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Les intelligences artificielles génératives créent des images, produisent de la musique ou écrivent des poèmes qui peuvent émouvoir ou surprendre. Ce sont des outils formidables, mais qui suscitent des débats sans fin sur leur aptitude à créer ou non du nouveau. Autrement dit, sont-elles réellement créatives ou bien fondamentalement limitées aux recombinaisons des états latents engendrés par leur apprentissage ? Sont-elles capables de créer quelque chose d'inédit, d'inattendu, comme seul a priori un artiste en serait capable ?
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Voyons tout d'abord les arguments en faveur de leurs capacités créatives. Il est aujourd'hui indéniable que les IA génératives sont capables de créer des combinaisons originales ou inattendues à partir des données qui sont à leur disposition. Leur capacité d'exploration de cet univers des possibles est sans conteste ce qui en fait des outils intéressants pour tout créateur. S'il est assez fastidieux d'obtenir ce que l'on souhaite précisément, elles sont par contre efficaces pour inspirer de nouvelles idées, des ébauches que l'on peut ensuite développer, soit par des moyens plus classiques, soit en continuant avec l'IA, ou les deux.
Les IA génératives sont capables de créer des combinaisons originales ou inattendues à partir des données qui sont à leur disposition.
Nous pourrions à ce stade en conclure qu'une machine peut effectivement être créative. J'utilise pour ma part des algorithmes différents des réseaux de neurones trop gourmands en données et ressources : des algorithmes génétiques. Ceux-ci sont inspirés par l'évolution biologique et mêlent recombinaisons, mutations et sélection à partir d'une population initiale de données codées sous la forme de « génomes numériques ». Appelons cela la créativité algorithmique, pour simplifier. Voyons en à présent les limites.
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L'argument souvent avancé est que les IA sont limitées par les données de leur apprentissage et, de ce fait, elles ne peuvent générer que des recombinaisons d'éléments préexistants. Toutefois dans le cas des algorithmes génétiques, les mutations permettent d'aller au-delà des simples recombinaisons. Même si la combinatoire des possibilités est considérable, on doit admettre que ce nombre est intrinsèquement limité par principe. En outre, le mathématicien Kurt Gödel (1906-1978) a montré avec le théorème d'incomplétude, que certaines de ces combinaisons, pourtant tout à fait valides, ne pouvaient être obtenues. L'existence de ces « jardins d'Éden » diminuent encore sensiblement l'éventail des possibles.
Comment alors sortir les IA du carcan de leur apprentissage ?
La seule véritable solution résiderait à leur donner une ouverture sur le monde, une perception, une mémoire du vécu associée à un apprentissage continu. Si une machine peut créer du nouveau, elle n'est pas aujourd'hui capable d'intention artistique. C'est l'humain qui le fait, grâce à sa relation au monde, son histoire et sa culture. La créativité humaine va au-delà de la simple recombinaison d'informations : elle implique une intention, une émotion, une conscience de soi et du monde réel, et une capacité à donner du sens à ce qui n'existait pas auparavant.


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