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Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Par Christophe Ayad et Guillaume Dasquié
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
Enquête« Sur la piste saoudienne des attentats du 11-Septembre » (3/4). Au début des années 1990, la rupture semble consommée entre Riyad et le chef d’Al-Qaida, contraint à l’exil alors qu’il s’opposait violemment à la présence militaire américaine en Arabie saoudite, durant la guerre du Golfe. Des documents du FBI et de la CIA montrent pourtant que, par la suite, le cordon n’a jamais été coupé entre certains cercles religieux du royaume et le groupe terroriste.
Trois ans avant les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis vivent, à distance, une répétition générale de ce qui les attend : attaques simultanées, terroristes kamikazes, cibles symboliques. Le 7 août 1998, des djihadistes d’Al-Qaida font exploser des camions piégés devant les ambassades des Etats-Unis de Nairobi, au Kenya, et de Dar es-Salaam, en Tanzanie. Le bilan est terrible : 224 morts, dont 12 Américains, des milliers de blessés. Pour l’opinion publique américaine, tout cela est encore lointain et nébuleux. Mais l’administration Clinton, elle, s’inquiète. Des frappes de représailles sont ordonnées, fin août 1998, en Afghanistan, où l’organisation terroriste dispose de camps d’entraînement. Son chef, le Saoudien Oussama Ben Laden, en réchappe de peu.
Le 24 septembre 1998, le président Bill Clinton reçoit le prince héritier Abdallah, régent de l’Arabie saoudite, à la Maison Blanche. La veille, il réceptionne un mémorandum détaillé de son conseiller à la sécurité nationale, Sandy Berger, sur les thèmes qu’il va aborder avec le représentant du royaume. Le sort de Ben Laden en fait partie. « En ce qui concerne Oussama Ben Laden, nous avons insisté auprès des Saoudiens pour qu’ils coopèrent avec nous afin de mettre un terme à ses activités et à ses transactions financières », peut-on lire dans le mémo déclassifié et archivé à la bibliothèque Bill Clinton.
Le prince héritier Abdallah, régent de l’Arabie saoudite, et le président américain Bill Clinton, à la Maison Blanche, le 24 septembre 1998. Sandy Berger poursuit : « Bien que les responsables saoudiens affirment l’avoir totalement coupé des siens, certaines informations indiquent que Ben Laden continue d’avoir accès aux ressources de sa famille, et qu’un proche collaborateur, Madani Al-Tayyib [aussi connu sous le nom de Sayed Tayib al-Madani ou Abu Fadhl Al-Makkee, gestionnaire financier d’Al-Qaida dans les années 1990], vit dans la propriété des Ben Laden à Djedda. La famille est l’une des plus riches du royaume et entretient des liens étroits avec la famille royale. Jusqu’à présent, les Saoudiens (…) ont rejeté nos demandes visant à permettre à des enquêteurs américains de l’interroger en face à face. Cela reste nécessaire. »
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