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Deux heures de rencontre publique sur les centres de données n’ont pas été suffisantes pour exposer toutes les inquiétudes des quelque 150 participants. Le rassemblement organisé par le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta se tenait mercredi soir à Red Deer.
Même à la fin de la rencontre, et après des dizaines de questions, des mains étaient encore levées pour soulever de nouvelles craintes.
Le participant Ian Meyer a deux inquiétudes principales : la consommation d’électricité et d’eau.
C’est clair que [les centres de données] vont mettre notre réseau électrique à rude épreuve, et nous payons déjà les tarifs les plus élevés au Canada, fait-il remarquer. Nous n’avons pas [non plus] des tonnes de surplus d’eau à pomper dans ces trucs. Nous devons penser à nos besoins en IA et au meilleur endroit où mettre ces centres.
Pollution, bruit, obsolescence...
Plusieurs autres participants soulèvent des craintes environnementales similaires, auxquelles s’ajoutent les émissions de gaz à effet de serre.
L’Alberta, qui pourrait accueillir 90 % des centres de données du Canada, attire les projets à cause de son abondance en gaz naturel. Plusieurs mégacentres de données, comme celui qui a été annoncé par Meta dans le comté de Sturgeon, s'accompagnent d’énormes centrales électriques au gaz naturel.

Le NPD de l'Alberta a organisé plusieurs rencontres publiques sur les centres de données avant que le gouvernement annonce ses propres réunions.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Des questions sont aussi soulevées autour de l’effet des infrasons émis par ces centres de données sur la santé. Certains participants s’interrogent également sur l’absence de plan pour la réhabilitation des terres alors que les progrès de l’intelligence artificielle (IA) font craindre une obsolescence rapide des centres de données.
Les interrogations sont à ce point nombreuses que le participant Matt Gould estime que le gouvernement provincial devrait instituer un moratoire sur l’approbation de nouveaux projets pour définir les critères d’acceptabilité.
Ralentissons, prenons le temps d’analyser [les informations] avant de s’engouffrer là-dedans.
L’absence d’évaluation systématique d’impact environnemental pose problème à plusieurs participants qui déplorent le manque de communication et de processus clair.

Rachel Sorenson multiplie les rencontres publiques pour faire entendre son opposition au mégacentre de données dans sa communauté de Olds.
Photo : Radio-Canada / Nick Brizuela
Nous vivons un stress inimaginable depuis huit mois, explique Rachel Sorenson, qui se bat contre un projet à Olds. L’entreprise Synapse a déposé une demande pour établir un centre de données de 1 gigawatt (GW) accompagné d’une centrale électrique au gaz naturel de 1,4 GW.
Ce projet est ridicule. C’est en face de nos maisons.
Un gouvernement pro-centre?
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux cette semaine, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a reconnu que la multiplication des projets a pu susciter des inquiétudes.
Elle promet toutefois que son gouvernement a étudié les problèmes soulevés aux États-Unis, par exemple pour élaborer une stratégie éliminant les risques pour les Albertains.
Au contraire, elle souligne que le projet de Meta apportera 250 millions de dollars de revenus par an et fera baisser les frais de transmission électrique des Albertains de 6 %.

Dans une vidéo, la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, répond à six grandes questions sur les projets de centres de données.
Photo : Facebook/Danielle Smith
De l'avis de la politologue à l’Université Mount Royal Lori Williams, le gouvernement conservateur uni tente de réparer les pots cassés avec cette vidéo.
Je pense que le gouvernement s’attendait à ce que [ces annonces] soient perçues comme de bonnes nouvelles. Ils ont mal jugé la réaction des Albertains, souligne-t-elle.
Elle ajoute que, combinée à d’autres enjeux en milieu rural, cette question pourrait amener certains électeurs à s’interroger sur la capacité d’écoute du gouvernement.
Le chef du NPD de l’Alberta, Naheed Nenshi, n’hésite pas à dire que la vidéo de Danielle Smith est un argumentaire de vente pour les centres de données. Il affirme que son parti utilisera plutôt les témoignages entendus pour bâtir sa politique dans les prochaines semaines.
Le gouvernement provincial tiendra ses propres rencontres publiques dès la semaine prochaine.


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