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Les membres de la communauté innue de Pessamit se prononcent dimanche sur une entente avec le gouvernement du Québec et Hydro-Québec, qui pourrait lui rapporter plus d’un milliard de dollars en compensation et ouvrir la voie au développement de nouvelles installations énergétiques sur le territoire de la communauté situé sur la Côte-Nord.
Le vote se déroule dans le gymnase de l’école Nussim jusqu’à 18 h dimanche soir. Les résultats sont attendus au cours de la soirée. Le Conseil des ministres aurait déjà donné son aval au projet mercredi, selon Raphaël Picard, négociateur en chef de la communauté.
Si l’accord est entériné par les Innus de Pessamit, il pourrait mener à la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique à proximité du complexe Bersimis-1, d’une nouvelle ligne électrique, ainsi que de « projets éoliens à déterminer ». Ces installations viendraient s’ajouter aux 13 centrales hydroélectriques et aux 16 barrages ayant été construits sur le territoire de la communauté innue au siècle dernier, sans consultation auprès de ses membres.
Le processus référendaire contesté
Dans les derniers jours, plusieurs voix se sont élevées afin de contester la légitimité de l’entente. L’autrice innue Natasha Kanapé Fontaine, originaire de la communauté de Pessamit, a publié des lettres ouvertes dans plusieurs médias afin de demander le report du référendum.
« Non seulement nous venons d’apprendre que nous devons voter sur une entente aux répercussions existentielles tenant sur 42 pages de jargon d’avocats, mais nous avons soudain la responsabilité de prendre une décision éclairée sur un projet monstre. Le tout, en moins de 10 jours », écrivait-elle vendredi dans Le Devoir.
L’entente comporte selon l’autrice plusieurs incohérences en ce qui a trait à ses modalités financières, qui visent à ses yeux à décharger Hydro-Québec et le gouvernement québécois de toute responsabilité historique concernant la « destruction » des territoires et de l’identité de la communauté de Pessamit.
Selon elle, le processus référendaire est également entaché par un manque d’information quant aux possibles répercussions juridiques et environnementales des projets de développements énergétiques, remettant en question sa légitimité. « Ce que j’en retiens, c’est que si nous votons oui ce dimanche, nous renonçons pour toujours à notre droit de nous opposer à tout projet de développement énergétique », a-t-elle fait valoir.
Une entente aux retombées importantes
L’origine de ce projet d’accord remonte à 2024 avec la signature d’une entente-cadre par le conseil de bande de Pessamit, le gouvernement québécois et Hydro-Québec. Cette dernière prévoyait l’octroi à Pessamit d’un montant de 45 millions de dollars sur six ans et visait à créer « un partenariat égalitaire » avec Hydro-Québec sur le territoire innu. Elle spécifiait également que les membres de la communauté devraient être consultés pour toute entente future concernant l’avenir énergétique de son territoire.
Le protocole d’entente, dont Le Devoir a pu obtenir une copie, ne spécifie pas précisément les retombées attendues. L’entente soumise aux membres de la communauté dimanche prévoit cependant le versement de plus d’un milliard de dollars en compensation de la part d’Hydro-Québec et du gouvernement québécois afin de mettre fin au recours judiciaire actuellement institué par Pessamit.
Ainsi, si l’entente est adoptée, le gouvernement du Québec octroiera 632 millions sur dix ans à la communauté innue tandis qu’Hydro-Québec lui versera 100 millions sur quatre ans, puis douze millions, indexés à 2 %, « pour une durée minimale de 46 ans ».
« Il y a là une grande reconnaissance des torts faits au territoire de Pessamit et aux familles de Pessamit, de grands torts qui ont été ignorés pendant 70 ans », avait soutenu Raphaël Picard, mercredi. « Il y a une certaine réconciliation dans cette entente-là. »


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