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Plus d'une dizaine de femmes se sont réunies dans un centre communautaire de Sherbrooke afin de partager leur amour de l'artisanat et d'apprendre à tisser. C’est le début d’une nouvelle tradition pour le Cercle des fermières de Sherbrooke qui vient tout juste de s’enquérir d'un métier à tisser à galons, aussi appelé métier à ruban.
Pour Liette Boucher, c'était aussi l'occasion de transmettre ses connaissances dans un premier atelier qui s’est tenu le 13 octobre dernier.

Il existe encore au moins trois entreprises de métiers à tisser au Québec.
Photo : Radio-Canada / Sarah Arsenault
Contrairement au métier à tisser de plancher, gros comme un meuble, le métier à galons est plus petit et portatif, un avantage pour les fermières de Sherbrooke qui ne possèdent pas de local fixe. Certaines ont même pris l’initiative de s’en acheter un pour la maison. C’est désormais une option puisqu’il est également beaucoup plus abordable que le traditionnel mastodonte.

Le traditionnel métier à tisser de plancher est beaucoup plus imposant que son petit frère, le métier à galons. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Il existe cinq types de métiers à tisser, soit :
le métier à peigne envergeur;
le métier de table à cadres;
le métier de plancher (les plus connus);
le métier à galons (ou à ruban);
le métier à tapisserie.
Tisser des liens entre les générations
Est-ce un art qui se perd? La formatrice de cet atelier Liette Boucher est d’avis que non, au contraire, elle constate un nouvel engouement pour le tissage. Elle-même ne savait pas tisser il y a à peine quatre ans; elle dit avoir suivi un cours dans un centre communautaire de l’Estrie.

Les Cercles des fermières existent depuis plus de 110 ans et sont implantés dans toutes les régions de la province.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Si l’après-midi en semaine on y croise plutôt des personnes retraitées, Mme Boucher affirme que de plus en plus des personnes de tout âge s’intéressent à l’artisanat. Des élèves d’une école secondaire de Sherbrooke y sont d’ailleurs venues apprendre à tisser plus tôt cet automne, raconte-t-elle. Dernièrement, on a fait une exposition où il y avait des jeunes du secondaire qui apprenaient le crochet, le tricot et qui y prenaient plaisir et je trouve ça merveilleux.
La formatrice se réjouit de cette curiosité pour cet art textile et de pouvoir le partager parce que ça fait partie de nos traditions, la transmission du savoir artisanal.

Monter un métier à galons peut prendre d'une à deux heures.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
La présidente du Cercle des fermières de Sherbrooke, Francine Audit, est du même avis. On a de plus en plus de jeunes qui veulent apprendre à tisser. Elle reçoit de plus en plus de jeunes femmes, et à l'occasion, des enfants.

Francine Audit est la présidente du Cercle des fermières de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Francine Audit a toujours nourri une passion pour l'artisanat. Ma mère m’a montré beaucoup. C’est avec elle que j’ai appris à tricoter, à crocheter. Ma mère cousait tout mon linge. C’est elle qui m’a initiée.
Pour apprendre à tisser sur un grand métier, le regroupement a une entente avec l’Entourlaine à East Angus qui donne la formation aux membres, une nouveauté de cette année.
Depuis la pandémie, le Cercle des fermières de Sherbrooke offre également de la formation en visioconférence.

Le métier à galons (ou à ruban) est monté et prêt pour le tissage.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Transmission du savoir artisanal et du patrimoine historique
Les métiers de table et de plancher ne permettent pas de concevoir les mêmes objets textiles en raison du nombre de fils qu’ils peuvent accueillir. Bien que le métier de plancher permette de réaliser des linges à vaisselle ou des tapis, le petit métier à galons, lui, est surtout utilisé pour confectionner des courroies de sacs ou d’appareil photo, des décorations pour les vêtements, des bracelets, des marque-pages, des reliures et tout ce qu’il est permis d’imaginer.

Selon le motif et le nombre de fils, une bande de tissu d'une soixantaine de centimètres peut prendre environ 6 à 12 heures de travail à réaliser à l'aide d'un métier à tisser à galons.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Avant de commencer à tisser, il faut d’abord monter le métier. Avec un petit métier comme ça, ce n’est pas très long à monter : une couple d’heures. Alors qu’un grand métier à tisser pour faire des linges à vaisselle de 24 pouces, ça prend quand même presque une journée, explique Mme Boucher.
Je trouve que ça apporte un état de détente, ça libère de toutes les pensées. Puis dans le mouvement de la vie, où il y a du stress et où on a beaucoup de préoccupations, ça permet un temps d'arrêt. Ça fait du bien, ça ralentit tout.

Liette Boucher est formatrice de tissage et secrétaire du CA du Cercle des fermières de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Il y a aussi une fierté à réaliser un produit soi-même et au niveau de la qualité aussi, c’est durable. C’est là qu’est la rentabilité.
Son amour du travail manuel et con côté touche-à-tout l’a poussée à vivre l’aventure d’apprendre à tisser.

Un métier à galons coûte environ 200 dollars, alors que le métier à tisser traditionnel représente un montant de quelques milliers de dollars.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Selon les puristes, la traditionnelle ceinture fléchée se tisse aux doigts, mais il existe aussi du fléchage à la machine.


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