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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait faire face à davantage de ravageurs forestiers dans les prochaines années. Une étude publiée dans la revue Global Changes Bio Communications révèle que les changements climatiques modifient l’aire de répartition et les conditions de vie de huit insectes.
L'auteur principal de cet article, le chercheur en écologie forestière chez Ressources naturelles Canada, Yan Boulanger, explique que l'aire de répartition de l'agrile du frêne, notamment, s'élargit vers le Nord, avec les années.
C’est une espèce qui est très sensible aux températures extrêmes froides durant l’hiver, a indiqué le chercheur en entrevue. En raison des changements climatiques, ces extrêmes froids-là deviennent de moins en moins extrêmes, et donc la limite nordique de cette espèce-là est beaucoup moins située au sud qu’elle ne l’était avant.

Yan Boulanger est chercheur en écologie forestière à Ressources naturelles Canada.
Photo : Radio-Canada / Anne-Sophie Roy
L’agrile du frêne pourrait donc davantage proliférer au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
On peut voir justement que l’espèce, ou du moins les conditions climatiques qui lui sont favorables, migrent elles aussi de plus en plus vers le nord, a ajouté Yan Boulanger. Ce qui fait en sorte que même le Saguenay–Lac-Saint-Jean a maintenant enregistré certaines occurrences d'agrile, ou du moins, ça va se faire dans les prochaines années très certainement, puisque les conditions climatiques sont devenues favorables à l'espèce.
Tordeuse des bourgeons de l’épinette
L'aire de répartition de la tordeuse des bourgeons de l'épinette s'élargit aussi vers le Nord. Cet insecte est toutefois déjà bien établi au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
On se rend compte que, depuis les années 1950, en raison de l'augmentation des températures, son enveloppe climatique a migré d'au moins 300 kilomètres au nord, a précisé Yan Boulanger. Depuis les 75 dernières années. C'est énorme. Les conséquences sont donc déjà visibles sur le territoire.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette s'attaque principalement aux aiguilles du sapin baumier et de l’épinette blanche.
Photo : Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies
Même si les insectes s’adaptent somme toute assez rapidement aux changements climatiques, ce n’est pas nécessairement le cas pour les arbres, selon le chercheur en écologie forestière chez Ressources naturelles Canada.
Ce qu'on pourrait observer au Lac-Saint-Jean en termes de changement d'espèces d'arbres, c'est plus des changements dans les proportions des espèces déjà présentes, a souligné Yan Boulanger. Si, par exemple, il y a plus de feux de forêt, on pourrait s'attendre à ce qu'il y ait plus de trembles sur le territoire ou d'autres essences favorisées par les feux de forêt, alors que d'autres seront moins abondantes.
L’érable rouge et le chêne sont aussi des espèces d’arbres qui pourraient être davantage présentes dans le futur.
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