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Léon XIV à l'Élysée : que Dieu bénisse la France et tous les Français !

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« Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je désire une fois encore vous exprimer ma gratitude pour cette rencontre qui, pour reprendre les paroles (…) prononcées par Votre Excellence aux évêques de France en 2018, souligne combien "une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et qu’un Président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir". Soyez assurés de ma fervente prière pour votre belle Nation. » (Léon XIV le 25 septembre 2026 à Paris).

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Les cloches de toutes les églises de France ont sonné ce vendredi 25 septembre 2026 à 10 heures. C'était pour honorer l'arrivée sur le sol français du pape Léon XIV. La première journée en France s'est déroulée comme prévu, c'est-à-dire, excellemment bien, reçu comme il se devait par le Président de la République Emmanuel Macron au Palais de l'Élysée.

C'était prévisible, vu toute la préparation depuis deux mois, mais il est remarquable de noter toute la ferveur du peuple de France à la rencontre du pape. Ce n'est pas si fréquent que cela qu'un pape est accueilli à Paris. Quatre fois en 220 ans ! La dernière venue du pape à Paris remonte aux 12 et 13 avril 2008, avec Benoît XVI, reçu par Nicolas Sarkozy à l'Élysée et accueilli sur l'esplanade des Invalides par 260 000 fidèles pour une messe. Et si l'on remonte plus loin, Jean-Paul II est venu à Paris du 21 au 24 août 1997 (aux XIIe Journées Mondiales de la Jeunesse), reçu par Jacques Chirac et accueilli par plus de 1 million de fidèles à l'hippodrome de Longchamp pour la messe de clôture, et une précédente visite du 30 mai au 2 juin 1980, reçu par Valéry Giscard d'Estaing et accueilli par une foule immense le 1er juin 1980 au Bourget pour une messe, qui était la première visite d'un pape en France depuis 1805. Le pape François avait refusé d'aller à Paris, même à la réouverture de Notre-Dame de Paris, pour se consacrer uniquement aux pays ou régions dans le monde qui avaient le plus besoin de sa présence.

Avant de continuer, évacuons les quelques polémiques inutiles (et stériles) qui seront oubliées après la visite pontificale. Non, Emmanuel Macron et Léon XIV n'ont pas refusé ce que l'autre voulait. Simplement, chacun était à sa place. C'était normal pour Emmanuel Macron de proposer une réception avec tout le faste qu'un pape mériterait. Et si Léon XIV l'a refusé (dîner d'État, par exemple), c'est justement parce qu'il était pape et qu'un pape vit avec piété et humilité, sans luxe, désormais sans luxe. Au-delà de l'image, il y a même une sorte d'exemplarité que le pape veut maintenir. Le pape François avait agi de la sorte en refusant l'invitation à célébrer la réouverture de Notre-Dame de Paris avec les puissants du monde. Certes, le pape est un chef d'État, mais un mini-chef d'État. Ce qui est le plus important, c'est le spirituel, et sans doute le pape, avec ses relais partout dans le monde, est le premier influenceur au monde. Sans besoin de réseaux sociaux. Du reste, la réception à l'Élysée a bien montré que le protocole était largement respecté et les deux hommes se sont bien appréciés. Leur première rencontre a eu lieu le 10 avril 2026 au Vatican au cours d'une audience personnelle.

La première journée de cette visite du pape a été une très grande réussite, d'abord sur l'organisation et la sécurité, ensuite sur l'objectif du voyage de Léon XIV. Son objectif, ce n'était pas de rencontrer les puissants, c'était de rencontrer les fidèles, les plus humbles des fidèles. La ferveur a été au rendez-vous. 300 000 fidèles ont attendu le pape au boulevard Saint-Michel, 80 000 jeunes étaient inscrits dès les premiers jours d'inscription pour assister à la veillée au Stade de France.

La ferveur serait-elle la même avec un autre pape ? Oui et non. Nous avons eu, avant lui, trois papes exceptionnels, très différents mais d'une exceptionnelle excellence : Jean-Paul II, Benoît XVI et le pape François. Succéder à eux relevait d'une mission impossible. Oui, le pape, par sa fonction, comme représentant de l'Église catholique, comme successeur de saint Pierre, suscite toujours une telle ferveur. Mais la personnalité de Léon XIV l'a renforcée.

