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L’opération conjointe intervient quelques semaines après que Washington a inscrit le cartel de Juárez sur sa liste des « organisations terroristes étrangères », lui interdisant notamment l’accès au système financier américain.
Des agents de la police des frontières américaine lors d’un exercice frontalier entre El Paso (Etats-Unis) et Ciudad Juarez (Mexique), le 13 août 2026. Une démonstration de coopération sécuritaire. Les Etats-Unis et le Mexique ont procédé, jeudi 13 août, à des exercices au niveau de leur frontière commune, dans la région d’El Paso (Texas) et de Ciudad Juarez (Chihuahua, Mexique), où opère le cartel mexicain de Juarez, récemment qualifié d’« organisation terroriste étrangère » par Washington.
Côté américain, l’opération a été menée par la police de l’immigration (ICE) et la police des frontières américaine (CBP), tandis que la partie mexicaine a fait intervenir l’armée et des gardes nationaux, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse.
« Nous voulons (…) leur montrer que nous sommes tous unis », a affirmé à la presse Roberto Domínguez, chef adjoint de la patrouille frontalière d’El Paso, au Texas. « La frontière est plus sûre que jamais », a-t-il assuré.
Une zone étroitement surveillée
De nombreux véhicules des forces de sécurité des deux pays ont sillonné les chemins de terre qui longent le Rio Bravo (appelé Rio Grande du côté américain), ce fleuve qui délimite la frontière et est étroitement surveillé par les Etats-Unis, qui ont érigé, à quelques mètres de là, une barrière métallique conçue pour empêcher le passage des migrants sans papiers. Des hélicoptères ont aussi pris part à ces exercices en survolant la frontière.
De retour à la Maison Blanche en janvier 2025, le président Donald Trump a reproché au Mexique de ne pas en faire assez pour stopper les flux de migrants et le trafic de drogues en direction des Etats-Unis.
En juillet, après avoir fait de même avec d’autres organisations criminelles d’Amérique latine, Washington a désigné les cartels mexicains de Juárez et de Los Viagras comme des « organisations terroristes étrangères », leur interdisant ainsi tout accès au système financier américain et toute transaction ou soutien en leur faveur.
Il s’agit de « narcoterroristes violents qui ont commis de nombreuses attaques contre des Américains, les forces de sécurité mexicaines et des civils », avait décrit le secrétaire d’Etat, Marco Rubio. Le cartel de Juárez était l’un des plus puissants du Mexique il y a deux décennies, mais il a depuis été décimé par des arrestations et des conflits avec d’autres gangs.
Opérations antidrogue « terrestres »
A la tête du « bouclier des Amériques », une coalition de lutte contre le narcotrafic composée d’une vingtaine de pays d’Amérique latine et des Caraïbes, les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé vouloir mener des opérations antidrogue « terrestres » avec leurs alliés latino-américains, en plus de celles déjà menées dans les eaux internationales contre des embarcations soupçonnées de se livrer au narcotrafic.
Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a affirmé qu’à court terme, les Etats-Unis espéraient déployer avec leurs alliés « une capacité opérationnelle similaire à celle [mise en place] avec les attaques contre les vedettes de trafic de drogue » dans les Caraïbes et le Pacifique.
Ce sera « le même effet sur terre, et c’est pourquoi nous travaillons avec l’Equateur, la Colombie, avec des partenaires pour porter le combat » contre les organisations désignées par Washington comme terroristes « sur la terre ferme », a déclaré le secrétaire à la défense, mercredi soir, lors d’une visite au Panama.
Pete Hegseth a lancé un avertissement aux cartels, où qu’ils soient. « Partout où vous trafiquez de la drogue ou où vous menacez le peuple américain ou nos partenaires, vous devenez une cible », a-t-il affirmé.
Le « bouclier des Amériques » réunit notamment l’Argentine, la Bolivie, le Chili, l’Equateur, le Honduras et le Pérou, dirigés par des gouvernements de droite. La Colombie, dirigée depuis le 7 août par le président de droite dure Abelardo de la Espriella, a officiellement rejoint cette alliance mercredi, lors de la signature d’un accord entre le ministre de la défense américain et son homologue colombien Jorge Mora. Le Mexique de la présidente de gauche Claudia Sheinbaum n’en fait pas partie.
En septembre 2025, l’armée américaine a lancé une campagne de frappes aériennes ayant au moins 215 morts, visant des bateaux soupçonnés de se livrer au trafic de drogue dans les Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique.
L’administration Trump n’a fourni aucune preuve que les bateaux visés servaient à des opérations de trafic de drogue. Nombre d’experts dénoncent des frappes illégales ciblant des civils ne représentant aucune menace contre les Etats-Unis.
Le Monde avec AFP


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