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Huit organismes manitobains réclament une enquête de l'Ombudsman provincial sur le tuteur et curateur public, accusé de faillir à sa mission auprès des adultes ayant une déficience intellectuelle. Les groupes dénoncent des retards administratifs chroniques et un manque criant de personnel pour autoriser des décisions financières ou médicales urgentes.
L'organisme gouvernemental assure actuellement la tutelle légale de plus de 1200 personnes déclarées inaptes à gérer leurs propres affaires au Manitoba. Selon les organismes de défense des droits, le modèle actuel brime l'autonomie des bénéficiaires au lieu de les soutenir.
C'est notamment le cas d'Alex Coquete. Même s'il travaille à temps partiel, sa paie est directement acheminée au curateur public, sans qu'il puisse y accéder librement.
Je dois parler à mon gestionnaire de cas, qui, j'imagine, fait une demande pour qu'ils m'envoient l'argent, explique M. Coquete. Ce dernier précise que le délai d'attente atteint couramment deux semaines pour de simples dépenses courantes.
Des retards dans les soins médicaux
Pour Leanne Fenez, porte-parole d'Abilities Manitoba, ces délais s'expliquent par un sous-effectif chronique qui paralyse la prise de décision.
Des personnes ont dû attendre des semaines pour obtenir l'approbation d'un traitement de canal, souligne-t-elle.
Mme Fenez, qui œuvre dans le secteur depuis près de quatre décennies, précise que les bénéficiaires hésitent souvent à porter plainte individuellement par crainte de représailles ou de complications, ce qui a motivé cette démarche collective auprès de l'Ombudsman.
Le système ne fonctionne pas et nécessite une véritable refonte, soutient Mme Fenez. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté de la part des intervenants, mais bien de la structure même du système qui est déficiente.
La requête est conjointement portée par l'Association de la paralysie cérébrale du Manitoba, Community Living Manitoba, Continuity Care, Inclusion Winnipeg, Innovative Life Options, ainsi que les sections manitobaine et nationale de Personnes d'abord.
Les intervenants déplorent également la surcharge des gestionnaires de dossiers, qui les empêche de développer un lien direct avec les bénéficiaires.
Des décisions sont fréquemment prises à leur sujet sans qu'ils en soient informés, sans préavis ni explication, déplore Mme Fenez. Selon elle, plusieurs démarches ignorent les préférences des personnes concernées.
Par voie de communiqué jeudi, le gouvernement du Manitoba s'est dit prêt à collaborer avec les organismes communautaires et a confirmé qu'il coopérerait pleinement si l'Ombudsman choisissait d'ouvrir une enquête.
Repenser l'accès à la tutelle
Lisa Engel, professeure agrégée au département d'ergothérapie de l'Université du Manitoba, estime pour sa part que la province doit réviser ses lois pour prévenir les mises sous tutelle systématiques.
Lorsque le bureau du tuteur public manque d'effectifs pour offrir un accompagnement concerté, les gens se retrouvent dans l'attente de réponses, indique Mme Engel.
Elle suggère de doter plus tôt les réseaux scolaires, sociaux et de santé d'outils d'apprentissage à la prise de décision, afin d'offrir des solutions de rechange avant le recours ultime à la tutelle publique.
Avec les informations d'Alicia Wang


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