Parce qu'il est encore très difficile de comprendre qui il est. Il y a donc de la curiosité de la rencontre, de la connaissance, et aussi une sorte préjugé favorable car ce pape sourit, sans ouvrir la bouche, il semble bienveillant, et il semble jeune. Il marche vite, il a un rythme soutenu (son agenda des quatre jours de voyage est absolument infernal) et il n'a pas hésité, au Stade de France, à braver les interdits de sécurité en faisant un bain de foule improvisé. Être au contact avec les fidèles. Incarner la communauté chrétienne.

Cette première journée a pu faire apparaître trois éléments : Léon XIV a l'esprit libre et audacieux, bienveillant et modeste ; Léon XIV, à 71 ans (qu'il vient d'avoir le 14 septembre), est un pape qui est vif, alerte, prêt à aller au contact ; enfin, et c'est le grand enseignement de cette journée, Léon XIV est un pape très politique et, l'air de rien, l'air de ne pas y faire, il a martelé un certain nombre de vérités qu'il pense essentielles, des messages (en particulier de paix) qui peuvent être mal compris dans une communauté internationale éclatée et troublée.
 

Dans son petit discours de bienvenue, le Président Emmanuel Macron lui a donc souhaité tous ses vœux de joie. Il a évoqué l'espérance de ses compatriotes à sa venue : « Confrontés souvent au spectacle des misères du monde, beaucoup de nos compatriotes ressentent, avec votre visite en France, une espérance. (…) Et vous voici pour un temps long que vous nous offrez et qui nous touche. ».

D'ailleurs, astucieux, le chef de l'État est allé au devant du message pontifical en parlant lui-même de paix : « La quête de la paix sur tous les fronts est une nécessité existentielle. (…) Il n'est personne en France, croyant ou non, qui puisse refuser de faire sienne cette quête. La paix est aussi cet horizon pour lequel nous œuvrons ensemble. Vous avez placé les premiers mois de votre pontificat sous le signe d'une paix désarmée et désarmante. Exigence qui prend une force particulière alors que la guerre meurtrit notre continent et que partout tensions et conflits ressurgissent. Exigence qui rappelle aussi que la paix est davantage que le silence des armes et qu'elle suppose justice, sécurité, respect des droits de l'homme, souveraineté des nations, et droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Et plus fondamentalement la capacité à reconnaître l'autre pour ce qu'il entend être. La France se tient du côté de la paix, du multilatéralisme d'action, du respect du droit international et de la charte des Nations Unies. Et nous nous y tenons partout, sans double standard, avec cohérence et constance, car une vie vaut une vie et tous les peuples sont à défendre. ».

La réponse du pape a été en français, avec un drôle d'accent, pas du tout américain mais je dirais un peu espagnol. Léon XIV, qui a rappelé ses origines familiales normandes et béarnaises, ne pouvait que se sentir à l'aise dans ce pays qu'il visitait pour la première fois, comme pape du moins.

Ce pape est politique et n'a pas peur de porter un message politique. Il a même eu la subtilité de citer Emmanuel Macron dans son important discours aux évêques de France prononcé le 9 avril 2018 au Collège des Bernardins : « Une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et un Président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir. ». Comme Jean-Paul II lorsqu'il était venu à Reims le 22 septembre 1996 pour commémorer le 1 500e anniversaire du baptême de Clovis avec 200 000 fidèles réunis dans une base militaire, Léon XIV a très bien compris la spécificité (très surprenante au regard des étrangers) de la France à propos de la laïcité. C'est notre histoire républicaine qui a voulu cela, dissocier religion et politique, refuser toute religion d'État, et refuser que la religion s'occupe de politique.
 

