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Le tracé de la ligne haute tension d’Hydro-Québec se précise au Témiscouata

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Hydro-Québec mène de nouvelles consultations publiques aujourd’hui et demain à Saint-Honoré-de-Témiscouata et La Pocatière sur sa proposition de tracé pour la ligne de transport de haute tension de 315 kilovolts, l’axe Appalaches-Bas-Saint-Laurent, qui traverse toute la région en terres publiques.

La construction d’un nouveau poste d’une superficie de 600 mètres par 400 mètres à Saint-Honoré-de-Témiscouata, à l’ouest de l’autoroute 85, est prévue dans le cadre de cette bonification du réseau d'Hydro-Québec. Cette infrastructure sera située à plus de 11 kilomètres du cœur de la municipalité.

Il s’agirait du point de départ d’une autre ligne de haute tension qui se dirigerait vers la vallée de la Matapédia, lors d’une deuxième phase de déploiement, prévue en 2036.

En accueillant un nouveau poste de distribution d’électricité sur son territoire, la Municipalité de Saint-Honoré-de-Témiscouata pourrait obtenir un montant de 1,4 million de dollars dans le cadre du Programme de mise en valeur intégrée d’Hydro-Québec.

Le poste de raccordement qui va être ici, à Saint-Honoré, c'est un plus, non seulement financier, mais aussi pour l'utilisation de toutes ces lignes à Rivière-du-Loup. Ce qui arrive de Chaudière-Appalaches et qui va s'en aller vers Baie-des-Chaleurs. On va être centralisé là-dessus. Financièrement, ça va être extrêmement favorable pour la municipalité, ajoute le maire de Saint-Honoré-de-Témiscouata, Richard F. Dubé.

La somme allouée doit être utilisée dans le cadre d’un projet structurant pour la communauté, selon Hydro-Québec. Une somme de 43 000 $ par kilomètre de ligne haute tension est allouée au milieu d’accueil.

Le maire de Pohénégamook, Benoit Morin, s'est aussi prononcé en faveur de ce projet. La ligne de haute tension passera au nord de la municipalité. Il a participé aux consultations publiques à Saint-Honoré-de-Témiscouata. Je voulais m'assurer que ça touche le moins possible les acériculteurs et qu'il y ait le moins d'impacts possible pour la ville de Pohénégamook.

Plusieurs personnes assistent aux consultations d'Hydro-Québec.

Les consultations publiques se déroulaient à l'édifice municipal de Saint-Honoré-de-Témiscouata.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

Poursuivre le développement éolien

L’axe Appalaches Bas-Saint-Laurent, comparé à la colonne vertébrale du réseau électrique, reliera Saint-Adrien-d’Irlande, près de Thetford Mines, à Saint-Honoré-de-Témiscouata. Sa mise en service est prévue en 2034.

Selon la porte-parole d’Hydro-Québec, Ariane Doucet-Michaud, l’un des objectifs visés par la société d’État est de poursuivre le développement éolien dans l’Est-du-Québec.

Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie sont alimentés par une ligne de transport du côté du littoral. L’ajout d’une ligne de transport de haute tension au réseau permettrait d’acquérir plus de sécurité et de résilience, selon elle.

Le réseau est à saturation. Si on veut ajouter de la nouvelle énergie, après la mise en service des nouveaux parcs éoliens, ça prend un nouveau lien de transport, explique Ariane Doucet-Michaud.

Plusieurs projets sont en cours dans la région, dont Pohénégamook–Picard–Saint-Antonin–Wolastokuk I et II, Madawaska et du Canton MacNider.

Des éoliennes sous la neige.

Plusieurs projets éoliens ont été développés sur le territoire du Témiscouata au cours des dernières années.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

À ces parcs éoliens s’ajoutent les ententes Wetsok, Wocawson, et Gespe’gewa’gi conclues en 2024 et en 2025, qui totalisent des productions potentielles de 8500 mégawatts d’énergie éolienne au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Mme Doucet-Michaud indique aussi que la conservation des potentiels acéricoles a occupé une partie des discussions dans la région du Témiscouata au cours des derniers mois. Ça a fait partie de nos critères de conception, l’évitement des érablières. Des producteurs de sirop d'érable demandent que la société d'État compense les superficies de potentiel acéricole qui seront déboisées à la suite du passage de la ligne de haute tension.

Des modifications pourraient encore être apportées au tracé à la lumière des résultats des consultations.

Des oppositions se font entendre

Quelques dizaines de personnes ont assisté aux consultations à Saint-Honoré-de-Témiscouata, mardi. La co-porte-parole du mouvement Vent commun, constitué dernièrement, Cassandre Henry, s’oppose à la vision du développement énergétique d’Hydro-Québec avec la filière éolienne.

On sait qu'on a besoin de changer nos habitudes de consommation, nos modes de vie, qu'on a besoin de changer le rapport à la production, mais ce n'est pas du tout ça qu'on est en train de faire. On est en train d'aggraver la pression sur les écosystèmes. Et tout ça au bénéfice du numérique, des entreprises, de l'intelligence artificielle, commente-t-elle.

Deux opposants discutent avec un citoyen.

Des membres du mouvement citoyen Vent commun se sont installés à l'entrée de l'édifice municipal pour recueillir les commentaires des personnes participantes et partager leur point de vue.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

Selon Cassandre Henry, l’accroissement de la production électrique tel que proposé ne contribue pas à réduire la dépendance au pétrole. Elle croit qu’il ne s’agit pas d’une vision viable de la transition énergétique. Le mouvement de mobilisation demande notamment un moratoire sur le développement éolien et la tenue d’un BAPE générique sur les projets reliés à la transition énergétique.

Le tracé final de l’axe Appalaches-Bas-Saint-Laurent devrait être connu à l’automne 2026. Jusqu’en 2027, Hydro-Québec mènera des études techniques, des démarches environnementales et des consultations publiques.

La société d’État souhaite ensuite enclencher le processus d’autorisations gouvernementales entre 2027 et 2029. Le déboisement et la construction sont prévus de 2029 à 2034, pour une mise en service en 2034.

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