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Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie, Michel Brien, réclame que le secteur agricole devienne une priorité économique pour le prochain député de Richmond. Il affirme que le Québec est loin d'avoir atteint son plein potentiel de production.
Michel Brien rappelle qu’une grande partie de la production agricole est transformée au Québec et qu’une augmentation de la production pourrait donc également profiter à l’industrie de la transformation.
Au Québec, on produit peut-être 50 % des besoins au niveau de l’agneau, du bœuf. Il y a vraiment de la place pour développer l’agriculture.
Mais produire davantage n’est pas simple pour les agriculteurs. À l’Agneau Maraîcher, l’entreprise a notamment choisi de diversifier ses productions. Selon le président de l’UPA Estrie, cette stratégie permet de diminuer les risques, mais elle peut aussi rendre les producteurs moins performants.

À l’Agneau Maraîcher, l’entreprise a notamment choisi de diversifier ses productions
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
Il estime qu’il faut plutôt améliorer les programmes d’assurance-récolte et d’assurance-stabilisation des revenus pour mieux protéger les producteurs lorsque les prix d’une production chutent.
S’il n’y a pas un bon programme de soutien lorsque arrivent, par exemple, des mauvais prix dans une production, ça fait en sorte que le producteur perd tout.
La relève, un casse-tête
L’accès à la propriété demeure toutefois l’un des principaux problèmes pour la relève agricole. La valeur des fermes et des terres a fortement augmenté, ce qui rend les ventes particulièrement difficiles. Les valeurs ont explosé, résume M. Brien.
Il estime qu’il faut notamment intervenir sur le plan fiscal pour permettre aux propriétaires de faciliter le transfert de leur entreprise à la relève. Les cédants peuvent vouloir aider les jeunes à prendre leur place, mais sont eux-mêmes confrontés à une importante facture fiscale lorsque la ferme est transférée à sa valeur marchande.
L’UPA Estrie demande donc de meilleures conditions de financement, notamment des taux d’intérêt plus bas et des périodes d’emprunt plus longues.

L'Union des producteurs agricoles de l'Estrie demande de meilleures conditions de financement.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
C’est vraiment d’aider au financement des producteurs actuels et des producteurs au niveau de la relève, affirme Michel Brien.
Des solutions différentes selon les partis
Le candidat du Parti québécois dans Richmond, Bernard Sévigny, reconnaît l’importance de la relève agricole. Il souligne que les solutions doivent être élaborées avec les producteurs et tenir compte des particularités de l’Estrie.
Le meilleur rôle d’un député, c’est d’être au fait des problématiques de la vie réelle auxquelles les producteurs sont confrontés.
Selon Monsieur Sévigny, les transferts de fermes comportent notamment des enjeux fiscaux qui relèvent des deux paliers de gouvernement.

Selon Monsieur Sévigny, les transferts de fermes comportent notamment des enjeux fiscaux qui relèvent des deux paliers de gouvernement. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le candidat libéral Hugo Fontaine juge lui aussi que la situation de la relève est préoccupante. Il rappelle que le problème était déjà soulevé il y a 10 ou 15 ans, lorsqu’il travaillait comme journaliste.
Malheureusement, la situation s’est empirée. Donc, il est urgent d’agir.
Le Parti libéral propose notamment de revoir les règles fiscales et les programmes de financement pour faciliter le transfert des fermes. Hugo Fontaine affirme que l’intérêt des jeunes pour l’agriculture est bien présent, mais que ceux-ci doivent avoir les moyens d’acheter une ferme.

Hugo Fontaine affirme que l’intérêt des jeunes pour l’agriculture est bien présent, mais que ceux-ci doivent avoir les moyens d’acheter une ferme.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
De son côté, le candidat de Québec solidaire, David Poulin-Latulippe, propose une intervention plus importante de l’État. Il suggère notamment que le gouvernement achète des terres ou des productions agricoles avant de les revendre à la relève à moindre coût.
Ça deviendrait comme une propriété publique. Ça serait revendu moins cher à des taux d’intérêt raisonnables pour assurer une relève.
Il estime que cette solution permettrait à de jeunes agriculteurs qui n’en ont pas les moyens de devenir propriétaires.

Le candidat de Québec solidaire, David Poulin-Latulippe, propose une intervention plus importante de l’État.
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
Le candidat de la Coalition avenir Québec, Guillaume Rousseau, s’est également prononcé en faveur d’un soutien accru à la relève, notamment par le financement des jeunes producteurs. Il souhaite aussi maintenir la gestion de l’offre et poursuivre certaines mesures de soutien aux agriculteurs. Il souligne que les investissements pour les producteurs agricoles ont augmenté depuis 2018.
L'idée c'est de continuer, mais en même temps d'en faire plus.

Le candidat de la Coalition avenir Québec, Guillaume Rousseau, s’est également prononcé en faveur d’un soutien accru à la relève agricole.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Le candidat conservateur Dominic Bouffard n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.


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