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Les États-Unis vont mettre en place un blocus naval du détroit d’Ormuz, dit Trump

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Donald Trump a annoncé dimanche un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, après l’échec des négociations avec l’Iran au Pakistan ce week-end, laissant planer un doute sur le respect de la trêve de deux semaines en cours.

Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a indiqué que les discussions s’étaient « bien » passées et que « la plupart des points avaient fait l’objet d’un accord ».

Toutefois, a-t-il écrit, Téhéran a refusé avec « intransigeance » tout compromis sur la question nucléaire et n’a « sciemment » pas rouvert le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique, située entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial.

« À compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, entamera le processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », a-t-il ajouté sur Truth Social.

Dans deux longs messages, le président américain a averti : « Tout Iranien qui nous tire dessus, ou qui tire sur des navires pacifiques, sera PULVÉRISÉ ! », laissant entendre que « d’autres pays » seraient impliqués, sans toutefois les nommer.

Sur Fox News, un peu plus tard, il a précisé que la Grande-Bretagne « et quelques autres pays » enverraient des navires dragueurs de mines dans le détroit.

La Grande-Bretagne n’a annoncé aucun déploiement de navires de guerre dans la région, mais aurait envisagé d’y envoyer des drones de déminage.

À la télévision, Donald Trump a également réitéré sa menace de détruire les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence d’accord.

« Je pourrais anéantir l’Iran en une journée. Je pourrais l’anéantir en une heure », a-t-il lancé, citant pour cibles « toutes leurs infrastructures énergétiques, toutes leurs usines, toutes leurs centrales électriques ».

Donald Trump a également menacé la Chine, un des principaux partenaires commerciaux des États-Unis, de droits de douane « vertigineux » de 50 % sur ses marchandises si Pékin apportait une aide militaire à l’Iran dans la guerre.

Il doit se rendre à Pékin du 14 au 15 mai, où il rencontrera son homologue chinois Xi Jinping, après avoir reporté un précédent sommet en raison du conflit au Moyen-Orient.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, armée idéologique de la République islamique, lui ont répondu dimanche sur X en affirmant avoir « entièrement sous contrôle » le trafic dans le détroit et en menaçant d’y piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel ».

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui menait la délégation au Pakistan, a lui critiqué sur X les États-Unis, « incapables » de gagner la confiance de l’Iran.

Samedi, l’armée américaine avait annoncé que deux de ses navires de guerre avaient franchi le détroit d’Ormuz, marquant le début d’une opération de déminage. Des affirmations démenties par Téhéran.

« Concessions douloureuses »

En Iran, après six semaines de bombardements, des rationnements en pain ou essence et une coupure d’Internet d’une durée inédite imposée par les autorités, l’échec des négociations est un coup.

« Nous sommes envahis par le désespoir et le sentiment d’impuissance. Nous en avons assez de cette incertitude », réagit depuis Téhéran Nahid, femme au foyer de 60 ans qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat.

L’Organisation de médecine légale iranienne citée par l’agence de presse officielle Irna a indiqué dimanche avoir identifié 3375 personnes tuées depuis le début de la guerre.

Dès l’annonce de l’impasse des pourparlers directs, le Pakistan, médiateur clé, a appelé au maintien de la trêve de deux semaines convenue entre Téhéran et Washington mercredi.

Dans la foulée, les appels internationaux se sont multipliés dimanche pour que les États-Unis et Iran restent sur la voie diplomatique.

Côté américain ou iranien, personne ne s’est exprimé sur le devenir de ce cessez-le-feu qui doit expirer le 22 avril.

Oman a appelé l’Iran et les États-Unis à faire des « concessions douloureuses » pour faire aboutir leurs négociations, appelant à « une prolongation du cessez-le-feu ».

L’Union européenne a dit rester convaincue que la diplomatie est « essentielle pour résoudre tous les sujets en suspens » dans le conflit au Moyen-Orient.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a déclaré à son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, être prêt à participer à une médiation.

« Nous verrons »

Alors que les délégations iraniennes et américaines ont toutes deux quitté le Pakistan, elles n’ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations.

« Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire », a lancé le vice-président américain J.D. Vance avant de quitter Islamabad. « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent ».

L’Iran a de son côté imputé l’échec des négociations aux tentatives américaines de « dicter leurs conditions ».

« Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session (de négociations) », a commenté dimanche le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, évoquant « une atmosphère de suspicion et de méfiance »

Sur le deuxième front principal de la guerre, au Liban, des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël, sous pression américaine, à la tenue de négociations directes avec Beyrouth.

Les autorités libanaises ont recensé samedi 2020 personnes tuées, et 6436 blessées, par les bombardements israéliens et les combats depuis que le pays a été entraîné dans la guerre le 2 mars le Hezbollah pro-iranien.

Ce dernier a rejeté toute négociation directe entre les deux pays.

Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban, où il combat le mouvement chiite, n’était pas inclus dans l’accord.

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