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Les défis de la Gaspésie–Les Îles au jour 1 de la campagne

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Démographie, immigration, environnement, coût de la vie, transport : la péninsule gaspésienne et l’archipel madelinot n’échappent pas aux grands enjeux qui traversent le Québec. Certains, par contre, y prennent une acuité particulière.

Les candidats auront le choix des engagements... et les élus du 5 octobre, beaucoup de pain sur la planche.

Sur les blocs de départ

Seuls la Coalition avenir Québec et le Parti québécois présentaient avant jeudi matin des candidats dans les quatre circonscriptions de la région, soit Matane-Matapédia-Mitis, Bonaventure, Gaspé et Îles-de-la-Madeleine.

Il manquait toujours un candidat de QS et du PLQ dans Matane-Matapédia-Mitis. Québec solidaire comme le Parti libéral du Québec ont tous deux annoncé le nom de leur candidat tout juste avant le lancement officiel de la campagne. L'équipe de QS est donc complète.

Les libéraux n’ont pas encore annoncé de candidature dans Gaspé, tandis que les conservateurs d’Éric Duhaime ont un candidat dans Bonaventure, mais personne dans les autres circonscriptions.

La période de mise en candidature se termine le 17 septembre à 14 h. Élections Québec diffusera la liste officielle des candidats deux semaines avant le scrutin.

La démographie

Si le Québec vieillit, la Gaspésie vieillit à grande vitesse. Déjà, plus de 30 % de sa population est âgée de 65 ans et plus. Les naissances ne comblent pas les décès et le ralentissement de l’immigration la touche de plein fouet.

De ce déclin démographique découlent d’innombrables défis.

La caméra montre en gros plan les mains d'une personne âgée qui s'affaire à une table.

Dans le village de Grande-Vallée, en Gaspésie, les 65 ans et plus comptent pour plus du quart de la population. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Ainsi, les limites électorales des circonscriptions de Matane-Matapédia-Mitis, Bonaventure, Gaspé ont bien failli être bousculées afin de les fusionner et de les réduire à deux circonscriptions.

En adoptant le 12 juin dernier une loi qui fait passer le nombre de circonscriptions de 125 à 127, l’Assemblée nationale a temporairement réglé le problème de la représentation électorale.

Si la voix de la région demeure intacte au salon bleu, la prochaine députation devra défendre d’autres droits acquis qui s’étiolent en raison de la décroissance et du vieillissement de la population dans un vaste territoire peu densifié et peu urbanisé.

Arrivent, au premier rang, les soins de santé. Les hôpitaux peinent à maintenir des services de base pour les familles, comme celui de l’obstétrique.

Ainsi à Sainte-Anne-des-Monts, au début août, l’hôpital comptait 57 jours sans salle d’accouchement en raison d’un manque d’infirmières formées. Le petit nombre d’accouchements vient compromettre le maintien comme le développement de l’expertise nécessaire.

Un médecin écrit sur un papier.

L'accès à un médecin de famille reste difficile, notamment en Haute-Gaspésie. (Photo d'archives)

Photo : getty images/istockphoto / Motortion

Les personnes vieillissantes sont aussi confrontées à l’accès à des soins de santé de plus en plus loin de leur lieu de résidence. L'exemple de l’ophtalmologie en Haute-Gaspésie, où les patients doivent se déplacer jusqu’à Rimouski à deux heures de route, illustre bien le problème.

Des compressions budgétaires de Santé Québec, dénoncées par les syndicats, sont aussi venues compliquer l’accès aux soins dans la région.

Les bras qui manquent

Les établissements de santé se sont tournés au cours des dernières années vers la main-d’œuvre infirmière en provenance de l’étranger. Le resserrement des règles en immigration vient ébranler cette solution.

La santé n’est pas le seul domaine où l’immigration s’est avérée salvatrice pour la pérennité des services. Les étudiants immigrants ont été, ces dernières années, la planche de salut du Cégep de Matane et de celui de la Gaspésie-Les Îles. Leur présence a permis le maintien de plusieurs programmes techniques au profit des étudiants de la région.

Les travailleurs temporaires étrangers ont aussi contribué au maintien de commerces. À Cap-aux-Meules, leur départ entraîne la fermeture du Tim Horton le 5 septembre, le seul de la bannière aux Îles-de-la-Madeleine.

Deux infirmières à Sainte-Anne-des-Monts en 2023.

