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Les anti-loi fin de vie jettent leurs dernières forces dans la bataille avant une adoption prévue cette semaine

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Les députés doivent valider mercredi, pour la dernière fois, le texte créant un droit à mourir et légalisant une forme d’assistance au suicide.

Les anti-loi fin de vie jettent leurs dernières forces dans la bataille.

KIRAN RIDLEY / AFP

Les anti-loi fin de vie jettent leurs dernières forces dans la bataille.

Tribunes, recours, voire menaces : les opposants à la loi sur la fin de vie continuent de ferrailler, alors que le texte doit enfin aboutir au Parlement cette semaine. L’Assemblée nationale va se prononcer solennellement mercredi 15 juillet, lors d’un ultime vote, sur les mesures qui légalisent une forme d’assistance au suicide et, si le patient en est physiquement incapable, d’euthanasie.

Sauf grosse surprise, les députés devraient voter en faveur du texte qu’ils ont déjà approuvé fin juin dans une version identique. En cas d’issue positive, la loi sera définitivement adoptée, marquant ainsi la fin d’un très long parcours pour cette promesse phare d’Emmanuel Macron sur son second quinquennat. Il n’empêche, les opposants - souvent marqués à droite de l’échiquier politique - ne désarment pas.

Dimanche, une trentaine d’avocats, médecins, professeurs de droit ou de philosophie se sont encore fendus d’une tribune publiée dans Le JDD pour dénoncer la perte de « tout sens de l’humanité. » « Ce texte ne peut susciter l’esprit de fête que chez des personnes ayant perdu tout sens de l’humanité, de l’éthique et du sacré », écrivent ainsi les signataires, dont François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président du parti Les Républicains, principal force politique opposée au texte.

LR entre tribune et recours

Ils réagissent notamment à une rencontre, finalement reportée après une polémique, avec les membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie, initialement prévue le 15 juillet après le vote définitif de la loi. Selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, il s’agissait d’« échanger pour ce qui est finalement la fin d’un cycle qui a duré maintenant près de quatre ans pour la construction de cette loi ». Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a reconnu des « erreurs » dans sa communication, comme les mots « célébration » et « cocktail ».

« Telle est la France de 2026. Celle où célébrer la mort devient joyeux », jugent les signataires de la tribune, après que Bruno Retailleau, fer de lance de l’opposition, a déjà profité de la bourde du Cese pour fustiger les partisans du texte. Pour François-Xavier Bellamy et ses comparses, « nul ne devrait se réjouir qu’une courte majorité de parlementaires règle bientôt le scandale de l’accès défaillant aux soins palliatifs - moins d’un Français sur deux qui en aurait besoin, selon la Cour des comptes - par un accès aussi large à l’administration de la mort. »

Toujours chez Les Républicains, Gérard Larcher a annoncé la semaine dernière qu’il comptait déposer un recours pour contester la conformité du projet. En appelant le gouvernement à renoncer à son texte, le président du Sénat a indiqué que si celui-ci était adopté, il « saisirait le Conseil constitutionnel ». Une procédure relativement rare de la part de la Haute assemblée, qui devrait être appuyée par le soutien de 60 sénateurs LR ou centristes.

« Ce recours nous paraît indispensable. Les députés n’ont pas tenu compte un seul instant de nos remarques », dénonce ainsi Christine Bonfanti-Dossat (LR) auprès de Public Sénat, en évoquant « des points qui (nous) choquent profondément. On avait défendu une loi pour les gens qui vont mourir, là c’est une loi pour ceux qui veulent mourir, la différence est importante. » De fait, le Sénat a rejeté le texte à trois reprises.

Fillon sort de son silence, des religieux de leur réserve

Signe d’un moment significatif pour la droite, l’ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle François Fillon est sorti de son silence, ce week-end également, pour rappeler son opposition au texte et appeler le gouvernement à renoncer. Lui plaide pour renvoyer - une nouvelle fois - le débat à la prochaine campagne présidentielle.

« Dans le contexte politique actuel, l’exécutif ne dispose pas de la légitimité démocratique suffisante pour engager la Nation sur un sujet aussi grave et irréversible. Le président de la République s’honorerait en reportant l’examen de ce texte afin de laisser les Français trancher, en connaissance de cause, lors de l’élection présidentielle de 2027 », écrit-il sur les réseaux sociaux, semblant oublier les nombreuses heures de débat qui ont conduit à ce dernier vote mercredi, comme le soutien massif de l’opinion, exprimée sondage après sondage, pour le texte actuellement en débat.

Dans une étude menée par YouGov pour Le HuffPost début juin, 75 % des Français se disaient favorables à la création d’un droit à mourir, tel que prévu par les parlementaires. Une revendication exprimée de longue date, et qui ne s’est jamais démentie au fil des discussions.

Reste, au-delà de la droite dans la sphère politique, une hostilité au texte encore plus marquée du côté des organisations religieuses. Ainsi, l’évêque de Bayonne Marc Aillet a récemment donné une interview à France catholique dans laquelle il lance une forme d’avertissement aux parlementaires croyants : ceux qui « auront voté ce projet de loi doivent en peser les conséquences. S’ils sont conscients de cette incohérence, ils ne pourront plus communier. »

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