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La construction de logements locatifs est en faible diminution à Québec par rapport à la première moitié de 2025. Rien d’alarmant selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), puisqu’il s’agirait malgré tout de la « troisième année la plus importante en termes de mises en chantier locatives » depuis le début des années 1990.
Ce sont environ 2600 chantiers d'appartements en location qui ont été lancés durant les six premiers mois de 2026, une diminution de 3 % si on compare à pareille date l’année dernière.
L’économiste à la SCHL, Lukas Jasmin-Tucci, rappelle que les maisons unifamiliales étaient autrefois bien plus prisées des promoteurs immobiliers. Les chiffres des dernières années pour les appartements et copropriétés font donc déjà face à un boom encourageant.
C'est pas étonnant que toutes les années records se succèdent présentement parce que c'était simplement quelque chose qui était peu construit auparavant, explique-t-il.
Donc oui, un ralentissement, mais qui se compare à des niveaux qui étaient tellement élevés qu'on est encore dans une période de forte activité de construction.
Cette baisse découle de la diminution de l’immigration qui affecte du même coup la demande, selon M. Jasmin-Tucci. Québec se situe cependant parmi les villes moins touchées que là où les ralentissements sont beaucoup plus prononcés.

La diminution observée dans la Capitale-Nationale est cependant moins marquée que dans le reste de la province.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc
Mauvaise nouvelle pour l’objectif de la Ville
Ce ralentissement survient alors que tout doit aller encore plus vite pour atteindre les 100 000 nouveaux logements d’ici 2040 souhaités par l’administration Marchand. Pour ce faire, les mises en chantier, tout type de logement confondu, doivent atteindre une moyenne de 6500 par année.
En 2025, Québec a vu 5 700 nouveaux logements être construits sur son territoire, marquant ainsi une hausse de 80 % par rapport à l’année précédente, la plus importante au Canada.
La Ville expliquait en décembre 2025 miser sur une densification dite douce pour atteindre sa cible. Elle se prépare à accélérer la cadence dans les prochaines années.
Abordabilité et inoccupation
Cette décélération des mises en chantier, encore plus marquée dans le reste de la province, est aussi une mauvaise nouvelle pour l’abordabilité. M. Jasmin-Tucci estime que les développeurs doivent appuyer sur l’accélérateur pour faire baisser les prix.
Il faudrait non seulement continuer, mais même augmenter le rythme actuel de construction au Québec en général pour pouvoir revenir au taux d’abordabilité qu'on avait en 2019.

Lukas Jasmin-Tucci, économiste à la SCHL. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En avril, la SCHL surveillait déjà une potentielle baisse de ces mises en chantier étant donné le taux d’inoccupation élevé, autour de 5 %, dans les logements neufs.
De manière générale, que ce soit les logements les moins chers ou les plus chers, le taux d'inoccupation dans la dernière année a augmenté, donc ça veut dire qu'il y a plus d'options pour les locataires qui cherchent un nouveau logement, relate M. Jasmin-Tucci.
Au moins 3000 logements auraient même été laissés vacants à Québec à quelques jours du 1er juillet. Ce chiffre découlait d’une analyse de Radio-Canada qui étendait le phénomène à l’ensemble de la province. Cela n’a toutefois pas empêché plus de 2100 ménages de se retrouver sans solutions de rechange à une semaine de la grande journée de déménagement.
Avec les informations de Gabriel Paré-Asatoory


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