Une quinzaine d'infirmières en provenance de la Côte-d'Ivoire et de la République démocratique du Congo sont arrivées en 2023 en Gaspésie. Depuis, d'autres cohortes, en provenance de l'Afrique, ont aussi suivi. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Emma Guerrero

Toutes ces incertitudes sur l’immigration temporaire ou permanente jettent une ombre sur la nécessaire pérennisation des services de base, comme l’éducation et la santé, mais aussi sur le développement économique et le maintien des services de proximité, comme les épiceries ou les services de garde.

La région reste aussi marquée par des pénuries de professionnels comme les vétérinaires ou les dentistes, ce qui fragilise aussi ses services ou en diminue l'accès.

Économie et environnement

Dans une région déjà marquée par la dévitalisation, la hausse du prix des logements, leur rareté ainsi que l’augmentation du prix des aliments en épicerie ont des conséquences importantes sur les ménages qui dépendent des rentes gouvernementales ou qui vivent avec de petits salaires.

La pêche et le bois restent des secteurs importants, la guerre tarifaire avec les États-Unis a aussi ses impacts, d’autant plus que ces deux secteurs sont touchés par des problématiques environnementales.

Une photo de bébés caribous, dans un enclos.

Des faons en captivité en 2025. (Photos d'archives)

Photo : Associated Press / Gracieuseté : Tommy Doucet (MELCCFP)

La protection du caribou montagnard impose des mesures dont les conséquences sur l’industrie forestière se mesurent par des pertes d’emploi aux usines de Damabois en Haute-Gaspésie. Les compensations promises ne sont jamais venues, au grand dam des élus municipaux qui attendent toujours un plan de protection complet.

En attendant, la majorité des caribous vivent en enclos.

De même, l'effondrement de la pêche de la crevette nordique, du turbot, du hareng de printemps, n’a pas été suivi de plans d’aide à la réorientation, pendant que les promesses de l’exploitation du sébaste se font attendre.

Gaspé mise maintenant sur le développement de la construction navale pour diversifier l’économie de la péninsule.

Une mine en projet

Pour le moment, le dossier de l’heure pour relancer l'économie régionale est sans doute la possible relance de l’exploitation de la mine de cuivre de Murdochville. Autant le projet fait rêver, autant il soulève des questions au fur et à mesure qu’il se précise.

Pour reprendre la production, Osisko devra procéder au dénoyage de la mine et faire écouler durant deux à trois ans les 35 millions de mètres cubes d’eau qui se sont accumulés dans la fosse Copper dans un ruisseau affluent de la rivière York, une des trois rivières à saumon de la baie de Gaspé.

Les études sont toujours en cours pour établir comment procéder.

Des citoyens dans uen salles à Murdochville.

Assemblée citoyenne de Métaux Osisko à Murdochville en avril 2026. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

De plus, Osisko, qui gère le projet, a fait savoir au printemps qu’elle pourrait exproprier une partie importante de la ville, sinon toute la ville.

Parallèlement, Murdochville, dont les derniers états financiers étaient déficitaires, doit investir d’importantes sommes pour refaire ses infrastructures, comme l’aqueduc et l’égout. Pour l’instant, le potentiel minier laisse croire à une reprise des opérations en 2032.

La grande vague

Enfin, il est impossible de ne pas parler d’environnement dans la péninsule et dans l’archipel sans référer aux nombreux dossiers générés par l’érosion des berges et la submersion côtière.

Que ce soit à Matane, à Sainte-Anne-des-Monts, à Gaspé, à Percé, à Maria, à Cap-aux-Meules, des maisons doivent être déménagées, des infrastructures comme les routes, les puits ou les égouts sont menacées. Des choix déchirants, des investissements coûteux sont à venir.

La rue des Tournepierres, inondée.

Des inondations survenues à Maria, le 27 novembre 2023. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Par ailleus, la patience des Gaspésiens n’a peut-être d’égale que leur ténacité. Il leur aura fallu 15 ans pour le retour du train de passagers en Gaspésie.

À l’arrêt depuis 2013, VIA Rail, qui ne souhaitait reprendre le service qu’une fois l’ensemble du réseau restauré, a finalement cédé et promet de faire la route, de jour, jusqu’à New Carlisle en 2028.

Quant au chantier de réhabilitation du chemin de fer jusqu’à Gaspé, Québec n’a plus de date précise pour la fin des travaux suspendus depuis l’an dernier. Le chantier du dernier tronçon a par contre repris au cours de l’été.

D'autres dossiers, comme le transport aérien régional ou celui plus local, de la réorganisation scolaire dans la Matapédia et la Matanie dans la foulée de la réduction du budget du CSS des Monts et Marées feront peut-être l'objet d'intérêt de cette campagne. Serviront-ils de moment de réflexion sur les solutions à venir?

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