Neuf ans après Toni Erdmann, un autre film d’une jeune réalisatrice allemande invité en compétition à Cannes (en mai 2025)? L’évènement est suffisamment rare, la préférence de nos voisins du Nord pour concourir à Berlin suffisamment établie, pour convaincre qu’il devait s’agir d’un film exceptionnel. Second opus de Mascha Schilinski, 40 ans, Les Echos du passé paraît en effet d’une ambition un peu folle. Captivée par un lieu, une grande ferme de l’Altmark – région rurale du nord de l’Allemagne entre Hanovre et Berlin, côté ex-RDA –, la cinéaste en évoque la mémoire sur un siècle à travers quatre récits de femmes alternés.
Le résultat, déroutant, se situe entre les grands tableaux de communautés «horizontaux» façon L’Arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978) ou Le Ruban blanc (Michael Haneke, 2009) et les grands récits collectifs «verticaux», déployés à travers le temps, façon 1900 (Bernardo Bertolucci, 1976) ou Heimat (Edgar Reitz, 1984). Mais une forme de modestie est également à l’œuvre, qui restreint le point de vue à celui de diverses jeunes femmes, tour à tour narratrices pas du tout omniscientes. Bref, c’est compliqué. Mais comme c’est aussi esthétiquement très beau, quoique la photo mordorée trop uniforme n’aide pas à s’y repérer, le film vaut absolument le détour.


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