Léon XIV a développé ainsi : « Le chrétien impliqué dans la vie publique, et agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi, ne peut être considéré comme un prosélyte ou une menace à l’unité de la patrie. En effet, "la véritable laïcité n’exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative" (Discours aux participants à la réunion nationale des enseignants de religion catholique, 25 avril 2026). C’est précisément la raison pour laquelle l’École catholique a toute sa place dans le paysage éducatif d’un pays comme la France. "Cela s’inscrit d’ailleurs dans une attitude plus large, indispensable à tout dialogue, à l’école comme dans la société : connaître et aimer ce que l’on est, pour savoir aller à la rencontre de l’autre avec respect et ouverture d’esprit" (Ibid, 25 avril 2026). Une juste laïcité ne consiste donc pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation, mais à travailler pour que l’État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun, pour que le monde ait la vie. À cet égard, je salue le travail effectué dans le cadre de l’Instance de dialogue entre le Saint-Siège, l’Église catholique en France et le gouvernement français. De fait, l’infatigable œuvre de l’Église catholique, à travers la richesse de ses expressions et institutions, est assurément précieuse et louable pour le bien-être de toute la société. De tels échanges illustrent très heureusement cette saine complémentarité qui fut réaffirmée lors du Concile Vatican II, en ce sens que "[la communauté politique et l’Église] quoique à des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront d’autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu’elles rechercheront davantage entre elles une saine coopération" (Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, 76-3). Je constate également avec joie que cette même volonté de servir ensemble toute personne, quelle que soit son origine, inspire depuis des siècles la coopération entre la France et l’Église catholique au service des chrétiens d’Orient. ».

Les messages du jour étaient très clairs, dits à l'Élysée, au cœur du pouvoir français. Ainsi, Léon XIV a réaffirmé son opposition totale à la loi sur l'euthanasie qui a été promulguée le 18 août 2026 par le même Emmanuel Macron : « Leurs témoignages [ceux des soignants accompagnent nos frères et sœurs fragilisés par la souffrance] d’attention et de service constituent une véritable école d’humanité sur la grandeur du soin et un rappel vibrant de la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain. Ils sont aussi une invitation à la fraternité renouvelée qui nécessite d’apprendre à accueillir la vie sans condition, à soutenir la fragilité avec tendresse, à accompagner avec respect et dans la confiance réciproque chaque étape de l’existence, et à défendre avec courage et compassion ceux qui n’ont pas de voix ou qui ne se sentent pas suffisamment soutenus. C’est pourquoi je réaffirme "avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain" (Discours au Corps Diplomatique, 9 janvier 2026). Il existe de nos jours la tentation d’attendre de la science une solution et une consolation à toutes nos souffrances. Le risque est souvent de tomber dans l’illusion. Lorsque la science et la technologie ne sont pas éclairées par la conscience, elles peuvent proposer des solutions immédiates qui semblent répondre aux désirs et aux douleurs des hommes et des femmes, mais qui en réalité peuvent gravement les détourner du bien auquel ils aspirent profondément. Je constate parfois avec préoccupation les dérives actuelles des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée. N’oublions pas que le respect mutuel et la protection de la vie de toute personne humaine est une responsabilité de chacun et de tous, qui commence par une conversion de l’intelligence et du cœur, et qui nécessite un engagement réel et désintéressé envers nos frères et sœurs. ».

Les mots étaient forts et fermes. Le pape s'est opposé à la GPA, à l'euthanasie, aux manipulations génétiques, en particulier sur les embryons humains (on pourra lire avec attention cet article). Les arguments étaient également forts et fermes, je le souligne ici : « Je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. ». Robert Badinter ne disait pas autre chose : le droit à la vie est le premier des droits de l'homme, sans lequel rien n'est possible.

C'est sur la paix dans le monde que le pape était encore plus transgressif à l'Élysée, jusqu'à remettre en cause la doctrine de la dissuasion nucléaire : « Nous ne pouvons pas rester indifférents devant de telles souffrances qui blessent la dignité humaine et crient justice à Dieu. La gravité de ces situations doit nous interpeller et appelle chacun, là où il se trouve, à une véritable conversion du cœur et à un changement d’attitude. C’est en reconnaissant humblement le besoin que nous avons les uns des autres que nous pourrons ensemble œuvrer davantage à la construction de la civilisation de l’amour au cœur de notre monde devenu si complexe et interdépendant (cf. Lett. enc. Magnifica humanitas, n. 182). (…) Se répand de plus en plus la conviction, erronée, que la possession de l’arme nucléaire serait un gage de sécurité, ce qui alimente une nouvelle course aux armements difficilement contrôlable. (cf. Lett. enc. Magnifica humanitas, n. 194). Or, la paix n’est pas un équilibre des forces, elle se construit chaque jour par le dialogue et la justice. Je vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d’une guerre en la considérant comme “inévitable”, mais à promouvoir sans relâche le dialogue et la diplomatie, afin de préserver des sociétés pacifiques, respectueuses de la dignité et des droits de la personne et des peuples. Face aux bruits de bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de demeurer un artisan infatigable de paix et de multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. Puisse la France, dans la fidélité à ses valeurs, creuser le sillon d’une paix désarmée et désarmante, et offrir avec responsabilité sa contribution irremplaçable en faveur de la paix. Que votre liberté grandisse sans cesse dans le souci du bien commun. Que votre fraternité embrasse l’humanité tout entière. Et que l’égalité à laquelle vous aspirez s’établisse toujours sur les fondements de la justice et de la charité, sans supprimer les différences entre les personnes, mais en les faisant fructifier harmonieusement au profit de la société tout entière. ».
 

