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Les étudiants étrangers, une main-d’œuvre recherchée en région

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La baisse des admissions d’étudiants étrangers cause des maux de tête aux employeurs à la recherche de travailleurs pour la belle saison, particulièrement en région, où ils forment une main-d’œuvre recherchée.

Après avoir connu une ascension dans la dernière décennie, le nombre d’étudiants étrangers au cégep et à l’université a diminué considérablement depuis 2024, après l’imposition de plafonds d’admission par Québec et Ottawa.

Cette diminution est crainte par certains employeurs, qui trouvent dans les étudiants étrangers une source de main-d’œuvre fiable.

C’est le cas de Sandra Bernard, directrice des opérations de quatre restaurants McDonald’s dans la région du Lac-Saint-Jean, à Saint-Félicien, Dolbeau, Roberval et Chibougamau.

« Dans mes quatre restaurants, c’est celui de Saint-Félicien où c’est le plus facile de trouver des employés, justement à cause du cégep », exprime celle qui gère 200 employés, dont 86 travailleurs étrangers de tout acabit.

« Si leur nombre diminue, je vais avoir encore plus de misère à recruter du nouveau personnel. »

Durant leur session d’études, les étudiants étrangers sont limités à 24 heures de travail par semaine. Mais pendant les vacances, leurs heures de travail sont illimitées. Certains retournent dans leur pays d’origine, mais ceux qui décident de passer l’été au Québec sont une ressource précieuse pour les employeurs.

« [Les étudiants étrangers] sont particulièrement essentiels en région. Nos membres profitent de ce bassin international pour pourvoir des postes, parce qu’il y a beaucoup moins de jeunes travailleurs qu’à Montréal », explique Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec.

Selon la Fédération des cégeps, les deux tiers de la population étudiante internationale du réseau collégial public sont inscrits dans un établissement à l’extérieur des régions administratives de Montréal, Laval et de la Capitale-Nationale.

« Avoir un cégep ou un campus universitaire, c’est un game changer pour une région. Pour des endroits comme Rimouski, Matane ou Saguenay, cela signifie avoir accès à un bassin de travailleurs qui permettent d’accueillir une clientèle touristique importante durant la haute saison », ajoute Martin Vézina.

« Si vous vous promenez à Matane, vous allez entendre l’accent français souvent, que ce soit dans les commerces, les boutiques, les hôtels. C’est une manne pour nos entreprises d’ici », confirme Francis Turcotte, coordonnateur des communications et du développement international au cégep de Matane.

Avant la pandémie et le plafonnement des inscriptions, la proportion d’étudiants étrangers pouvait représenter entre 35 % et 45 % de la population étudiante du cégep de Matane. Ce nombre a depuis fondu de moitié, une diminution de près de 150 personnes.

« Le bassin [de travailleurs] est moins grand qu’avant, c’est sûr », commente M. Turcotte.

Main-d’œuvre regrettée dans l’industrie touristique

L’industrie touristique régionale en est particulièrement friande. D’après des données de 2018, 44 % des étudiants étrangers occupent un emploi durant leurs études, en majorité dans l’hébergement et la restauration (26 %) et le commerce de gros et de détail (19 %).

« [Les étudiants étrangers], c’était une source de main-d’œuvre importante. Les soirs, les week-ends, ils nous donnaient un méchant coup de pouce », explique Véronyque Tremblay, présidente et directrice générale de l’Association Hôtellerie Québec.

« On avait une main-d’œuvre formée. Malheureusement, nos écoles hôtelières se vident parce qu’on ne peut accueillir autant d’étudiants étrangers. Ça paraît dans nos établissements, c’est une main-d’œuvre qu’on perd, malheureusement. »

D’après le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, près du quart (23 %) des travailleurs de l’industrie sont d’origine étrangère.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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