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Théâtre, burlesque, humour et créations inclassables : le premier Festival Fringe du Yukon bat son plein à Whitehorse jusqu’à dimanche, avec une programmation qui promet de surprendre.
C’est justement là que réside une partie de la magie d’un tel événement, selon sa fondatrice et directrice artistique générale, Cherie Ratté : On ne sait pas nécessairement dans quoi on s’embarque.
Le festival présente huit spectacles, tous sélectionnés par tirage au sort, suivant les principes du Fringe, avec une programmation sans jury ni censure.
Le hasard prime donc sur l’expérience et le mérite : des artistes débutants s’y font les dents, tandis que d’autres expérimentent de nouvelles créations.
J’ai toujours beaucoup aimé le concept du Fringe parce qu’il est accessible à tout le monde, dit celle qui en est tombée amoureuse il y a quelques années, au festival de Calgary, où elle a été bénévole, responsable et artiste.
La moitié des spectacles a été réservée pour des artistes locaux et l’autre, pour des artistes de l’extérieur du territoire. Ces derniers, explique la fondatrice, apportent quelque chose de nouveau sur la scène yukonnaise, tandis que les artistes d'ici se font découvrir par le public et réseautent.
Cherie Ratté estime avoir consacré des milliers d’heures à mettre sur pied le festival au cours des 16 derniers mois, après avoir constaté un vif intérêt pour un tel événement.
Elle s’emballe pour les artistes qui présentent une première création.
Des histoires qui parlent
C’est le cas de la musicienne et auteure-compositrice de Whitehorse, Fawn Fritzen, qui avoue n’avoir même jamais assisté à un festival Fringe. Elle s’est lancé un nouveau défi avec un spectacle solo humoristique sur la périménopause.

Fawn Fritzen aborde la périménopause au premier Festival Fringe du Yukon, avec des marionnettes qu’elle a conçues pour l’occasion.
Photo : Fournie par Fawn Fritzen
L’idée lui est venue après des expériences personnelles tellement ridicules qu’elle ne pouvait qu’en rire, comme la fois où elle a mis du sang partout dans la salle de bain de son lieu de travail.
Son nom tiré au sort, elle s’est mise à l’écriture.
C’est très nouveau pour moi.
Dans Bloody Hell, elle raconte des situations humiliantes, reconstituées notamment avec des marionnettes qu’elle a fabriquées. Elle espère faire rire, bousculer un peu et susciter des conversations sur la périménopause et l’accès aux soins.
Elle croit d’ailleurs que le sujet a touché une corde sensible, puisque les cinq représentations affichent complet. Ces histoires parlent aux gens [...] Si on continue à les raconter, peut-être qu’elles deviendront des inconvénients plutôt que des humiliations, dit celle qui espère peaufiner son spectacle et le présenter ailleurs.
La liberté d’essayer
Chérie Coquette connaît bien les possibilités qu’offre le Fringe aux artistes.
Figure active de la scène burlesque de Whitehorse, elle a fait ses débuts il y a une douzaine d’années au Festival Fringe de Montréal. C’est comme ça que j’ai appris à produire des spectacles, raconte-t-elle.
Elle se réjouit donc de renouer avec ses racines grâce à ce premier festival du genre au Yukon, où elle habite depuis 2017.
Le Fringe, c’est là qu’on peut essayer quelque chose, dit-elle, soulignant l’importance de la liberté créative du concept.
Cette année, elle participe au spectacle Mixed Bag qui réunit 12 artistes de drag et de burlesque qui ont carte blanche pour épater le public.
Nouveau sur la liste
Le comédien Justin Shaw, originaire de l’Île-du-Prince-Édouard et établi en Ontario, est lui aussi un habitué. Il participe à des festivals Fringe depuis une dizaine d’années.
Lorsqu’il a vu que le Yukon était nouveau sur la liste des festivals au Canada et ailleurs dans le monde, il a tenté sa chance.

Le Festival Fringe, qui a débuté le 1er octobre, se poursuit jusqu’à dimanche.
Photo : Fournie par Yukon Fringe Festival / MarkKellyPhoto.com
Il présente Islandography, un spectacle humoristique et autobiographique sur son départ de l’Île-du-Prince-Édouard et sa quête de repères ailleurs au Canada. Ce voyage dans le Nord pourrait même l’aider à écrire le prochain chapitre.
La fondatrice Cherie Ratté pense aussi au futur : On a déjà fixé les dates pour les deux prochaines années. Elle rêve d’ajouter un jour un volet jeunesse et d’organiser une tournée dans des communautés du territoire.
Elle se réjouit de la réponse du public à ce premier festival. C’est encourageant de voir que tout ce travail en valait la peine.
Pour Fawn Fritzen, le festival est déjà un succès. Plusieurs artistes locaux qui y participent en sont à leur première expérience. Le simple fait de devoir monter un spectacle a déjà contribué à créer des liens et à bâtir une communauté.


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