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Et si un champignon hallucinogène pouvait lutter contre les mécanismes qui entretiennent l'anorexie? C'est l'hypothèse explorée par une équipe de chercheurs de l'Imperial College de Londres dans un essai clinique. Les résultats, publiés dans The British Journal of Psychiatry et relayés par le Smithsonian Magazine, sont encourageants.
L'essai a porté sur vingt-et-une femmes souffrant d'anorexie depuis onze ans en moyenne. Les traitements précédents n'avaient pas fonctionné sur le long terme, raison pour laquelle elles ont souhaité tester la substance psychédélique. Pendant six semaines, elles ont reçu différentes doses de psilocybine –une substance psychédélique présente dans les champignons hallucinogènes qui produit des effets similaires à ceux du LSD. Le traitement a été associé à un accompagnement psychologique intensif.
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À la fin du traitement, dix-huit participantes ont vu une amélioration de leurs symptômes. Certaines reconnaissaient davantage la gravité de leur maladie, une étape importante dans le processus de guérison. Pour l'ensemble du groupe, les symptômes restaient moins importants un an plus tard. Pendant le suivi, plusieurs patientes ont goûté un aliment qu'elles s'interdisaient habituellement, constatant qu'il était possible de s'autoriser un plaisir alimentaire.
Cette expérience semble confirmer une hypothèse qui se répand dans la communauté des chercheurs: la psilocybine pourrait contribuer à assouplir les règles inflexibles auxquelles les malades s'astreignent dans leur alimentation et la pratique d'exercice physique. «En général, ces personnes ont une pensée très binaire», explique Jennifer Danby, thérapeute principale de l'essai. Les psychédéliques pourraient encourager une plus grande flexibilité cognitive et permettre aux patientes d'être plus réceptives au changement.
Trop tôt pour crier victoire
Cette piste s'appuie aussi sur des travaux menés sur des rats. En 2024, une étude a montré que la psilocybine facilitait les changements de comportement lorsque les règles associées à une récompense alimentaire changeaient.
Chez l'être humain, les preuves restent toutefois limitées. Pour cette nouvelle étude, il n'y avait ni placebo, ni groupe témoin. Difficile également de déterminer la part de ces améliorations attribuée à la psilocybine et celle liée aux quelque cinquante heures d'accompagnement thérapeutique dont ont bénéficié les patientes. L'échantillon de participantes (vingt-et-une personnes) est jugé, quant à lui, très restreint.
Une autre limite est pointée par les experts: l'indice de masse corporelle (IMC) des patientes a peu évolué au cours des six semaines de suivi. Si la reprise de poids n'était pas l'objectif principal de l'essai, elle reste essentielle pour vaincre la maladie.
Plusieurs mois après le traitement, une participante a tenté à deux reprises de se suicider. Le lien avec la psilocybine n'a pas été établi. «Même en prenant de la psilocybine, vous vous réveillez toujours dans un corps affaibli, avec d'énormes obstacles à surmonter», conclut Jennifer Danby. Une expérience psychédélique ne suffit donc pas à effacer la maladie.





























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