L'après-midi, Léon XIV a visité le siège de l'UNESCO où il a prononcé un autre discours important (cette fois-ci, en anglais où il était beaucoup plus à l'aise, en tant que citoyen américain). Déjà, remarquons que le fait même de visiter l'UNESCO est un acte politique qui montrait aussi une opposition à Donald Trump (qui a interrompu les financements américains) : pour construire la paix, il faut s'éduquer ensemble, apprendre la culture de l'autre, vivre en harmonie ensemble : « Promouvoir l’éducation, les sciences et la culture est en effet impossible sans promouvoir la vie de l’homme et de la femme, qui en sont les protagonistes. ».

Partager aussi : « Nous naissons tous nus et dans le besoin. Nous sommes pauvres de naissance, nous avons besoin de pain et de paroles, d’attention et d’affection, c’est-à-dire de tout ce qui nourrit le corps et l’esprit. Nous le savons bien, et pourtant, en devenant adultes, nous risquons de l’oublier. Ce sont précisément ceux qui sont dans le besoin qui subissent les conséquences les plus graves de cet oubli, chaque fois que leur humanité est trahie ou mise de côté, exploitée ou trompée. Oublier les circonstances de notre naissance obscurcit l’idée même de la vie humaine, car cela détache la vie de l’histoire commune à nous tous. Ainsi, la vie n’est plus comprise comme un don, mais comme une marchandise. Elle n’est plus considérée comme un appel à la bienveillance et à la responsabilité, mais comme un produit à exploiter. En effet, cette alternative tragique nous rappelle qu’être humain, c’est être libre par nature. Puisque nous avons tous été des enfants, notre liberté commence par notre réponse à la liberté de celui qui se tourne vers nous le premier, que ce soit par des gestes d’affection ou de rejet, d’accueil aimant ou de négligence et de cruauté. ».

Alors qu'il a consacré sa première encyclique à l'intelligence artificielle, Léon XIV ne pouvait pas ne pas en parler à l'UNESCO, comme un élément de progrès angoissant : « Certains systèmes artificiels ont même reçu le nom de notre faculté humaine de pensée : l’intelligence. Dans le même temps, cependant, nos idées et nos relations risquent d’être appauvries par un processus de déshumanisation. Le paradoxe est devenu de plus en plus évident : alors que "l'intelligence" est attribuée à des systèmes informatiques, nous avons du mal à reconnaître la dignité inaliénable des personnes humaines, dont les vies sont jugées selon le critère de l’efficacité et qui, lorsqu’elles ne sont plus considérées comme productives, sont rejetées et mises au rebut. ».

D'où une notion de dignité humaine : « Cette réalité douloureuse nous invite à méditer à la fois sur la fragilité de notre nature humaine et sur l’immense dignité de chaque personne humaine, une dignité qui reste intacte même dans les circonstances les plus précaires, jusqu’à la mort elle-même. L’être humain est certes celui qui naît, mais aussi celui qui meurt. Notre dignité n’est pas détruite par la maladie ou la souffrance, et elle ne dépend pas non plus de nos capacités. Au contraire, elle appelle une attention bienveillante à chaque étape de la vie. ».

