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La main-d’œuvre qui intervient sur les arbres en bordure du tracé du tramway de Québec essuie des invectives de la part d’une frange de la population, à tel point que le maire Bruno Marchand a invité le personnel pris à partie à « porter plainte à la police ».
« J’exige qu’on les respecte, a-t-il tenu à dire, mercredi, dans le cadre d’une mise à jour sur l’état d’avancement des travaux. L’incivilité ne sera pas tolérée [et], dans mon cas, on n’hésitera pas à faire appel à la police. »
Même s’il s’agit, dans le cas des arbres, de « cas rarissimes », souligne le maire, le manque de courtoisie à l’égard des employés municipaux prend des proportions inquiétantes aux yeux de la Ville.
« Nos employés qui font des travaux publics se font crier après, se font cracher dessus, se sont déjà fait foncer dessus en voiture, a expliqué Bruno Marchand. Ce n’est pas juste la question des arbres […] Il y a une montée des incivilités. Si vous n’êtes pas capable de vous comporter, vous ne méritez pas de vivre dans cette ville. »
Ces impolitesses constituent l’expression la plus virulente de la vive contestation suscitée par l’abattage des 1500 arbres en bordure du tracé. Au moment où la concrétisation du tramway paraissait encore incertaine, plusieurs partis politiques avaient notamment marché pour demander la suspension du projet au nom de la préservation de la canopée.
Les travaux ont déjà entraîné la coupe de 618 arbres depuis 2020, mais plus le chantier progresse, plus les tronçonneuses approchent de la majestueuse canopée qui borde le boulevard René-Lévesque. La coupe de ces 230 arbres en particulier, aux yeux des adversaires du tramway, constitue une hérésie.
Cet automne, la Ville prévoit d’abattre 70 arbres, dont 50 situés de part et d’autre du boulevard. L’abattage doit débuter la semaine prochaine près du parc de l’Amérique-Française, et à la semaine du 7 septembre pour le tronçon compris entre la rue Gérard-Morisset et l’avenue Holland.
Ces arbres, insiste le maire, ne sont pas sacrifiés de gaieté de cœur. L’abattage devient nécessaire uniquement quand l’arbre se trouve directement sur le tracé d’une infrastructure souterraine, que les travaux endommagent les racines de façon irrémédiable ou que le dégagement d’espace exige de couper un nombre trop important de branches.
La Ville s’engage à planter 20 arbres pour chaque arbre abattu dans le cadre du chantier du tramway. Elle a déjà semé 21 000 des 30 000 plantations promises.
Selon Bruno Marchand, il s’agit là d’une promesse que Québec deviendra « plus belle » et plus verte une fois le chantier terminé. Un argument qui, concède-t-il, ne saura jamais rallier les plus farouches adversaires du tramway.
« Il n’y a rien que je vais dire qui va fendre les eaux en deux et qui va leur permettre de traverser la mer Morte, a-t-il indiqué mercredi. Ça n’arrivera jamais : ces gens-là ne sont pas d’accord et ils ont le droit de ne pas être d’accord. »
Les travaux vont prendre de la vitesse cet automne avec le début de l’excavation pour construire la trémie du tunnel à proximité du Grand Théâtre et de la Colline parlementaire. La Ville répertorie toutes les entraves sur son portail numérique et invite la population à privilégier le transport en commun ou la mobilité active autant que possible pour s’adapter aux turbulences à venir.


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