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Politique 02/07/2026 13:00 Actualisé le 02/07/2026 13:03
Le calendrier retenu par Emmanuel Macron, avec un second tour le 2 mai, lendemain de la Fête des travailleurs, suscite bon nombre de critiques. Pourtant…

BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP
Les dates de la présidentielle font polémique, mais Macron avait-il vraiment d’autres options ?
EN BREF • Les dates de la présidentielle 2027, avec un second tour le 2 mai, suscitent des critiques, notamment de la part de Bruno Retailleau et Sébastien Chenu, qui dénoncent une « stratégie du chaos ».
• Les syndicats, eux, craignent que le calendrier n’invisibilise les revendications des travailleurs, le second tour tombant juste après le 1er mai.
• En réalité, Emmanuel Macron avait peu d’options, la Constitution imposant des délais précis. Le choix retenu vise à maximiser la participation et à réduire le délai entre la présidentielle et les législatives.
Pas franchement le choix du roi. À peine dévoilées, les dates de l’élection présidentielle 2027 suscitent déjà une polémique. Le premier tour aura lieu le 18 avril 2027 et le second le 2 mai, au lendemain de la Fête des travailleurs. Un timing qui ulcère plusieurs responsables politiques, à droite de l’échiquier surtout, mais également certaines organisations syndicales.
Bruno Retailleau, par exemple, s’est dit « en colère », mercredi, contre ce qui s’apparente selon lui à une « stratégie du chaos ». Sur cette ligne, Sébastien Chenu regrette lui aussi une forme de « petite manœuvre » qui permettrait à la gauche de s’offrir un dernier baroud à la veille d’un vote crucial par essence. À l’inverse, Ségolène Royal, finaliste de la présidentielle 2007, estime, elle, que ce calendrier peut être préjudiciable à son camp en cas de débordements, de violences, ou d’images peu glorieuses.
Dans ce concert de critiques, certains syndicats regrettent de leur côté un choix qui risque « d’invisibiliser » les combats des travailleurs. « La présidentielle est un moment important où les revendications des salariés peuvent être entendues. Le second tour au lendemain du 1er mai c’est attaquer leur journée », déplore par exemple Thomas Vacheron, secrétaire confédéral à la CGT, auprès de Libération. Bref, l’option retenue par Emmanuel Macron est très loin de faire l’unanimité. Mais pouvait-il faire autrement ?
« Deux mauvais choix à disposition »
À en croire la présidente de l’Assemblée nationale, la porte-parole du gouvernement, et plusieurs soutiens de l’exécutif, pas tellement. « L’Élysée a choisi la moins mauvaise des solutions », a ainsi expliqué Yaël Braun-Pivet, ce jeudi 2 juillet sur RTL, en insistant sur le fait qu’il n’y avait que « deux mauvais choix à disposition ». C’est assez vrai.
Concrètement, la Constitution impose que le scrutin présidentiel se tienne 20 à 35 jours avant la fin du quinquennat actuel. Emmanuel Macron ayant commencé sa seconde présidence le 14 mai 2022, deux options étaient donc possibles : les 11 et 25 avril ou les 18 avril et 2 mai. Aucune solution n’est idéale, les vacances scolaires de printemps s’étalant, selon les zones, du 3 avril au 2 mai.
Ainsi, l’option retenue (après consultation des partis) permet de placer le tour décisif, entre les deux candidats finalistes, un dimanche où deux zones sur trois ne seront plus en congés et où « la troisième reviendra de vacances », justifie un proche d’Emmanuel Macron, cité par l’AFP, estimant qu’il s’agit du « moment où on peut espérer le plus de participation ». Ce calendrier permet aussi de raccourcir au maximum le temps qui s’écoulera entre ce vote et la prise de fonction du vainqueur, autour du 13-14 mai, plaide-t-il.
L’autre avantage de cette option
Dès lors, le choix fait par le président de la République revêt un autre avantage : il permet de réduire le délai entre l’élection présidentielle et les législatives que le nouveau locataire de l’Élysée pourra convoquer. De quoi permettre à l’heureux élu de compter sur l’effet de souffle de son élection et maximiser ainsi les chances de disposer d’une majorité à sa main à l’Assemblée nationale.
La Constitution impose effectivement que les élections législatives interviennent « vingt jours au moins et quarante jours au plus » après la décision de dissoudre. Si le nouveau chef de l’État décide la dissolution de l’Assemblée le jour de son entrée en fonction, mi-mai, ce scrutin pourra donc être organisé début juin. Soit un mois après le second tour de la présidentielle, contre presque deux mois si Emmanuel Macron avait retenu les dates du 11 et 25 avril.
On imagine donc aisément les critiques qui auraient pu être faites au président de la République s’il avait choisi le calendrier plus précoce. Ses adversaires ne se seraient pas privés de dénoncer un choix politique visant à mettre des bâtons dans les roues de son successeur. « Certains auraient pu soupçonner l’exécutif de tout mettre en œuvre pour empêcher un parti de décrocher une majorité malgré l’accession de ce dernier à l’Élysée », résume le constitutionnaliste Benjamin Morel dans les colonnes du Monde. En somme, la polémique était inévitable.


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