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Sport 24/07/2026 07:00
Au matin de la 19e étape, les coureurs tricolores n’ont toujours pas levé les bras sur la Grande boucle. Mais l’un de leurs rendez-vous préférés se présente ce vendredi…

GAUTIER DEMOUVEAUX / NurPhoto via AFP
À l’image de Valentin Paret-Peintre, les coureurs français n’ont pas encore réussi à l’emporter sur le Tour de France 2026.
EN BREF • Les coureurs français n’ont pas encore remporté d’étape au Tour de France 2026, un scénario rare depuis 113 éditions.
• L’internationalisation du peloton et les budgets élevés des équipes réduisent les chances françaises.
• La 19e étape qui a déjà souri aux Français et arrive ce vendredi à l’Alpe d’Huez pourrait permettre d’inverser la tendance.
Belgique 6, Slovénie 4, Norvège, Danemark ou Mexique 1. Et la France ? Zéro. Vingt jours après le départ du Tour de France 2026 de Barcelone, ce vendredi 24 juillet au matin, les coureurs français n’ont toujours pas remporté la moindre étape. Et à trois jours de la traditionnelle conclusion sur les Champs-Élysées, le spectre d’une colonie tricolore qui finirait bredouille se dessine de plus en plus clairement.
Un scénario qui ne s’est produit que deux fois en 113 éditions de la Grande boucle : en 1999, et il y a cent ans tout pile, sur le Tour 1926.
Le cyclisme, il a changé
Il y a des explications à cette disette. Avec l’internationalisation du cyclisme d’abord, les équipes françaises sont composées de plus en plus de coureurs étrangers. Résultat : avec seulement 30 tricolores au départ sur 184 coureurs, la France dispose de son plus faible effectif depuis près de soixante ans. Et contrairement à 1968, où les 30 Français représentaient plus de 25 % des participants, ils ne constituent que 16 % du peloton cette année. Avec moins de coureurs en lice, il y a forcément moins de chances de victoire.
En plus, ces dernières années ont vu les budgets des principales équipes exploser. Avec pour conséquence une inégalité entre les riches et les pauvres, et une poignée de coureurs d’élite qui se partagent les victoires. Tadej Pogacar a gagné quatre fois, le meilleur sprinteur du monde Tim Merlier trois, le double champion olympique Remco Evenepoel deux. Et parmi les autres vainqueurs d’étape, on trouve deux anciens champions du monde (Mathieu van der Poel et Mads Pedersen) ou l’étoile mexicaine Isaac del Toro que son coéquipier Pogacar a laissé gagner à Montjuic.
Dans le même temps, la lutte pour le classement général est tellement intense qu’elle ankylose en partie la course. Toute l’équipe Decathlon-CMA CGM fait corps autour de son leader Paul Seixas, empêchant par exemple l’excellent Nicolas Prodhomme de tenter des coups. Et les Français trop bien placés au général (Jordan Jegat, Lenny Martinez et donc Seixas) sont surveillés comme le lait sur le feu par leurs adversaires, ce qui les prive de partir en échappée. Quant à ceux qui jouent le tout pour le tout, ils tombent systématiquement sur plus fort qu’eux. Dernier exemple en date : le grimpeur Valentin Paret-Peintre, contraint de déposer les armes face à l’ex-champion olympique Richard Carapaz au terme d’une journée d’intenses efforts jeudi.
La 19e étape, une spécialité maison
Reste néanmoins un motif d’espoir : les coureurs prendront ce vendredi le départ de la 19e étape. Un rendez-vous porte-bonheur pour les Français. Depuis 1999 et le dernier Tour sans victoire bleue, cette étape a sauvé la mise du contingent tricolore à trois reprises.
En 2022, alors que son leader Jonas Vingegaard a fait exploser Tadej Pogacar dans le col du Granon pour s’assurer de rapporter le maillot jaune à Paris, Christophe Laporte est autorisé à jouer sa carte personnelle à l’occasion d’une arrivée à Cahors. Profitant du fait que les équipes de sprinteurs soient en train de s’organiser, il place une attaque à 1,4 km de la ligne d’arrivée et l’emporte en devançant d’un souffle le peloton.
Six ans plus tôt, ce sont la pluie et les routes glissantes qui avaient aidé Romain Bardet à sauver l’honneur national sur l’étape 19. Au cours d’une journée épique, notamment marquée par l’abandon sur chute du maillot à pois Tom Dumoulin et la gamelle du futur vainqueur Chris Froome, le Français s’échappe dans une descente mouillée, retrouve un coéquipier parti en éclaireur et finit par s’imposer à Saint-Gervais après avoir déposé un ex-champion du monde, Rui Costa, dans la dernière montée. En bonus, il gagne trois places au général et finira 2e à Paris, son meilleur classement en carrière.
Mais pour peu que l’on soit superstitieux, c’est surtout l’exemple de 2011 qui devra inspirer Paul Seixas, Valentin Paret-Peintre, Lenny Martinez et les autres Français qui rêvent de lever les bras ce vendredi. Car cette année-là, Pierre Rolland avait su triompher des terribles lacets de l’Alpe d’Huez, là même où sera jugée l’arrivée de 2026. Ce, au terme d’une journée où les prétendants à la victoire s’étaient attaqués sans relâche et où le Français avait décroché ni plus ni mois qu’Alberto Contador dans les derniers raidars pour offrir la victoire tant attendue à son pays.
Depuis la création du Tour de France, en 1903, la France domine outrageusement au classement des victoires d’étape, avec 716 bouquets contre 502 pour la Belgique et « seulement » 270 pour les Italiens. Mais ces dernières années, la tendance s’est complètement inversée. Au XXIe siècle, elle ne devance que d’un souffle les Britanniques et les Belges. Pire, si l’on regarde depuis 2020 et l’arrivée d’un certain Tadej Pogacar sur les routes de l’Hexagone, les Bleus n’affichent que neuf victoires. Soit moins que les Pays-Bas et le Danemark (11), la Slovénie (29) et la Belgique (35). Reste qu’au-delà des statistiques, un pays tout entier se satisferait d’une petite victoire ce vendredi. Ou pourquoi pas à Paris ?


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