Et de revenir sur la menace de l'IA : « Aujourd’hui, en particulier, nous disposons des moyens de relier instantanément les personnes et les continents ; pourtant, dans le même temps, nous assistons à l’émergence de nouvelles formes d’isolement, de pauvreté matérielle et spirituelle, et d’abandon. La communication est devenue beaucoup plus rapide, mais pas nécessairement plus véridique. L’information est abondante, mais elle n’est pas synonyme de sagesse. Sans un fondement éthique commun, les nombreux canaux de communication risquent de multiplier les fausses informations et de donner cours à des mots vides de sens, entravant ainsi le dialogue au lieu de le favoriser. L’intelligence artificielle amplifie ce problème. Bien que ces systèmes puissent établir des corrélations entre les données, ils ne peuvent répondre aux questions qui concernent le sens de la vie humaine, lequel trouve ses racines dans l’expérience vécue. Or, les êtres humains ne peuvent vivre sans sens. Le sens est l’oxygène de l’esprit. C’est pourquoi les défis de la communication, qui sont toujours aussi des défis de l’éducation, font de la recherche de la vérité une question de justice sociale et d’équité historique. ».

Encore là, les paroles du papes étaient fortes : « En effet, sans vérité, le langage devient soumis à la logique de la violence et à la volonté arbitraire des puissants. D’autres sont alors exclus au nom du profit, et des innocents sont tués au nom de la liberté. Au lieu de respecter la loi, ceux qui détiennent le pouvoir l’invoquent lorsqu’elle sert leurs intérêts et la bafouent lorsqu’elle les entrave, traitant la justice elle-même comme s’il s’agissait d’une marchandise que l’on peut acheter et vendre. Si nous prenons conscience que la corruption de la loi commence par la corruption du cœur, nous pouvons reconnaître à quel point toute science risque de perdre son sens véritable lorsqu’elle est pratiquée sans éthique, et cesse ainsi de servir et de refléter la dignité humaine. ». On peut imaginer une vague allusion à Donald Trump !
 

Première visite d'un pape depuis la réouverture de Notre-Dame de Paris, la célébration que Léon XIV a présidée était aussi l'occasion de s'adresser aux prêtres et évêques de France : « Aujourd’hui plus que jamais, nous vivons dans une époque qui semble dépourvue de plénitude, de profondeur et de promesses. La noble simplicité du chant, de la parole, du geste liturgique peut représenter pour beaucoup une lueur d’espérance, une oasis de paix dans une société hyper connectée et bruyante, où l’on peut faire l’expérience de la présence de l’Auteur du plus grand amour : "Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils" (Ga 4, 4). ».

Enfin, la veillée de prière à laquelle le pape a participé était l'occasion de rencontrer les jeunes, et il a été servi. Au Stade de France, joie, liesse, audace étaient au rendez-vous avec Léon XIV qui s'est adressé devant les 80 000 jeunes : « Chers amis, pour éclairer notre époque et transformer le présent à la lumière de l’Esprit, rappelons-nous avant tout que, comme Timothée, nous sommes des hommes et des femmes de Dieu. Cette expression, de Dieu, choisie par saint Paul, signifie un lien, et non une possession. Celui qui vit avec Dieu est libre : libre de tout ce qui obscurcit la vie et la rend vide et dénuée de sens. Jeunes de France, vous portez dans votre cœur un immense désir de liberté, un mot qui résonne avec force dans votre culture. Mais quelle est donc la source de la vraie liberté ? (…) La compagnie du Seigneur donne, en effet, sagesse à nos projets et beauté aux désirs que nous portons dans le cœur. Dieu traverse notre âme comme une lumière en nous invitant à un renouveau permanent, à une conversion qui donne tout son sens à l’existence, parce qu’elle fait de nous les acteurs d’une histoire qui passe de la confusion à la recherche de la vérité ; de l’indifférence à l’engagement pour la justice. ».
 

Et d'insister sur la manière de vivre : « Avant tout, "évite ces choses", c’est-à-dire l’orgueil, la vanité, la violence, la cupidité (cf. 1 Tm 6, 4.10). Ce sont là des sentiments qui nous saisissent et qui nous possèdent. L’égoïsme qui les caractérise cache une solitude effrayante. Pour savourer la proximité de Dieu et la fraternité humaine, il faut rejeter cette convoitise qui consume les relations sans rien donner en retour, et qui nous gave de choses sans nous rassasier. C’est là un style de vie qui pousse à tout avoir, mais à n’être personne ; à recevoir quantité de “j’aime”, mais à rester seul avec soi-même. Quand nous décidons de ne pas suivre ce style, nous commençons alors à tendre vers "la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur" (v. 11). Oui, celui qui vit avec Dieu tend vers le meilleur : il est en exercice constant. Il recherche la vertu, c’est-à-dire la force qui le rend bon et vrai. ».

