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Les dix meilleurs films de 2025: nos coups de cœur

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Publié le 27 décembre 2025 à 15:01. / Modifié le 27 décembre 2025 à 15:17. 4 min. de lecture

«All That’s Left of You», de Cherien Dabis

Cinéaste et actrice américaine d’origine jordano-palestinienne, Cherien Dabis raconte dans All That’s Left of You, à travers le destin d’une famille palestinienne de 1948 à 2022, l’histoire de tout un peuple. Dans la dernière partie du récit. elle part de l’idée que la vie d’un Palestinien aurait moins de valeur qu’une autre alors que la compassion ne devrait pas avoir de frontières. Son film est d’une magnifique amplitude narrative. Sans jamais être ouvertement politique, il s’avère d’une puissance inégalée dans le cinéma palestinien. S. G.

A lire: Cherien Dabis: «Les Arabes ont longtemps été déshumanisés par le cinéma»

«Black Dog», de Guan Hu

Primé à Cannes puis à Fribourg, Black Dog est un sidérant film de territoire situé dans la ville à l’ambiance postapocalyptique de Chixia, dans le désert de Gobi, alors qu’approchent les JO de Pékin 2008 et que le gouvernement chinois a lancé une campagne de modernisation du pays. Centré sur l’amitié entre un jeune homme sortant de prison et un chien errant tout en multipliant les intrigues, Black Dog entremêle drame social, film de mafia et comédie noire pour poser un regard sans concession sur les exclus du «miracle» économique chinois. S. G.

Lire aussi: Entre désert et meute de chiens errants, «Black Dog» de Guan Hu, dans les marges de la réussite chinoise

«Comme le feu», de Philippe Lesage

Cette quatrième fiction d’un cinéaste québécois jusqu’ici ignoré par nos circuits de distribution officiels est une révélation. On y suit le séjour piégeux d’un jeune homme invité avec des amis dans la maison au fond des bois d’un grand réalisateur de documentaires. Derrière la bonne humeur affichée grondent de sourdes rivalités, tandis que la nature sauvage comporte ses propres dangers, le tout formant un cruel récit d’apprentissage. D’une maîtrise formelle digne des plus grands, un film aussi hypnotique que profond. N. C.

Lire aussi: «Comme le feu», retrouvailles au fond de la forêt canadienne

«Dossier 137», de Dominik Moll

Trois ans après La Nuit du 12, brillant polar sur un féminicide non résolu, Dominik Moll s’est infiltré au sein de l’IGPN, dite «police des polices». Dans Dossier 137, Léa Drucker incarne une enquêtrice devant déterminer si un tir de flash-ball ayant gravement blessé un ado durant une manifestation des Gilets jaunes était justifié. Passionnant dans sa manière hitchcockienne de montrer comment reconstituer des faits et posant de vraies questions sur la justice et les rapports de force, le 8e long métrage du cinéaste franco-allemand est une leçon de cinéma. S. G.

Rencontre: Dominik Moll: «Le mouvement des Gilets jaunes fait partie de l’histoire de la France»

«En première ligne», de Petra Volpe

A l’heure des coupes budgétaires dans la santé, de la pénurie de médecins, et surtout d’infirmiers et infirmières, celles et ceux qui sont En première ligne, l’Argovienne livre un récit sous haute tension racontant une nuit de garde d’une professionnelle de la santé. Elaboré comme une véritable chorégraphie, son film est construit comme un thriller, constamment dans l’action, avec au-delà de sa rigueur formelle une indéniable dimension documentaire. Ce qui lui permet d’éviter l’écueil d’une approche mélodramatique cherchant uniquement l’émotion. On n’en ressort pas moins profondément bouleversé. S. G.

Lire aussi: Petra Volpe, réalisatrice d'«En première ligne»: «S’il n’y a pas assez d’infirmières pour pratiquer les soins, vous pouvez mourir»

«Fuori», de Mario Martone

Cinéaste en état de grâce depuis Nostalgia et son retour sur sa ville de Naples, Martone magnifie cette fois Rome dans cette évocation de l’écrivaine Goliarda Sapienza (1924-1996). Centré sur une relation d’amitié amoureuse avec une mystérieuse jeune femme, il raconte la révélation quasiment «pasolinienne» qu’aura constituée son expérience de la prison, en 1980. A peine un biopic, ce film vibre toujours dans l’instant présent grâce à sa mise en scène inspirée et à ses fabuleuses comédiennes, Valeria Golino et Matilda De Angelis. N. C.

Lire aussi: «Fuori», de la prison comme d’une libération

«Queer», de Luca Guadagnino

Cette adaptation du premier roman «impubliable» du sulfureux auteur beat William Burroughs n’est certes pas pour toutes les sensibilités. Mais elle prouve qu’à cinéaste talentueux, rien d’impossible. L’évocation largement autobiographique d’un homosexuel alcoolique et drogué, exilé à Mexico dans les années 1950, de son amour fou pour un beau jeune homme et de leur quête d’une mythique plante hallucinogène en Equateur se transforme en un véritable trip cosmique. Même la performance de Daniel Craig est hallucinante. N. C.

Lire aussi: «Queer»: William S. Burroughs revisité et magnifié par Luca Guadagnino

«Un Simple Accident», de Jafar Panahi

A-t-on le droit de répondre à la violence par la violence? Face à l’obscurantisme et à la dictature, la vengeance est-elle une solution? Immense cinéaste iranien, Jafar Panahi a reçu pour Un Simple Accident la Palme d’or du Festival de Cannes, lui qui avait déjà remporté un Léopard à Locarno, un Lion à Venise et un Ours à Berlin. A travers l’histoire d’un garagiste kidnappant un homme qu’il pense reconnaître comme son tortionnaire au sein de la police des mœurs, le réalisateur de Taxi Téhéran, maintes fois arrêté et emprisonné et encore récemment condamné, signe un très grand film politique mené sur un mode tragicomique. S. G.

Lire aussi: Jafar Panahi, Palme d’or pour «Un Simple Accident»: «C’est un film pour l’Iran de l’après-République islamique»

«Valeur sentimentale», de Joachim Trier

Le sacre de Joachim Trier via un Grand Prix du jury à Cannes est venu couronner une formidable «année norvégienne» également marquée par la Trilogie d’Oslo de Dag Johan Haugerud. L’auteur d’Oslo, 31 août et Julie (en 12 chapitres) confirme ici tout son talent et sa sensibilité à travers une histoire familiale complexe, centrée sur un vieux réalisateur, ses deux filles et la maison pleine de souvenirs qu’ils quittent. Une réflexion bouleversante, aux échos bergmaniens, sur l’interpénétration de l’art et de la vie. N. C.

L'autre film de la semaine: «Valeur sentimentale», un art pour dépasser les traumas familiaux

«Vermiglio», de Maura Delpero

Cette chronique villageoise située à la fin de la Deuxième Guerre mondiale dans les montagnes du Trentin se fonde sur une quête par la cinéaste de ses origines. On y trouve bien une histoire d’amour malheureuse entre une fille d’instituteur et un déserteur sicilien, mais le projet est bien plus vaste: nous plonger dans un autre temps, faire revivre ses coutumes et ses valeurs. Le résultat est la plus belle réussite dans le genre depuis L’Arbre aux sabots d’Ermanno Olmi, avec un point de vue clairement féminin. N. C.

Lire aussi: «Vermiglio», une sublime chronique familiale dans les Alpes italiennes

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