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Le site de stockage des déchets nucléaires près de la municipalité d’Ignace et de la Nation ojibwée de Wabigoon Lake dans le Nord de l'Ontario soulève certaines interrogations éthiques quant aux répercussions sur la santé publique, selon un chercheur.
Maxime Polleri, professeur adjoint au Département d’anthropologie de l’Université Laval étudie présentement l’acceptabilité sociale de l’entreposage de déchets radioactifs en Ontario. Il estime que ces enjeux devraient être considérés lors du processus de révision du gouvernement fédéral.
Après 160 ans, il ne semble pas y avoir de plan concret pour parler des risques potentiels qu'on va retrouver sous la terre après l'enfouissement.
Le chercheur déplore également l’absence de stratégie de communication à long terme, capable de transmettre la connaissance des lieux auprès des générations futures sur plusieurs siècles.
Je trouve qu’au niveau intergénérationnel, il y a beaucoup de problèmes. Faudrait qu'on les mette de l'avant dans quelques plans pour au moins garder une certaine mémoire de qu'est ce qui se cache sous la terre, exprime-t-il.
M. Polleri note aussi qu’il est difficile de faire des prédictions sur la motivation humaine, dans plus d’un siècle.
Pour sa part, Vince Ponka, responsable de la communication autochtone et régionale à la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), note que le projet représente la manière la plus sécuritaire d’entreposer ses déchets.

Vince Ponka, responsable de la communication autochtone et régionale à la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), estime que le but du projet est de réduire le fardeau pour les prochaines générations.
Photo : Capture d'écran
Par ailleurs, il souligne que l’objectif du dépôt géologique en profondeur est justement d’éliminer le fardeau d’un risque de santé publique, pour les prochaines générations.
Si la décision est effectivement prise de démanteler le site et de remplir les puits, l'objectif sera de démanteler toutes les installations de surface et de faire comme si nous n'avions jamais été là, indique M. Ponka.
Par contre, il souligne que les prochaines générations devront entretenir le site, même après sa désaffection. Les technologies qui seront utilisées dans environ 160 ans sont, quant à elles, inconnues.
Nous utiliserons les meilleures technologies disponibles pour continuer à surveiller le combustible nucléaire usé, à 700 mètres sous la terre. Mais nous ne pouvons pas deviner à quoi cela ressemblera, nous utiliserons simplement les meilleurs matériaux à notre disposition pour y parvenir, explique-t-il.
Le projet en attente d'approbation fédéral
La SGDN a soumis la description initiale du projet au début du mois de janvier et attend les processus fédéraux d’évaluation d’impact.
Selon la description rendue publique de la SGDN, le projet permettrait de confiner et d’isoler environ 5,9 millions d’assemblages de combustible irradié, soit le stock total prévu de combustible nucléaire irradié qui devrait être produit au Canada par le parc actuel de réacteurs jusqu’à la fin de leur durée de vie.
Aussi, le document souligne que le projet devrait s’étendre sur une période de plus de 160 ans, y compris la préparation du site, la construction, l’exploitation, le déclassement et la fermeture, ainsi que la surveillance après la fermeture.
La SGDN indique que le projet offrira des avantages économiques considérables pour les communautés accueillantes. Le début des travaux de construction du dépôt géologique en profondeur est prévu pour 2030, en vue d’amorcer le transfert des premiers combustibles nucléaires dès 2040.
Le gouvernement fédéral entame actuellement une période de consultation. Le public peut fournir des commentaires avant le 4 février.


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