, que j’ai mal au cœur, que je ne suis pas bien. Je rentre chez nous, j’ai tout le temps l’impression que j’ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête qui risque de me tomber dessus n’importe quand.
La situation vécue par Diane Vermette n’est pas unique, soutient Geneviève Paré. Elle insiste pour rappeler aux locataires de ne pas accepter de propositions sous des menaces et de contacter InfoLogis Mauricie.
Ne rien signer sous la pression, parce que beaucoup de femmes et d’hommes qui nous ont contactés ont regretté d’avoir signé trop rapidement, sans comprendre les tenants et les aboutissements, ajoute la coordonnatrice. C'est plus difficile de revenir en arrière et de défendre sa cause. C'est un droit de demeurer là et c'est un droit aussi de ne pas avoir une hausse abusive.
L’organisme veut dénoncer des pratiques qualifiées d’abusives et rappelle que, malgré des protections accrues pour les aînés en matière d’éviction, le harcèlement psychologique persiste sur le terrain.
D’après une entrevue à Fin PM


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