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Les Brasseurs Belges contre-attaquent. Dans une lettre ouverte, ils supplient le gouvernement de revenir sur le durcissement prévu des règles relatives à la publicité pour l'alcool.
Bientôt, la mention "L'alcool nuit à la santé" devrait être inscrite sur toutes les publicités de boissons alcoolisées.
Que dit l'arrêté ?
Le 27 mars dernier, sur proposition du ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke, le Conseil des ministres a approuvé un projet d'arrêté royal relatif à la publicité concernant les boissons contenant de l'alcool.
Concrètement, le projet vise à interdire la publicité pour les boissons alcoolisées dans les médias principalement destinés aux mineurs (mais pas sur l'emballage), à introduire une interdiction d'offrir gratuitement des boissons alcoolisées, sauf lors de l'achat d'une boisson alcoolisée et lors de dégustations et à imposer l'obligation d'inclure le message d'avertissement sanitaire "l'alcool nuit à la santé" dans les publicités pour des boissons alcoolisées.
L'objectif pour le ministre de la santé : éviter que les jeunes soient exposés au marketing de l'alcool dès leur plus jeune âge.
La meilleure bière au monde n'est pas belgeLa fronde des Brasseurs Belges
L'association des brasseurs belges avait déjà pesté contre un manque de nuance. Ils reviennent à la charge avec un nouveau message. "Nous soutenons la lutte contre l'abus d'alcool", souligne l'association. "Mais nous pouvons également la mener sans clouer au pilori tout un secteur."
Pour le patron de cette association, Krishan Maudgal, l'intention du gouvernement est de "stigmatiser inutilement tout un secteur qui génère des investissements, des milliers d'emplois et favorise la cohésion sociale".
Dans leur lettre, c'est notamment ce qui est avancé. "Une terrasse qui se remplit dès les premiers rayons de soleil. Le comptoir d'un café après un match de foot. Une table où trois générations trinquent ensemble lors d'un anniversaire. Ce ne sont pas des moments néfastes. C'est ce que nous sommes. Et pourtant, notre pays semble soudain en avoir honte", pointe le communiqué.
Les brasseurs belges estiment qu'ils doivent défendre leur bière, un bien qui est reconnu par l'Unesco comme patrimoine culturel immatériel. "Alors que la France défend son vin comme patrimoine culturel et que l'Italie protège fièrement son jambon de Parme, la Belgique choisit de pointer du doigt sa propre tradition et sa fierté nationale."
Avant de terminer : "Un slogan qui suscite la culpabilité ne protège personne. Il stigmatise surtout ceux qui souhaitent simplement passer un bon moment ensemble. Protégez les mineurs. Luttez contre l'abus. Absolument. Mais ne vous en prenez pas à ce qui nous rassemble."
"Les promotions, c'est peut-être tout bénéfice pour le consommateur, mais cela va éliminer toute une série de brasseries"Quelles solutions ?
Maintenant que le contexte est donné, que faire entre les différentes parties ? Le secteur souhaite s'asseoir à la table des négociations avec le gouvernement pour discuter de mesures alternatives.
Pour prouver leur bonne foi, l'association démontre qu'elle a apporté son soutien à des campagnes comme BOB et souhaite rester "un partenaire constructif".
Reste à voir si le gouvernement l'entendra de cette oreille. En octobre 2025, le journal "De Tijd" évoquait encore la forte influence du lobby de l'alcool sur la politique de santé belge. Ce lobby exercerait systématiquement des pressions sur les ministres et les gouvernements et parviendrait à édulcorer les mesures prévues.
"Payer la bière 8 euros en sortie de brasserie, c'est devenu un non-sens"

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