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Les activités de plein air associées à moins de carcajous dans les Rocheuses

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Même une faible présence de skieurs, de raquetteurs ou de motoneigistes dans l’arrière-pays est associée à un nombre moins élevé de carcajous dans les Rocheuses canadiennes, explique une vaste étude menée par l’Université de Calgary et Parcs Canada.

Autrement dit, les loisirs hivernaux et les routes pèsent davantage sur le comportement de ce mammifère carnivore qu’on ne le croyait.

Depuis 2017, l’équipe de la chercheuse Mirjam Barrueto suit les carcajous sur un territoire de 80 000 kilomètres carrés, dans les chaînes Columbia et des Rocheuses, notamment dans le parc national Banff.

Un carcajou assis dans la neige, en Alberta.

L'Alberta abrite moins de 1000 carcajous, selon les estimations scientifiques.

Photo : Liam Cowan/WCS Canada

La qualité de l’habitat laissait croire que la région pouvait accueillir de 500 à 600 carcajous, alors que les chercheurs estiment plutôt qu’environ 300 y vivent.

Les activités récréatives ne sont pas aussi inoffensives que nous le pensions , affirme Mirjam Barrueto.

Les résultats de l'étude indiquent que le phénomène dépasse le simple détour de l'animal à l’approche d’un randonneur : plus les loisirs et les routes occupent le territoire, moins l’animal y est présent.

L’hiver accentue la pression

Les activités hivernales ont un effet plus marqué que celles pratiquées au cours de l'été, car la neige permet aux skieurs et aux motoneiges d’atteindre des secteurs qui, sans sentier, demeurent difficilement accessibles pendant la saison chaude.

Cette présence s'avère particulièrement éprouvante pour les carcajous femelles qui élèvent leurs petits en hiver. Lorsqu’elles sont dérangées, elles peuvent abandonner leurs réserves de nourriture ou consacrer leur énergie à éviter les humains.

L’étude établit aussi un lien entre la multiplication des routes et la diminution du nombre de femelles, une relation qui n’a pas été observée chez les mâles.

Un hall du campus de l'Université de Calgary.

L’étude de l'Université de Calgary établit un lien entre la multiplication des routes et la diminution du nombre de femelles.

Photo : Radio-Canada / Ose Irete/CBC

Des zones de tranquillité proposées

Selon des travaux antérieurs, le passage de quatre groupes en deux semaines peut mener des carcajous à délaisser un secteur.

Qu’il y ait 100 ou 1000 personnes par jour, les carcajous ont déjà déserté les lieux , résume la chercheuse.

La chercheuse Mirjam Barrueto propose de repérer les tanières et d’en interdire temporairement l’accès pendant les mois les plus sensibles. Elle recommande aussi de maintenir les visiteurs sur les sentiers existants, et d’éviter d’en aménager de nouveaux.

Jason Fisher, écologiste de la faune à l’Université de Victoria, juge les résultats préoccupants puisque la zone étudiée est en grande partie intacte et protégée. Selon lui, la chasse, le piégeage et les collisions routières doivent également être mieux encadrés, car cette population dispose de peu de marge pour absorber d’autres pertes.

D'après un texte  (nouvelle fenêtre)de Michelle McCann

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