Encore une fois, voici des paroles fortes adressées aux jeunes : « Au fur et à mesure que nous avançons sur ce chemin de la sainteté, il apparaît clairement qu’il ne suffit pas d’éviter le mal : il faut choisir le bien. Il ne s’agit pas d’un principe abstrait, ni d’une affirmation évidente : choisir le bien est l’acte propre de la liberté par lequel celle-ci se réalise, se rectifie et mûrit. Pour faire les bons choix, souvenez-vous de ce critère : le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais. Le bien prend soin, il ne prend pas pour lui-même. Le bien n’est pas un beau concept, mais le visage rayonnant de l’amour : il est Dieu en personne ! Les vertus que saint Paul nous indique comme reflets de sa bonté sont les suivantes : la justice envers l’humanité ; la piété et la foi envers Dieu ; la charité envers tous ; la patience envers ceux qui nous font souffrir ; la douceur qui caractérise ceux qui recherchent la paix avec un cœur pur. Les principes d’égalité et de fraternité qui inspirent votre société trouvent ici leur fondement : plus que des prescriptions légales, ce sont les choix radicaux et courageux d’un cœur libre. Faire nôtres ces principes n’est pas seulement un engagement moral : c’est choisir de devenir des hommes et des femmes authentiques, libres de tout compromis. ».

Le pape a longtemps dialogué avec les jeunes. Cette veillée était une fête joyeuse. Il y a eu des artistes qui ont chanté, et des feux d'artifice ont été lancés. La venue de Léon XIV était d'abord une source de joie. Cette journée sera marquante pour l'Église de France. Elle a découvert son pape.
 

Je ne serai pas aussi détaillé dans la suite du voyage. Ce samedi 26 septembre 2026, il y aura la grande messe célébrée à la Concorde devant au moins 600 000 personnes, puis un long temps à Lourdes avant de terminer à Metz où le message sera résolument européen. Emmanuel Macron y sera à ses côtés, ainsi que de nombreux chefs d'État et de gouvernement européen. Ce n'est pas seulement la France, c'est l'Europe, la fille aînée de l'Église.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 septembre 2026)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Léon XIV à l'Élysée : que Dieu bénisse la France et tous les Français !
Quatre discours du pape Léon XIV le 25 septembre 2026 à l'Élysée, à l'UNESCO, à Notre-Dame et au Stade de France (texte intégral et vidéo).
Discours du Président Emmanuel Macron le 25 septembre 2026 à l'Élysée (texte intégral et vidéo).
Sœur Courage a 100 ans !
Bientôt, le pape Léon XIV en France !
Religion, laïcité et valeurs républicaines.
La Toussaint et ses mille visages !
Mgr André Vingt-Trois.
L'ultra-foi en l'Amour.
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Léon XIV : Que la paix soit avec vous !
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Emmanuel Macron veut-il influencer l'élection du nouveau pape ?
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Lucile Randon (Sœur André).
François : les 10 ans de pontificat du pape du bout du monde.
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Le testament de Benoît XVI.
Célébration des obsèques du pape émérite Benoît XVI le 5 janvier 2023 (vidéo).
L’encyclique "Caritas in veritate" du 29 juin 2009.
Sainte Jeanne d'Arc.
Sainte Thérèse de Lisieux.
Hommage au pape émérite Benoît XVI (1927-2022).
Les 95 ans du pape émérite Benoît XVI.
L’Église de Benoît XVI.
Saint François de Sales.
Le pape François et les étiquettes.
Saint Jean-Paul II.
Pierre Teilhard de Chardin.
La vérité nous rendra libres.
Il est venu parmi les siens...
Pourquoi m’as-tu abandonné ?
Dis seulement une parole et je serai guéri.
Le ralliement des catholiques français à la République.
L’abbé Bernard Remy.

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