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Environ 500 élèves d’une dizaine d’écoles de la Rive-Nord de Montréal ont participé vendredi matin à la troisième édition de la marche pour la Journée de la vérité et de la réconciliation, organisée par le Centre d’éducation de Kanesatake.
C’est absolument incroyable de voir la croissance de l’événement, se réjouit la directrice du centre, Watsenniiostha Nelson. Ça démontre que les gens sont prêts à écouter et à apprendre ce qui se trouve derrière la Journée de la vérité et de la réconciliation, et que la connaissance peut se propager dans les différentes communautés.

Watsenniiostha Nelson, directrice du Centre d'éducation de Kanesatake, demande à tout le monde de faire sa part pour la réconciliation.
Photo : Clara Matthey-Jonais
À chaque nouvelle édition depuis sa création en 2024, l’événement rallie de plus en plus d’établissements scolaires. Cette année était la première participation de l’école primaire Gaston-Pilon, située à Boisbriand.
« Longtemps, les gens se sont divisés autour de ça », estime Cédric Jean, directeur de l’établissement scolaire. « Là, ça permet de se rapprocher, de commencer avec les nouvelles générations, puis de leur montrer qu'on peut faire mieux. »
La marche s’est terminée au terrain de crosse de Kanesatake, tout près des terres sacrées de la communauté. Les jeunes s’y sont rassemblés pour pratiquer des danses sociales.
En principe, il s'agit de terres exclusivement mohawks, explique Kyla Marie, qui fréquente l’école secondaire Ratihente de Kanesatake. C'est vraiment beau de voir tout le monde réuni comme ça.

Les jeunes ont marché de l'École des Pins jusqu'au terrain de crosse de Kanesatake, par la route 344.
Photo : Clara Matthey-Jonais
Un historique tendu
Les notions de vérité et de réconciliation prennent un sens particulier à Kanesatake, où les tensions entre la communauté et la municipalité voisine d’Oka étaient encore palpables jusqu’à tout récemment.
Il y a une symbolique importante, soutient le maire d’Oka, Patrick Hardy, présent à la marche de vendredi. C'est l'occasion de se rassembler pour une cause importante et de se rappeler qu'on cohabite ensemble.

Patrick Hardy, le maire d'Oka (à gauche), accompagné des conseillers Karelle Trottier (au milieu) et Yan Bonhomme (à droite).
Photo : Clara Matthey-Jonais
Élu en 2025, M. Hardy se veut le représentant d’un certain renouveau de l’administration okoise dans les relations entre les deux communautés. Dans les derniers mois, des rapprochements ont eu lieu de part et d’autre, illustrés notamment par des rencontres entre la municipalité et le conseil intérimaire de Kanesatake, et la présence du maire au pow-wow traditionnel, à la fin du mois d'août.
Le simple fait de communiquer ouvertement et d’avoir le réflexe de décrocher le téléphone, c’est un changement significatif.
La responsabilité de l’éducation
Chaque année, dans la semaine précédant la marche, Watsenniiostha Nelson et des membres de son équipe se déplacent dans certaines écoles participantes pour sensibiliser les jeunes à l’histoire des pensionnats pour Autochtones et leur expliquer la signification de la journée des chandails orange.
Depuis qu’elle a commencé le projet, Mme Nelson voit une amélioration de la compréhension de cet enjeu chez les jeunes qu’elle rencontre. L’an dernier, quand je demandais en classe qui savait ce qu’étaient les pensionnats autochtones, seulement quelques mains se levaient, explique-t-elle. Cette année, je voyais beaucoup plus de mains levées. Ça démontre à quel point les enfants écoutent et se souviennent.

En plus de porter le chandail orange en mémoire des enfants victimes des pensionnats pour Autochtones, des jeunes de Kanesatake arboraient fièrement le drapeau de la Confédération Haudenosaunee, dont faisaient historiquement partie les Mohawks.
Photo : Clara Matthey-Jonais
La demande pour ces visites de la part des écoles participantes était tellement forte cette année que Mme Nelson et son équipe n’ont pas pu aller visiter toutes les classes. Bien qu’elle se sente reconnaissante d’être aussi bien accueillie, Mme Nelson espère qu’au bout du compte, la responsabilité d’éduquer les enfants sur les horreurs des pensionnats pour Autochtones et sur la réconciliation pourra être partagée.
Même si nous sommes disposés à guider [les apprentissages], cela ne devrait pas uniquement reposer sur nos épaules, affirme-t-elle. Nous avons besoin de nos alliés pour relayer le message.
Lisanne Montreuil, enseignante d’histoire à l’école secondaire Ratihente, partage cette vision des choses.
La réconciliation se fait des deux côtés; on ne peut pas toujours attendre que ce soit les jeunes de notre communauté qui expliquent tout.
Pour Jeffrey, 11 ans, qui fréquente l’école Gaston-Pilon, c’est important d’apprendre l’histoire des pensionnats pour Autochtones pour ne pas que des choses comme ça se reproduisent. Depuis 2017, l'histoire des pensionnats pour Autochtones est incluse dans le curriculum scolaire du ministère de l'Éducation du Québec.
Dès la mi-octobre, les jeunes des écoles de Kanesatake et d'Oka auront une fois de plus l'occasion de se rassembler pour la Grande Marche du Défi Pierre Lavoie.


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