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Tous surveillés. The Guardian révèle qu'au cours des derniers mois, le gouvernement américain a espionné à grande échelle d'importantes organisations de gauche et des manifestants, dans le cadre d'une vaste opération visant les groupes s'opposant à la répression de l'immigration au Minnesota.
Jeudi 13 août, plus de trente rapports internes émanant des forces de l'ordre ont en effet été rendus publics dans le cadre d'une procédure pénale engagée par le ministère de la Justice contre quinze manifestants de Minneapolis (la plus grande ville du Minnesota), poursuivis pour «complot» visant à «entraver» le travail des agents de l'immigration américaine lors du renforcement des effectifs de l'administration Trump dans la région.
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Plusieurs rapports établissent que le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a infiltré des agents au sein de réunions communautaires organisées à Minneapolis, Saint Paul (capitale du Minnesota) et New York. Ceux-ci ont également pu mettre la main sur les documents financiers de syndicats traditionnels et d'organisations à but non lucratif.
Tirer les ficelles
On apprend également qu'en janvier, le DHS a lancé une enquête baptisée «Operation Puppet Master» («Opération Marionnettiste») afin d'identifier un réseau de conspirateurs s'organisant contre la police états-unienne de l'immigration (ICE). Cette opération a été lancée alors que la mobilisation citoyenne contre l'ICE prenait de l'ampleur dans la région, à la suite des meurtres de Renee Good et d'Alex Pretti. Un rapport du DHS datant de février indique que l'agence enquêtait également sur des personnes qui «apportaient un soutien matériel à des opportunistes et agitateurs violents».
Ces investigations ont été menées conformément au décret présidentiel désignant tout groupe antifasciste comme une «organisation terroriste intérieure» responsable d'«émeutes» contre l'ICE. Elles ont débouché sur la poursuite pénale engagée en juin contre les quinze manifestants du groupe Direct Action Minnesota, accusés d'avoir participé à un «complot» contre le renforcement des effectifs de l'ICE dans la région.
La consultation de ces documents n'a pas manqué d'alimenter l'inquiétude des groupes de défense des droits civiques, qui affirment que le gouvernement fédéral criminalise des activités de protestation légales sous prétexte de lutter contre le «terrorisme» de gauche. Certains agents infiltrés ont même tenté de faire basculer des groupes non violents afin d'obtenir davantage de preuves à charge.
Ce fut le cas avec l'infiltration du Sunrise Movement, organisation décrite par l'un des rapports comme «privilégiant les manifestations pacifiques». Un agent bien intégré à ce groupe a par exemple indiqué à un autre membre qu'il «travaillait dans le bâtiment et pouvait fabriquer des objets susceptibles d'aider d'autres groupes à mener des actions de protestation plus directes», avant de conclure sur le fait que «la perspective d'aller en prison ne l'inquiétait pas». Ou comment tenter de pousser à la faute les membres d'un mouvement jusqu'ici irréprochable.
«Je crois qu'il s'agit d'une tentative manifeste d'intimidation, de punition et de répression politique contre toute dissidence et toute différence, résume Emilia Gonzalez Avalos, directrice générale d'Unidos MN, une organisation œuvrant en faveur de la justice sociale à Minneapolis. Ce n'est pas l'Amérique que nous avons bâtie au fil des siècles. Et ce n'est certainement pas l'Amérique pour laquelle nous nous mobilisons.»




























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