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Les organismes qui soutiennent les parents en vue de la prochaine rentrée scolaire constatent une hausse des demandes d’aide, et ce, partout au Québec. Une nouvelle conséquence de l’augmentation du coût de la vie et du manque de financement du milieu communautaire, selon deux d’entre eux.
Dans le gymnase de l’école Charles-Bruneau, à Montréal, une trentaine de bénévoles emballent des fournitures scolaires multicolores, jeudi matin. Ils s’activent dans le cadre de l’Opération Sac à dos, qui distribue du matériel, des boîtes à lunch et des sacs à 12 000 enfants au Québec.
Le fait d’avoir un emploi ne garantit plus d’être capable de payer les fournitures scolaires de son enfant, explique en marge de l’opération Anne-Marie Éthier, la directrice générale du Regroupement Partage, qui est à l’origine de l’initiative. Les besoins de la population changent, fait-elle remarquer. En 2020, seules 21 % des familles soutenues avaient des revenus d’emploi. L’année dernière, cette proportion est montée à 48 %. Mme Éthier ajoute que « 60 % des familles qui participent à l’Opération Sac à dos y participaient pour la première fois » cette année. « Il y a un basculement de la classe moyenne qui n’arrive pas à sortir la tête de l’eau, qui tombe vraiment dans la pauvreté. »
« Entre vous et moi, si [des parents] n’ont pas les moyens de se payer l’épicerie, ont-ils les moyens de se payer un sac à dos pour l’enfant ? La réponse, c’est non », résume quant à elle Francine Laplante, fondatrice de la Marraine étoilée, dont l’une des missions principales est également la distribution de fournitures scolaires aux familles. Sur le terrain depuis cinq ans avec cet objectif, elle soutient que ce n’est pas seulement un cliché de dire que la pauvreté change de visage.
Le nombre de sacs fournis double presque chaque année, explique-t-elle au téléphone. En 2022, son équipe a préparé 550 sacs. Cette année, 3300 sacs étaient prévus, un nombre qui a rapidement revu à la hausse. « Lundi, on était rendu à 4000 sacs attribués aux écoles ou aux organismes. » Selon Mme Laplante, les besoins ont doublé ou triplé en un an dans plusieurs régions du Québec, dont certaines la surprennent. La Montérégie et les Hautes-Laurentides sont citées par la fondatrice. « Tout change. Il y a des besoins partout, partout, partout. »
« Un plaster sur un bobo »
Ainsi, Anne-Marie Éthier plaide pour des changements sociétaux majeurs, des programmes structurants. « On répond toujours aux urgences avec des mesures d’urgence. Pour changer durablement les choses, ça prend des politiques qui ont des visions à long terme. » Celle qui travaille depuis huit ans pour le Regroupement Partage déplore le sous-financement chronique du milieu communautaire.
De son côté, Francine Laplante souligne qu’une réduction de la bureaucratie permettrait d’aider plus rapidement les gens dans le besoin. Elle se dit consciente de la portée restreinte des organismes, ne pouvant pas aider tout le monde. « On met un peu un plaster sur un bobo, mais, pour moi, le plaster est important, parce qu’il donne de l’estime à l’enfant. »
Même son de cloche pour Mme Éthier, selon qui les seules inquiétudes d’un enfant à sa rentrée scolaire devraient être « est-ce que mes amis vont être dans ma classe ? » ou « qui va être mon professeur ? ». « Il ne faudrait pas qu’à la rentrée scolaire, les enfants aient à mettre sur la place publique qu’ils vivent de la pauvreté. »
Une dignité pour l’enfant
Anne-Marie Éthier souligne l’importance pour l’enfant qui vit dans un contexte défavorisé d’avoir du choix et du neuf lorsqu’il acquiert un sac à dos. Elle mentionne avoir des frissons en voyant des enfants indécis, des étoiles dans les yeux, devant tous les différents sacs à dos. Ils vivent la même expérience que n’importe quel enfant à la rentrée scolaire, dit-elle. « L’école, c’est tellement important. […] On veut que tout le monde puisse avoir la même chance. »
Abondant dans ce sens, Francine Laplante ajoute à cela l’effet positif sur les professeurs. Que tous les élèves dans une classe aient les bons outils simplifie leur travail, selon elle. « On peut faciliter un peu la tâche de tout le monde et enlever un poids sur les épaules des parents. »


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